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M. Despréaux, qui sans doute a cru qu’enplaçant ici un nom connu , cela rendroit sanarration plus vive Sc plus gaie. Les poésiesde Saint-Amand font foi qu’il n’avoit pasattendu si tard, ni à mendier les grâces dela cour, ni à mettre au jour les vers qu’ilavoir faits dans cette vue. Pour ce qui est 1de fa pauvreté , tout le monde en convientaster; il faut que fa mauvaise conduite 5 cses débauches y aient beaucoup contribué,puifqu’il avoit aster de restources pour vivrecommodément s’il avoit su le faire d’unemaniéré rangée.
Il avoit été reçu à Pacadémie Françoisedès l’origine de cette assemblée , 5 c s’en-gagea de recueillir les termes grotesques 6cburlesques pour la partie comique du dic-tionnaire que l’académíe avoit entrepris ;cette occupation lui convenoit tout-à-fait,car on voit par fes écrits qu’il étoit fortversé dans ces sortes de termes.
Ses œuvres ont été imprimées à Paris entrois volumes ìn-4 0 . Le premier en 162.7,le second en 1645,6c le troisième en 164;.Son ode, intitulée la Solitude , est sa meil-leure piece, au jugement de Despréaux ;mais un défaut qui s’y trouve, c’est qu’aumilieu d’agréables 6c de belles images, Fau-teur y vient offrir à la vue , fort mal-à-propos, les objets les plus dégoûtans, descrapauds, des limaçons qui bavent, le sque-lette d’un pendu, 6c autres choses de cettenature. .
Son Moïse sauvé éblouit d abord quel-ques personnes ; mais il tomba dans unmépris dont il n’a pu se relever, depuis l’artpoétique de Despréaux, qui parlant decette idylle héroïque, chant III , vers 464.
H’imitez pas ce soit, qui décrivant les mers,
•Ef peignant att milieu de leurs flots en t r ouverts >
L.Hébreu sauvé du joug de fes injustes maîtres, .Met four les voir f aster lespoistons aux fenêtres jHemtle petit enfant , qui va , faute, revient, .
£t joyeux à fa mere , offre un caillou qu il tient.Sur de trop vains objets , c’est arrêter la vue, ,
Un défaut inexcusable de Saint-Amand,suivant la remarque du même écrivain, c’estfiuau lien de s’ctcndre sui ks grjuids çbjeçs ; ,i
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qu’un sujet si majestueux lui présentoit, ifs’est amusé à des circonstances petites 6cbaffes, 6c met en quelque forte les poiíson*aux fenêtres par ces deux vers :
I.t là prés des remparts que l'xil peut transpercer ,->Les poistons ébahis le regardent paffer.
Enfin, ce poëte n’a montré quelque génisque dans des morceaux de débauche , 6c deíátires outrées, 6c quelquefois dans ses bon»mots. On lui attribue celui-ci qui est alfez,plaisant : se trouvant dans une compagnie »où il se rencontra un homme qui avoit les' -cheveux noirs 6c la barbe blanche , on de-manda la raison de cette différence bizarre *alors Saint-Amand , fans la chercher , setourna vers cet homme, 6c lui dit : " appa-f» remment, Monsieur, que vous avez plus >-» travaillé de la mâchoire que ducerveau. --
Tr ado n ( Nicolas) , autre poète François,mort en 1698 , a eu son nom extrêmement 'ridiculisé par les satires de Despréaux. Il eutgrand tort, après d’heureux succès , de seprêter à une puissante cabale, 6c d’oserdonner sur le théâtre sa tragédie de Phèdre6c d’Hippoly te, en concurrence contre cellede Racine. Le beau triompha, 6c plongeala piece de Pradon dans un éternel oubli; .On alla plus loin ; on fit ainsi 1 epitaphe de 2Fauteur:
Ci-gît le poëte Pradon,
gui-j durant quarante ans A'une ardeur f ans spareille ,
1 Tit à la barbe d'Apollon
Le même métier que Corneille.
Cependant on a recueilli en un volume 'fes pieces dramatiques , qui font Pirame 6cTiíbé; Tamerlan ; la Troade ; Phedre 6cHippolyte ; Satira 6c Régulus, qui malgréfes défauts, peut être comptée parmi lesbonnes tragédies. Cette piece que Pradon :avoit donnée en 1688 , étoit entièrement-oubliée, lorsque Baron la remit au théâtreen 1711 > avec un succès éclatant.
Au reste, Pradon n’est point auteur dela tragédie du grand Scipion, quoiqu’ellelui soit attribuée dans cette épigramme quefeu M, Rousseau sic à Focçafion d’mìL-c