Band 
Tome vingt-neuvième.
Seite
447
JPEG-Download
 

ROT

L’équateur solaire coupe l’écliptique à deuxsignes & deux degrés de longitude.

La lune a une rotation dont la durée estégale à sa révolution ; son équateur est inclinéd’un degfé Sc demi sur l'écliptique , &coupe toujours l'écliptique au même pointque l’orbite de la lune. Voyc{ Libration.

Mercure est toujours trop loin de nous,trop engagé dans les crépuscules ou dans lesVapeurs de l'horizon , Sc trop petit pourqu'on puisse distinguer des taches iur sondisque , & examiner la durée de sa rotation :elle est donc inconnue.

La rotation de Vénus est très-diíEcile àobserver ; M. Caffini qui avoir déterminéavec le plus grand succès la rotation deJupiter Le celle de Mars, par des observationstrès délicates , essaya en 1666 d'obfervercelle de J Vénus ; ce ne fut qu’avec beaucoupde peine qu’il y apperçut une partie claire,située proche de la section de lumière ; ellelui parut achever son mouvement en moinsd'un jour ( journal des favans , décembre1667.) Quoique M. Caffini eût observéces taches de Vénus en Italie, il n'a jamaispu les distinguer à Paris, avec les meilleureslunettes.

M. Bianchini , dans les années 172.6 ,1717 Sc 172.8 , observa auííì les taches deVénus, Sc il jugea que la révolution deVénus autour de son axe n'étoit point de23 heures, comme M. Caffini l'avoit dit,mais de 24 jours & 8 heures du septentrionvers le midi, dans la partie que nous voyons ;il jugea que le pôle boréal de cette révolu-tion répondoit à 10 secondes 20 degrés delongitude , & étoit élevé de 15 degrés feu-lement fur l’écliptique. Il publia fur cettematière un grand ouvrage intitulé : Hefpertb'phosphori novaphenomena. Mais M. Caffinisoutient que ces observations peuvent se con-cilier avec une rotation de 25 heures 22minutes ( Me m. acad. 17; 2. Elem. d’Astro-nomie, page 519.) On croît assez généralemen t que M. Caffini a raiíon.

M. Caffini observa les taches de Mars,en 1766 ; Sc elles lui firent connoître que•Mars tourne lur son axe en 24 heures 40minutes ; il publia pour lors un mémoireà ce sujet, qui a pour titre : Martis circaproprium axetn revolubilis obfervationes bono-nienfes. Bononiœ, 1 6oó', in-fbl. dans lequel

ROT 447

on volt que l'axe de Mars est à peu prèsperpendiculaire à son orbite autant qu'oaen peut juger par des taches qui sont peupropres à cette détermination. Il observaencore ces taches à Paris en 1670. M. Maraldïles observa en 1704 Sc 1706 , & trouva auísila durée de sa rotation de 24 heures 3 9 mi-nutes ; ces taches de Mars font fort grandes,mais elles ne íont pas toujours bien ter-minées, & changent souvent de figure d'unmois à l’autre ; cependant elles font assezapparentes pour qu’on soit assuré de larotation de Mars. Mém. academ. 1706 ,1719 , 1720 , Eiémens d’AJìronomie ,

P a PA57y

La durée de h rotation de Jupiter , indi-quée par les taches dont M. Caffini observale mouvement en 1665 , est de 9 heures 5 $minutes 50 secondes ; Sc lorsque M. Maraldirevit en 1713 la même tache, qui depuis 50ans avoit disparu St reparu plusieurs fois,il trouva la durée de cette rotation de 9heures 56 minutes , comme M. Caffinil’avoit trouvée en 166 j. On peut voir ausujet des taches de Jupiter & des variationsde ses bandes , différens mémoires deM. Caffini Sc de M. Maraldi, Mém, acad .iSqq , Vjo 8 , 1724; anciens mémoires ,tome II, page lop , tome X, page l , F2Z& 707.

M. Caffini écrivoit le 12 octobre 1665à M. l'abbé Falconiers, que les ombres dessatellites avoient cette année-là un mouve-ment parallèle aux bandes de Jupitar 3 or,Jupiter étoit alors dans les nœuds de sessatellites : donc les orbites des satellites fontparallèles aux cercles des bandes, & l’équa-teur de Jupiter dans le même plan que lesorbites des satellites, c’est-à-dire , inclinéd’environ 3 degrés fur l’orbite de Jupiter ;cela produit dans Jupiter une espece d’é-quinoxe perpétuel : mais cette quantitéd’inclinaiíon ne peut s’observer avec pré-cision , à cause de la petitesse de Ion disque.

L’applatissement de Jupiter est une desconséquences de son mouvement de rotation.11 fut observé par M. Caffini avant 1 année1666 , comme on le volt dans un ouvrageLatin fur les taches des planètes, dont iln’y a jamais eu que les premieres feuillesd’imprimées. M. Maraldi m’a fait voir cefragment, in-folio , relié avec plusieurs autres