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Tome vingt-neuvième.
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en Russie , Sc sans doute que la sécheressede l’air de ce pays en est la cause. Cepen-dant , quoique les métaux íè rouillent dansl’isle de Barbade par l’humidité de l’air ,Sc qu’ils font préservés de la rouille enRussie par la sécheresse de cet élément ,on peut douter que l’idée générale de l’hu-miditc soit seule suffisante pour rendreraison de tous les phénomènes qui accom-pagnent ordinairement la rouille. Il est très-certain que l’air des pays qui environnentla baie d’Hudson , est plutôt humide quesec ; car les brouillards continuels qui yrègnent font plus que suffiíàns, pour prou-ver que l’air y doit être humide dans undegré très-considérable ; & toutesfois lesmétaux ne s’y rouillent pas comme dansd’autres endroits. Ne pourroit-on pas con-clure de là que l’humidité íeule n’est pasla cause de la rouille , quoiqu’il (bit vraid un autre côté que celle-ci ne se trouvejamais , ou que rarement , fans humi-dité ?

En examinant avec Attention la rouille ,on trouve que c’est une solution des par-ticules superficielles du métal , fur lequeleile íe forme causée par quelque dissolvantfluide ; mais il ne s’ensuit pas de là , quetous les fluides indifféremment *puiflentcauser de la rouille , ou ce qui revient aumême , ronger 8c dissoudre les particulessuperficielles du métal : nous savons , parexemple , que l’huile , loin d’avoir cettepropriété , sert plutôt à conserver les mé-taux contre la rouille. Or , en réfléchissantdavantage sur ce sujet , & en examinantd’où vient que l’huile , & généralementtoute sorte d’onguent & de graisse , faitcet effet sur les métaux ; on est porté àpenser que l’huile conserve les métaux enles garantissant contre certaines particulescontenues dans les fluides aqueux qui cau-sent précisément la rouille , que ces par-ticules ne sont autre choie que des selsacides.

Ce sentiment paroît d’autant plus vrai-semblable , qu’il est certain que les solu-tions de tous les métaux se font par lesdifl'olvans acides , comme nous le voyonsconfirmé tous les jours , par la maniéréordinaire de faire du blanc de plomb , quin’est autre chose qu’une rouille , ou solu-

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don de ce métal , causée par le vinaigre.Nous apprenons par là que l’huile conser-ve les métaux , par la qualité connuequ’elle a d’envelopper les sels acides, ilparoitroit donc que ce n’est pas propre-ment l’humidité , mais plutôt un certaindissolvant fluide, répandu dans l’air , qu!cause la rouille ; car quoique l’air soit unfluide , & qu’il agisse souvent sur la surfacedes métaux, en les faisant rouiller , nous nodevons pas croire qu’il agit ainsi simple-ment comme fluide , puifqu’en ce cas l’airdevroit causer par-tout le même effet ; 8cles métaux devroient íe rouiller en Russie,aussi-bien que par tout ailleurs proche laligne équinoxiale. L’air ne peut pas nonplus produire cet effet comme étant chargéde particules aqueuses, quoiqu’on le croiecommunément. Si cela étoit, l’air humidedevroit causer le même effet dans la baied’Hudlon, que fur les côtes de l’iíle de Bar-bade. Disons donc plutôt que lorsque lesparticules aqueuses , qui flottent dans l’air ,sont chargées de sels acides , elles causentalors la rouille , & non autrement.

Nous voyons par là , que les métauxdeviennent , à cet égard , une espece d’eílaiou d’épreuve , pour la qualité de l’air ,puisque par faction que l’air fait sur eux ,ils font connoître s’il est chargé de certainssels ou non. Il est encore possible que lachaleur de l’air agisse en quelque façon furles métaux , principalement fur leurs sur-faces , en ouvrant leurs pores , & en lesdisposant par là à admettre une plus grandequantité de cet esprit acide de sel élevédans l’atmosphere par la force des rayonsdu soleil. ( Le chevalier de Jaucourt. )

Rouille du froment , ( Agricult. ) larouille est une maladie qui attaque lesfeuilles & les tiges du froment. Elle ssmanifeste par une substance de couleur defer rouillé , ou de gomme-gutte ; elle cou-vre les feuilles & les tiges des fromens dansla plus grande force de leur végétation.

Cette substance est peu adhérente auxfeuilles , puisqu’on a souvent vu des épa-gneuls blancs sortir leurs poils tout chargésde poussière rouge , quand ils avoient par-couru un champ de froment attaqué decerte maladie.

De plus, il est d’expérience que quand