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Tome vingt-neuvième.
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satire remplie d’invectives, contre M. Def-préaux :

Au nom de Dieu , Pradon , pourquoi ce grandcourroux ,

Aro contre Defp réaux exhale tant d'injures ?

Il ma berné, me direz-vous -,

Je veux le diffamer chez les races futures.

Hé, croyez-moi, restez en paix.

En vain , tenteriez-vous de ternir fa mémoire ;Vous n avancerez rien pour votre propre gloire ;

Et le grand Scipion fera toujours mauvais.

Le grand Scipion est d’un M. de Prade,auteur de deux autres tragédies encoremoins connues, qui font Annibal Sc Si-lanus.

Raguenet ( François ) embrassa 1 étatecclésiastique, & cultiva Fétude des beauxarts & de Fhistoire. Il a publié celle del’ancien testament ; i°. celle d'OlivierCromwel ; 3 0 . celle du vicomte de Tu-renne ; 4 0 . le parallèle des François & desItaliens, dans la musique & dans les opéra,parallèle dans lequel il donne la préférenceaux Italiens ; 5 0 . les monumens de Romeou description des plus beaux ouvrages depeinture , de sculpture & d’architecture deRome , avec des observations. Paris 1700&c 1701, in-11. Ce petit ouvrage valut àFauteur des lettres de citoyen Romain ; ilest cependant fort au dessous des descrip-tions Latines en ce genre. On attribue à PabbéRaguenet, les voyages de Jacques Sadeur,livre très libre , qui a obligé Fauteur à nepas Favouer. Il estmortà Paris vers Fan 172.0,j'ignore à quel âge.

Sanadon ( Noël-Etienne ), jésuite, pleinde goût Sc de connoiíîances dans les belles*,lettres. Il lia à Caë’n une étroite amitié avecM. Huet, Sc devint bibliothécaire du collegedes jésuites à Paris, où il mourut en 2733à cinquante-huit ans. On a de lui, r°. unexcellent traité de la versification Latine ;a°. une traduction Françoise d'Horace,avec des notes d'une érudition choisie :cette traduction respire Félégance, Sc mêmeinspire du dégoût pour celle de M. Dacier,quand on vient à les comparer ensemble.

Tourneux ( Nicolas le ) mérita par favertu Festime des honnêtes gens, Sc fut

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toujours très-attaché à MM. de Port-RoyalLarchevêque de Rouen lui donna le prieuréde Villers-sur-Fere ; il mourut subitementà Paris en 7 686 , à quarante-sept ans. Il amisau jour plusieurs ouvrages de piété, entrelesquels on estime particulièrement Vannéschrétienne , qui est dans les mains de toutle monde, Sc que Findcx de Rome a misau nombre des livres prohibés.

Aux savans qui viennent d'être nommés,je ne dois pas oublier de joindre une dameillustre par son esprit Sc fer ouvrages , ma-demoiselle Bernard (Catherine) de Paca-démie des Ricovrati, morte à Paris en 1712. ;elle a donné en prose des brochures fous lenom de nouvelles , que le public a goûtées ;mais elle s’est encore distinguée par ses vers,qui lui ont fait remporter en 1691 Sc 7693,le prix de poésie de Facadémie Françoise ,& qui lui ont valu une triple couronnedans Facadémie des jeux floraux de Tou-louse.

Elle composa avec M. de Fontenelle deuxtragédies, Brutus Sc Léodamie , dont à lavérité la derniere n’eut point de succès. Sespieces fugitives ont été répandues dans dif-férens recueils ; on s'est trompé cependanten donnant fous son nom , la jolie sableallégorique de Fimagination & du bonheur ;cette fable est de M. la Parisiere , évêquede Nîmes, successeur du célébré Fléchier.

Mais le pere Bouhours a inféré dans sonrecueil de vers choisis , le placet au roi,par lequel mademoiselle Bernard prieLouis XIV de lui faire payer les deuxcens écus de pension dont il Favoit gratifiée.Ce placet est conçu en ces termes :

SIRE, deux cens écus font-ils st nécessairesAu bonheur de l’état , au bien de vos affaires,Sue fans ma penston vous ne puijstez dompterLesfoibles alliés er du Rhin (V du TageîA vos armes, grand Roi, s’ils peuvent réststert-Si pour vaincre l’effort de leur injust e rageIl falloit ces deux cens écus ,

Je ne les demanderois plus.

Ne pouvant aux combats, pour vous perdre la vie ,A voudrois me creuser un illustre tombeau ;

Et souffrant une mort d’un genre tout nouveau ,Mourir de faim pour la patrie.