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Tome vingt-neuvième.
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65 o SAC

Hue dona sacerdos

Cum tulit & Cœsarum ovium sub noBesilentiTdlibus incubuit jìratis , somnosque petivit ;Multa modisjìmulachra videt volitantia miris,Et varias audit voces , fruiturque deorumCclloquio , atque imis acheronta affaturavernis.

Hic & tum pater ipse petenc responsa Latinus,Centum lanigeras maBabat ritì bidentes,Atqueharum effultus tergo, pratique jacebatVeileribus. Enéïd. /. VIII, v, 86.

Lorsque le prêtre a conduit les victimes àla fontaine, Sc qu'il les y a immolées, ilen étend pendant la nuit les peaux fur la terre,se couche dessus Sc s'y endort. Alors il voltmille fantômes voltiger autour de lui ; ilentend différentes voix ; il s'entretient avecles dieux de f olympe, avec les divinités mêmedes enfers. Le roi, pour s'éclaircir fur le fortde la princeíso, sacrifia donc dans cette forêtcent brebis au dieu Faune, Sc fe coucha en-suite fur leurs toisons étendues.

Cappadox , marchand d'efclaVes, feplaint, dans la comédie de Plaute intituléeCurculio y qu'ayant couché dans le templed'Efculape , il avoit vu en songe ce dieu s'é-loigner de lui ; ce qui le fait résoudre d’ensortir, ne pouvant espérer de guérison.

jMigrare certum es jarn nunc ì fa no foras.Quando JEfculapi ita fentio fententìam :

Ut qui me nihili jaciat , nec falvum relit.

On ouvroit les entrailles de la victime ;à après les avoir considérées attentivementpeur en tirer des présages, selon la sciencedes arufpices, on les faupoudroit de farine,on les arrosoir de vin , Sc on les présentoir»ux dieux dans des bassins , après quoi onles j étroit dans le feu par morceaux , redde-jbant exta diis : de-là vient que les entraillescroient nommées porricìœ , quod in arœ focofonebantur , diifque porrigebantur : de sorteque cette ancienne manier e de parler, por-ricias inferre , veut dire , présenter les en-trailles en sacrifice.

Souvent on les arrofoit d'huile , commelious lisons, liv. VI de l'Enéïde :

Etsolida imponìt taurorum viscera fiammis,Tinguesuper oleumsundens ardentibus extis.

r S A C

Quelquefois on les arrosoir de lait Sc d«sang de la victime, particulièrement dansles sacrifices des morts , ce que nous appre-nons dc State, l, VI de la Thébaïde :

Spumantisque mero paterce vtrguntur & atri

Sanguinis, & rapti gratifiima cymbia laBis,

Les entrailles étant consumées, toutes lesautres cérémonies accomplies, ils croyoientque les dieux étoient satisfaits, & qu'ils nepouvoient manquer de voir l'accompliíse-ment de leurs vœux ; ce qu'ils exprimoientpar ce verbe, litare, c'est-à-dire tout efi bienfait ; Sc non litare au contraire , vouloir direqu'il manquoit quelque chose à l’intégritédu sacrifice , & que les dieux n'étoient pointappariés. Suétone parlant de Jules-César,dit qu'il ne put jamais sacrifier une hostiefavorable le jour qu'il fut tué dans le sénat.Casa r viBimis cœfis litare non potuit.

Le prêtre renvoyoit le monde par ces pa-roles , I licety dont on fe sorvoit pareillementà la fin des pompes funèbres & des comé-dies , pour congédier le peuple, comme onle peut voir dans Térence Sc dans Plaute. LesGrecs fe sorvoient de cette expression pourle même sujet, k*o n «qu-rts , & le peuplerépondoit féliciter. Enfin on dressoir auxdieux le banquet ou le festin sacré , epulum ;on mettoit leurs statues fur un lit, & on leursorvoit les viandes des victimes ostertes; c'é-toit-là la fonction des ministres des sacrifices,que les Latins nommoient epulones.

Il résulte du détail qu'on vient de lire ,que les sacrifices avoient quatre parties prin-cipales ; la premiere fe nommoit libatio , lalibation , ou ce léger estai de vin qu'on fai-soit avec les effusions sor la victime ; laseconde , immolatio , l’immolation , quandaprès avoir répandu fur la victime des miet-tes d'une pâte salée, on l'égorgeoit ; la troi-sième étoit appellée redditio , quand on enoffroit les entrailles aux dieux ; Sc la qua-trième s'appelloit litatio , lorsque le sacrificefe trouvoit accompli, fans qu'il y eût rien ày redire.

Je ne dois pas oublier de remarquerqu'entre les sacrifices publics, il y en avoitqu'on nommoit sata , c'est-à-dire fixes, im-mobiles, qui fe faifoient tous les ans à unmême jour j Sc d'autres extraordinaires,