Buch 
Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
Entstehung
Seite
197
JPEG-Download
 

DU SYSTÈME DU MONDE. i 97

consiste à imaginer une planète mue conformément aux loix damouvement elliptique, sur une ellipse dont les élémens varient pardes nuances,insensibles; et à concevoir en même temps, que lavraie planète oscille autour de cette planète fictive, dans un très-petit orbe dont la nature dépend de ses inégalités périodiques. Ainsi,ses inégalités séculaires sont représentées par celles de la planètefictive, et ses inégalités périodiques sont représentées par son mou-vement autour de la même planète.

Considérons d’abord les inégalités séculaires qui, en se dévelop-pant avec les siècles, doivent changer - à la longue, la forme et laposition de tous les orbes'planétaires. La plus importante de Cesinégalités est celle qui peut affecter les moyens mouvemens desplanètes. En comparant entr’elles, les observations faites depuis lerenouvellement cle l’astronomie; le mouvement de Jupiter a paruplus rapide, et celui de Saturne, plus lent que par la comparaisonde ces mêmes observations, aux observations anciennes. Les astrono-mes en ont conclu que le premier de ces mouvemens s’accélère, tandisque le second se ralentit de siècle en siècle ; et pour avoir égard à ceschangemens, ils ont introduit dans les tables de ces planètes , deuxéquations séculaires croissantes comme les quarrés des temps,l’uneadditive au mouvement de Jupiter, et l’autre soustractive de celuide Saturne. Suivant Halley, l’équation séculaire de Jupiter est de106",02 pour le premier siècle, à partir de 1700 ; l’équation corres-pondante de Saturne est de 256",g4. Il étoit naturel d’en chercherla cause dans l’action mutelle de ces deux planètes les plus consi-dérables de notre système. Euler qui s’en occupa le premier, trouvaune équation séculaire égale pour ces deux planètes., et additive àleurs moyens mouvemens ; ce qui répugne aux observations.Lagrange obtint ensuite des résultats qui leur sont plus conformes:d’autres géomètres trouvèrent d’autres équations. Frappé de cesdifférences , j’examinai de nouveau cet objet, en apportant le plusgrand soin à sa discussion, et je parvins à la véritable expressionanalytique de l’inégalité séculaire du moyen mouvement des pla-nètes. En y substituant les valeurs numériques relatives à Jupiteret à Saturne, je fus surpris de voir qu’elle devenoit nulle. Jesoupçonnai que cela n’étoit point particulier à ces planètes, et que si