RUS
áes ruses des grands capitaines, ìl n’est pasétonnant de trouver peu de généraux assezhabiles dans cette matière pour en faire unusage fréquent. Il faut de plus un esprit vif& intelligent, qui saisisse le moment d'em-ployer les ruses, qui sache les varier suivantses circonstances ; & c’est ce qui ne se ren-contre pas fréquemment. M. de Folard,qui nous fournit presque toute la matièrede cet article , observe que les anciens s'ap-pliquoient beaucoup à la lecture des ou-vrages qui traitent des ruses ou des strata-gèmes militaires ; lecture qui lui paroi tplus nécessaire à un général qu'à tout autre :car outre, dit-il, qu’elle est très-amufante ,kc encore plus instructive, l'ignorance oùl'on est là dessus, fait que l'on est toujoursnouveau contre la ruse Sc le stratagème ; &lorsqu'on ne les ignore point, on apprendà les rendre inutiles, ou à les mettre enusage dans l’occasion. Ce qu'il y a de biensurprenant, c’est qu'ils ont toujours leureffet, & que l'on donne toujours tout autravers, quoiqu'il y en ait un très-grandnombre qui aient été pratiqués mille fois.Enfin, la guerre, dit le célébré commenta-teur de Polybe , est l'art de ruser & detromper finement par principes & par mé-thode. Celui qui excelle le plus dans cetart, est fans doute le plus habile ; maischacun ruse selon la portée de íbn espritSc de ses connoissances. Deux généraux mé-diocres se tromperont réciproquement tousles deux comme deux enfans ; deux habilescomme des hommes faits ; ils mettront enœuvre tout ce que la guerre a de plus subtil,de plus grand, Sc de plus merveilleux. Voye çSurprises. (Q)
Ruse , le bout de la ruse , ( Vénerie . ) ilfe dit lorsqu'on trouve au bout du retourqu'a fait une bête, que ses voies font simples,qu'elle s'en va, Sc qu’elle perce.
RUSELLJE, ( Géogr. anc. ) ville d'Italie.C’étoit selon Denis d’Halicarnaffe, l.IIl,p. , l'une des douze villes des anciensToícans ; elle devint dans la fuite colonieRomaine, comme nous ['apprennent Pline,l. III, c. v , Sc une ancienne inscriptionrapportée par Hólstonius, p. 3$. Les habi-tans de cette ville font appelles Ruscellani,par Tite-Live , /. XXVIII , c. clv. C’est leRosellutn de ['itinéraire d’Antonin. Cette
RUS 57?
ville conserve encore son ancien nom , carLéander dit qu'on l'appelle présentementRosella. {D. J.)
RUSER , ( Véner. ) lorsqu'une bête quiest chaílee va Sc vient sur les mêmes voies ,dans un chemin ou autres lieux, à desseinde se défaire des chiens , on dit qu’elleruse.
RUSHDEN , ( Géogr. mod. ) bourgd’Angleterre, dans la province de Nor-thampton , où naquit, en 163 S , DanielWhitby , théologien Anglois , fameux parquantité d’ouvrages. Il ceíîa de vivre en 171 6 >âgé de 88 ans, il alla à l’église en bonne santéla veille de sa mort ; à son retour chez lui,il dit qu’il se trouvoit soible , se mit au lit,Sc mourut pendant la nuit.
C'étoit un homme très verse dans la lec-ture des peres, dans la théologie polémique,Sc fur-tout dans les controverses contrel'église Romaine qui en font la principalepartie ; il se dévoua aux études les plus graves »ne connut ni les plaisirs ni les intérêts dusiecle, Sc étoit novice dans les affaires dumonde , à un point inconcevable.
Outre un grand nombre de traités Sc desermons contre les dogmes Sc la foi del’église Romaine, il a mis au jour d’autresouvrages très-estimés ; entre autres, i°. desdiscours fur la vérité Sc la certitude de lareligion chrétienne ; i°. fur la nécessité Scl'utilité de la révélation ; 3 0 . fur les loixecclésiastiques Sc civiles, faites injustementcontre les hérétiques ; 4 0 . examen variantìumleâtonum Joannìs Millii, in novum tejlamen-tum , avec de nouvelles notes fur le nouveautestament, Sc sept discours à ce sujet. Lon-dres ijio , in-fol .; 5 0 . paraphrase Sc com-mentaires fur le nouveau testament. Lon-dres îjoj , 3. vol. in-fol. ; Sc c’est là son prin-cipal ouvrage.
Il y faut ajouter ses dernieres pensées »contenant les corrections de divers ey droitsde ses commentaires fur le nouveau testa-ment , avec cinq discours publiés par sonordre. Londres IJ%J , in 8 °. “ Quand ,-- dit-il , je fis mes commentaires fur le» testament, je suivis avec trop de préci--- pitation la route battue par d’autres théo-» logiens réputés orthodoxes , concevant-- que le Pere , le Fils , & le S. Esprit« étoient un seul Sc même Dieu, en vertu