SAC
chœur , aíTèmbla tous les pastophores , Scmontant fur un lieu élevé, il prit son livre,lut à haute voix plusieurs prières pour l’em-pereur, pour le sénat, pour les chevaliesRomains & pour le peuple , ajoutant quel-que instruction fur la religion : Tune exiitquem ( grammateum ) vocabant , pro soribusafiijlens , cœtu pajlophorum ( quod sacrosanclìcollegii nomen eji ) velu t in concìonem vocato ,indidem de sublimi suggefiu , de libro , delìiteris faujìa voce proef'atus principi magno ,finatuque , equiti , totique populo , noticis ,navibus, SCC.
Ces cérémonies finies, le sacrificateur s’é-tant assis, & les victimaires étant debout,les magistrats ou les personnes privées quiossroient les prémices des fruits avec la vic-time, faisoient quelquefois un petit discoursou maniéré de compliment ; c’est pour celaque Lucien en fait faire un par les ambassa-deurs de Phalaris aux prêtres de Delphes,en leur présentant de sir part un taureau d'ai-rain, qui étoit un chef-d’œuvre de l’art.
A mesure que chacun présentoir son of-frande , il alloit se laver les mains en un lieuexprès du temple, pour se préparer plus di-gnement au sacrifice , & pour remercier lesdieux d’avoir bien voulu recevoir leurs vic-times. L’ossrande étant faite, le prêtre offi-ciant encensoir les victimes , & les arrosoird’eau lustrale; ensuite remontant à l’autel,il prioit à haute voix le dieu d’avoir agréablesles victimes qu’il lui alloit immoler pour lesnécessités publiques, & pour telles ou tellesraisons particulières ; & après cela le prêtredeícendoit au bas des marches de l’autel, &recevoir de la main d’un des ministres , lapâte sacrée appellée mola fialfa , qui étoit defarine d’orgeou de froment, paîtrie avec lesel & seau , qu’il j étroit sur la tête de lavictime , répandant par-dessus un peu devin ; cette action se nommoit immolatìo ,quasi molœ illatìo , comme un épanchementde cette pâte, mola solfia , dit Festus, vocaturfiar totum , & sale fiparfium , quo deo molitohojìiae afipergantur .
Virgile a exprimé cette cérémonie ènplusieurs endroits de son poème; par exemple,
Jamque dies ìnfianâa aderat mìhi sacra par art,
Et saisie fruges , & circìun tempora vellce.
Enéïd. L II.
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Le prêtre ayant répandu des miettes decette pâte salée sur la tête de la victime, cetqui en constituoit la premiere consécration ,il prenoit du vin avec le simpule, qui étoicune maniéré de burette , Sc en ayant goûtéle premier , Sc fait goûter aux assistans, ille versoit entre les cornes de la victime , Scprononçant ces paroles de consécration,maclus hoc vìno inferio ejlo , c’est-à-dire , quecette victime soit honorée par ce vin, pourêtre plus agréable aux dieux. Cela fait ilarrachoit des poils d’entre les cornes de lavictime, & les jettoit dans le feu allumé.
Et summascarpens média inter cornuaJetas j
Ignibus imponit sacris.
Il commandait ensuite au victimaire defrapper la victime, Sc celui-ci l’assommoicd’un grand coup de maillet ou de hache sutla tête : arffi-tôt un autre ministre nommépopa, lui plongeoir un couteau dans la gorge,pendant qu’un troisième recevoir le sang del’animal, qui sortoit à gros bouillons, dontle prêtre arrosoir l’autel.
Supponunt alii cultros , tepidumque cruorem
Suscipiunt pateris. Virg.
La victime ayant été égorgée , on l’écoréchoir, excepté dans les holocaustes, où onbrûloir la peau avec l’animal, on en déta-chait la tête, qu’on ornait de guirlandes Scde festons , Sc on l’attachoit aux piliers destemples, aussi-bien que les peaux, commedes enseignes de la religion , qu’on portaiten procession dans quelque calamité publi-que , c’est ce que nous apprend ce passage deCicéron contre Pison : Et quid tecordarìscura ornai totius provincial pecure compuslo ,pellicum nomine omnem qucefium illum domesli-cumpaternumque renovajìi? Et encore par cetautre de Festus , pdlem habere Hercules fin .-gitur , ut homines cultus antlqui admoneantur;lugentes quoque diebus luclùs in pellibus sutit.
Ce n’est pas que les prêtres ne se couvris-sent souvent des peaux des victimes, ou qued’autres n’allaflènt dormir dessus dans letemple d’Esculape, Sc dans celui de Faunes»pour avoir des réponses favorables en songe,ou être loulagés dans leurs maladies, commeVirgile nous en assure par ces beaux vers :N n n n
Tome XXIX,