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abominations dont les païens accusèrent lespremiers Galiléens, dont ceux-ci chargèrentles gnoftiques, dont les catholiques ontchargé les protestans.
On leur a souvent imputé d’égorger unenfant, de boire son sang, & de se mêlerensemble dans leurs cérémonies secrettes ,fans distinction de parenté, d’âge, ni mêmede sexe. Quelquefois on les a persécutés ;ils se font alors enfermés dans leurs bour-gades , ont mis le feu à leurs maisons, &fe font jetés dans les flammes. Le czarPierre I a pris avec eux le seul parti quipuisse les ramener, celui de les laisser vivreen paix. ( D. J.)
ROSMARE, voyei Lamantin.
ROSMARINI, ( Géogr. mod.) riviere deSicile dans le val Démona. Elle a ía sourcedans les montagnes Stori, &c se jette dansla mer près de l’embouchuredu petit fleuveSan-Fradello. Cette riviere est le Chydasdes anciens. (D. J.)
ROSNY , ( Géog. mod. ) bourgade deFrance dans la Normandie , fur la Seine,entre les villes de Mantes & de Vernon,avec titre de marquisat & un château.
C’est dans ce château que naquit en 15 5 9,Maximilien de Béthune, duc de Sully, l’undes plus grands hommes que la France aitproduit, Sc qui mourut en son château deVillebon en 1641 , à 8x ans, après avoirété toujours inséparablement attaché à sareligion Sc à Henri IV.
11 avoir vu, dit M. de Voltaire, Henri IISc Louis XIV. U fut grand-voyer & grand-maîrre de l’artillerie, grand maître des portsde France, sur-intendant des finances, duc& pair, & maréchal de France. C’est leseul homme à qui on ait jamais donné lebâton de maréchal, comme une marquede disgrâce. Il ne l’eut qu’en échange dela charge de grand-maître de l’artillerie ,que la reine régente lui ôta en 1634. Il étoittrès-brave homme de guerre, Lc encore meil-leur ministre j incapable de tromper le roi,Sc d’être trompé par les financiers. Il futinflexible pour les courtisans, dont l’avi-dité est insatiable, Sc qui trouvoient en luiune rigueur conforme au temps Sc aux be-soins d’Henri IV. Ils l’appelloient le néga-tif, sc disoient que le mot de oui n’étoitjamais dans fa bouche. Avec cette vertu
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sévere il ne pouvoir plaire q 11’à son maître f& le moment de la mort de Henri IV sutcelui de sa disgrâce. Il composa dans lasolitude de Sully , des mémoires dans les-quels régné un air d’honnête homme, avecun style naïf, mais trop diffus. On y trouvequelques vers de íà façon. Voici ceux qu’iífit en se retirant de la cour , sous la régencede Marie de Médicis.
Adieu maisons , châteaux , armes , canons du roi jAdieu conseils , trésors déposés ù ma foi -,
Adieu munitions-, adieu grands équipages-,
Adieu tant de rachats-, adieu tant de ménages}Adieu faveurs , grandeurs-, adieu ce temps quicourt -,
Adieu les amitiés b les amis de cour , &c.
Il ne voulut jarrfais changer de religion ,8c comme le cardinal du Perron l’exhortoícà quitter le calvinisme, il lui répondit í“ Je me ferai catholique quand vous aurez» supprimé l’évangile ; car il est íi contraire» à l'église Romaine , que je ne peux paS-» croire que Fun & sautre aient été inspirés» par lc même esprit. »
Le pape lui écrivant un jour une lettreremplie de louanges fur la sagesse de sonministère, finissoit sa lettre comme un bonpasteur, par prier Dieu qu’il ramenât sabrebis égarée, & conjurait le duc de Sullyde se servir de ses lumières pour entrer dansla bonne voie. Le duc lui répondit fur lemême ton. Il l’aflura qu’il prioic Dieu tousles jours pour la conversion de fa sainteté ícette lettre est dans ses mémoires. Préface dela Henriade, édit. de 172.3.
Il se signala dans les armes jusqu’à sagede 40 ans ; il se trouva à la bataille deCoutras, au combat d’Arques, à la batailled’Ivri, aux sieges de Paris, de Noyon , deRouen, de Laon , & à toutes les occasionspérilleuses. Dans fa place de sur-intendanCdes finances, il rétablit si bien celles deI’état, qu’il paya deux cent millions dedettes en dix ans, & qu’il remit de grandessommes dans les trésors de son maître.
Il i’aimoit avec un zele Sc un attache-ment inexprimable. Un soir Henri IV lui fiequelques reproches vifs , & mal-à-propos.Ce bon prince y songea pendant la nuit,