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Tome vingt-neuvième.
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RUS

yoya baptiser Volodimer, pour ajouter àJson patriarcat cette partie du monde.

Volodimer acheva donc l’ouvrage com-mencé par son aïeule. Un Grec sut premiermétropolitain de Ruffìe , ou patriarche. C’estde là que les Russes ont adopté dans leurtîingue un alphabet tiré en partie du Grec.-Ils y auroient gagné si le fond de leur lan-gue qui est la Slavone , n’étoit toujours de-meuré le même , à quelques mots près qui•concernent leur liturgie & leur hiérarchie.•Un des patriarches Grecs, nommé Jérémie ,ayant un procès au diva» , & étant venu àMoskow demander des secours, renonçaenfin à fa prétention fur les églises Russes ,& sacra patriarche ^archevêque de Novogo-rod nommé Job, en r 588.

Depuis ce temps , l’église Russe fut auílîindépendante que son empire. Le patriar-che de Ruffit fut dès-lors sacré par les évê-ques Russes, non par le patriarche de Cons-tantinople; il eut rang dans l’églife Grecqueaprès celui de Jérusalem ; mais il fut en effetle seul patriarche libre & puissant, & parconséquent le seul réel. Ceux de Jérusalem,de Constantinople , d'Antioche, d’Alexan-drie , ne íont que les chefs mercenaires &avilis d’une église esclave des Turcs. Ceuxmême d’Antioche de Jérusalem ne sont plusregardés comme patriarches , & n’ont pasplus de crédit que les rabbins des synagoguesétablies en Turquie.

Il n*y a dans un si vaste empire que vingt-huit sieges épiscopaux , & du temps dePierre I, on n’en comptoir que vingt-deux ;l’églife Russe étoit alors si peu instruite ,que le czar Frédor, frere de Pierre le Grand,fut le premier qui introduisit le plain-chantchez elle.

Frédor , & sur tout Pierre, admirent in-différemment dans leurs armées & dansleurs conseils ceux du rit Grec, Latin, lu-thérien , calviniste ; ils laiíserent à chacunla liberté de íervir Dieu suivant sa conscien-ce , pourvu que l’état fùt bien servi. Il n’yavoit dans cet empire de deux mille lieuesde longueur aucune église Latine. Seule-ment lorsque Pierre eut établi de nouvellesmanufactures dans Astracan , il y eut en-viron soixante familles catholiques dirigéespar des capucins ; mais quand les jésuitesvoulurent s’introduire dans ses états, il les

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en chassa par un édit au mois d’avril 1718.

Il souffroit les capucins comme des moinesfans conséquence, & regardait les jésuitescomme des politiques dangereux.

L’églife Grecque est nattée de se voirétendue dans un empire de deux millelieues, tandis que la Romaine n’a pas !»moitié de ce terrein en Europe. Ceux durite Grec ont voulu sur-tout conserver danstous les temps leur égalité avec ceux du riteLatin, & ont toujours craint le zele dél’églife de Rome , qu’ils ont pris pour l’am-bition , parce qu’en effet l’églife Romaine,très - resserrée dans notre hémisphère , &se disant universelle, a voulu remplir cegrand titre.

Il n’y a jamais eu en Rujsie d’établìffo-ment peur les Juifs, comme ils en ont danstant d’états de l’Europe, depuis Constanti-nople jusqu’à Rome. Les R uíìes ont toujoursfait leur commerce par eux-mêmes , & parles nations établies chez eux. De toutesles églises Grecques la leur est la seule quine voie pas des synagogues à côté de sestemples.

La Rujsie qui doit à Pierre le Grand s»grande influence dans les affaires de l’Eu-rope , n’en avoit aucune depuis qu’elle étoitchrétienne. On la voit auparavant faire furla mer Noire ce que les Normands faisoientfur nos côtes maritimes de l’Océan, armetdu temps d’Héraclius quarante mille petitesbarques , se présenter pour assiéger Cons-tantinople , imposer un tribut aux CésarGrecs. Mais le grand lcnés Volodimer oc-cupé du foin d’introduire chez lui le chris-tianisme , fatigué des troubles intestins defa maison , affaiblit encore ses états en lespartageant entre ses enfans. Ils furent pres-que tous la proie des Tartares, qui asservi-rent la Rujsie pendant deux cens années.Ivan Basilides la délivra & l’agrandit ,mais après lui les guerres civiles la rui-nèrent.

Il s’en falloit beaucoup avant Pierre leGrand que la Rujsie fût auísi puiflànte ,qu’elle eût autant de terres cultivées, autantde sujets , autant de revenus que de no*jours ; elle n’avoit rien dans la Livonie , &le peu de commerce que l’on fai soit àAstracan étoit désavantageux. Les Russesse nourrissoient fort mal ; leurs mers fivoíieDddd r