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Tome vingt-neuvième.
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n’éroienr que des concombres & des melonsd 1 Astracan , qu’ils saisoient confire pendantl’été avec de l’eau, de la farine & du sel ;cependant les coutumes Asiatiques com-mençoient déjà à s’introduire chez cettenation.

Pour marier un czar, on faiíoit venirà la cour les plus belles filles des provinces ;la grande maîtresse de la cour les reçevoitchez elle , les logeoit séparément, & lesfaisoit manger toutes ensemble. Le czar lesvoyoit ou sous un nom emprunté, ou fansdéguisement. Le jour du mariage étoit fixé,surs que le choix fÛt encore connu ; & lejour marqué , on présentoir un habit denoces à celle fur qui le choix secret étoittombé : on distribuoit d’autres habits auxprétendantes, qui s’en rerournoient chezelles. Il y eut quatre exemples de pareilsmariages.

Dès ce remps-là , les femmes Russes su-rent se mettre du rouge, se peindre lessourcils, ou s’en former ^artificiels; ellesprirent du goût à porter des pierreries, àse parer , à le vêtir d’étosses précieuses :c’est ainsi que la barbarie commençoit àfinir chez ces peuples; par conséquent Pierreleur souverain n’eut pas tant de peine à po-licer cette nation, que quelques auteurs ontvoulu nous le persuader.

Alexis Mikaelovitz avoir déjà commencéd’annoncer l’influence que la Rujfie devoiravoir un jour dans l’Europe chrétienne. Uenvoya des ambassadeurs au pape & à pres-que tous les grands souverains de l’Europe,excepté à la France, alliée des Turcs , pourtâcher de former une ligue contre la PorteOttomane. Ses ambassadeurs ne réussirentcependant dans Rome , qu’à ne point bai-ser les pieds du pape, & n’obtinrent ailleursque des vœux impuissins.

Le même czar Alexis propose d’unir , en1676 , ses vastes états à la Pologne, commeles Jagellons y avaient joint la Lithuanie;mais plus son offre étoit grande, moins ellefut acceptée. Il étoit très digne de ce nou-veau royaume , par la maniéré dont il gou-vernait ìcs liens. C’eft lui qui le premier fitrédiger un code de loix, quoiqu’imparfait ;il introduisit des manufactures de toiles &de foie, qui, à la vérité , ne se soutinrentpas, mcts qu’il tut le mérite d’établir. Il

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peupla des déserts vers le Volga & la Kamade familles Lithuaniennes , Polonoises &Tartares, prises dans ses guerres ; tous lesprisonniers auparavant étoient esclaves deceux auxquels ils tomboient en partage ;Alexis en fit des cultivateurs : il mit autantqu’il put la discipline dans ses armées. Ilappella les arts utiles dans ses états : il y fitvenir de Hollande, à grands frais , le cons-tructeur Bothler , avec des charpentiers &des matelots, pour bâtir des frégates & desnavires. Enfin, il ébaucha, il prépara l’ou-vrage que Pierre a perfectionné. Il transemit à ce fils tout son génie, mais plus dé-veloppé , plus vigoureux & plus éclairé parles voyages.

Sous le régné de Pierre, le peuple Rujsequi tient à l'Europe , & qui vit dans lesgrandes villes , est devenu civilisé , com-merçant , curieux des arts & des sciences,aimant les spectacles, & les nouveautés in-génieuses. Le grand homme qui a fait ceschangemens, est heureusement né dans letemps favorable pour les produire. Il a in-troduit dans ses états les arts qui étoienttout perfectionnés chez ses voisins ; & il estarrivé que ces arts ont fait plus de progrès,en 50 ans chez ses sujets, déjà disposés àles goûter , que par-tout ailleurs, dans l’esepace de trois ou quatre siécles ; cependantils n’y ont pas encore jeté de si profondes- 1racines, que quelque intervalle de barbariene puiffè ruiner ce bel édifice commencédans un empire dépeuplé , despotique , &coù la nature ne répandra jamais ses bénignesinfluences.

Dans l’écat qu’il est aujourd’hui, la nationRusse est la seule qui trafique par terre avecla Chine ; le profit de ce commerce est pourles épingles de l’impératrice. La caravanequi se rend de Péteríbourg à Pékin, em-ploie trois ans en voyage & au retour. Aussi-tôt qu'elle arrive à Pékin, les marchandsfont renfermés dans un caravancerai, & lesChinois prennent leur temps pour y ap-porter le rebut de leurs marchandises qu’ilsfont obligés de prendre , parce qu’ils n’ontpoint la liberté du choix. Ces marchandi-ses se vendent à Péteríbourg à l’enchere ,dans une grande salle du palais Italienl’impératrice assiste en personne à cette,vente p cette souveraine frit elle-même des.