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mystères d’Eleusine & de Samothrace , cartout cela étoit symbolique & significatif.
Mais dans la loi nouvelle , le mot sacre-ment signifie un signe sensible d'une grâcespirituelle, institué par notre Seigneur Jesus-Christ pour la sanctification des hommes.
Socin & ses disciples enseignent que lessacremens ne sont que de pures cérémonies,qui ne servent tout-au-plus qu’à unir exté-rieurement les fideles ensemble, & à les dis-tinguer des juifs & des gentils.
Les Protestans n'en disent guere davan-tage , en prétendant que les sacremens nesont que de pures cérémonies instituées deDieu , pour sceller & confirmer les pro-messes de la grâce , pour soutenir notre foi& pour nous exciter à la piété. Ils n'enadmettent communément que deux , lebaptême &c seucharistie , ou, comme ilsRappellent, la sainte chie ; les Anglicans yajoutent la confirmation.
. Les Catholiques au contraire , qui pen-sent que les sacremens produisent par eux-mêmes la grâce sanctifiante , en admettentsept après toute la tradition , savoir le bap-tême , la confirmation , seucharistie , lapénitence, sextrême-onction, sordre & lemariage ; nous avons traité de chacun enparticulier fous leur article. Voye[ Bap-
. TEME , & C .
Les sacremens font des êtres moraux quiíont essentiellement composés de deux par-ties , de quelque chose de sensible , & dequelques paroles. C’est de surdon de cesdeux parties que résulte le sacrement ; auditverbum ac elementum , dit S. Augustin , tracl.8 j in Jaan. & fit sacramentum. Les théolo-giens scholastiques ont donné le nom dematière aux choses sensibles , & le nom deforme aux paroles. V. Matière & Forme.
Les Protestans soutiennent que les parolesqui entrent essentiellement dans la compo-sition des sacremens , doivent renfermer uneinstruction eu contenir une promesse. Maissune & saune prétention n'ont nul fonde-ment dans sécriture ou dans la tradition ,& d ailleurs la fin prochaine des sacremensrsest pas d'instruire les hommes, ou de leurpromettre la grâce , mais de la leur confé-rer ; ainsi ces paroles font proprement con-séc ; atoires , soit en retirant de susage pro-fane la chose sensible qui forme la matière;
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soit en initiant aux mystères divins, celuiqui reçoit les sacremens.
Mais outre supplication de la forme &de la matière , on exige encore dans le mi-nistre qui conféré les sacremens , Y intentionde faire ce que fait 1‘Eglise. On dispute beau-coup dans les écoles. fur la nature de cetteintention , savoir si elle doit être intérieure& actuelle , ou si une intention habituelle,ou virtuelle, ou extérieure, est suffisantepour la validité du sacrement. Voye £ Inten-tion.
Les sacremens considérés en général ledivisent en sacremens des morts & sacremensdes vivans. On entend par sacremens desmorts ceux qui font destinés à rendre la viespirituelle ou aux personnes qui ne fontpas encore reçue , comme le baptême, ouà celles qui font perdue après en avoir étéfavorisées, comme la pénitence. Par sacre-mens des vivans , on entend ceux qui fontdestinés à fortifier les justes & à augmenteren eux la vie spirituelle de la grâce; tels quefont la confirmation , seucharistie , &c. Onles divise encore en sacremens qui se réitè-rent , c’est - à - dire qu'on reçoit plusieursfois, comme la pénitence , seucharistie,sextrême-onction & le mariage ; & en sa-cremens qui ne sè réitèrent point , commele baptême , la confirmation & sordre. Laraison de cette différence vient de ce queces derniers impriment caractère. Voye çCaractère.
Les sacremens de la nouvelle loi produi-sent la grâce par eux-mêmes, ou , commeparlent les scholastiques , ex opéré operato ,c'est-à-dire par la simple application du ritextérieur. Mais agissent-ils en cette occa-sion comme cause physique ou comme causemorale ì L'école est partagée sur cette ques-tion ; les Thomistes soutenant que les sacre-mens produisent d'eu.x-mêmes la grâce parune influence réelle en agissant immédia-tement sur famé ; les Scotistes au contraireprétendant que supplication & sadminis-nation extérieure des sacremens déterminentDieu à donner la grâce, parce qu'il s'est en-gagé d’une maniéré fixe & invariable à sac-corder à ceux qui les reçoivent dignement.Ce dernier sentiment parcît le plus vraisem-blable , car il n'est pas aisé de concevoircomment les sacremens qui íont des êtres cor-