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qae loríqu’ils contiennent une juste propor-tion de fer & d'arfenic à la fois ; le cobaltnoir du petit Zell donnoit à la vérité toutseul une assez bonne couleur, mais elle de-venait infiniment plus belle , lorsqu on fai-sait calciner ce cobalt avec un autre cobalttrès-chargé d'arfenic. De plus, M. de Justiassure qu’il ne s'est point encore trouvé jus-qu'ici de cobalt qui ne contînt une portiond'argent, d'où il conjecture que l’argentpourroit contribuer à la couleur bleue queproduit le cobalt. Telles font les idées ré-pandues dans différens mémoires fur le co-balt que M. de Justi vient d'insérer dansses œuvres Chimiques , publiées en allemanden 1760.
J’ajouterai encore à ces faits, que l'on adonné à M. de Montamv , premier maîtred'hôtel de M. le duc d'Orléans , un mor-ceau de cobalt noir trouvé en Espagne, prèsde la ville d'Aranda, dans la vieille Castille.Cette mine de cobalt calcinée ne donnoitque peu d'indice d’arfenic ; cependant M.de Montamy n'a pas laissé d'en tirer un bleude la plus grande beauté qu'il a employédans les couleurs pour l’érnail , dont il vabientôt enrichir le public. Ce cobalt a don-né un bleu très-supérieur à celui des cobaltsde Saxe & des autres pays d'Allemagne.
Dans la ville du célébré Becher, on rap-porte que ce savant chimiste ayant pris dumécontentement des Saxons, les menaça defaire tomber leurs manufactures de safre ,en donnant aux Anglois le secret d’en faireavec du bronze ou de l'alliage métalliquedont on fait les cloches, appellé en angloisbell-metal ; peut-être austì que le hell-metaldont Becher vouloir parler , étoit un miné-ral qu'il savoir contenir du cobalt.
On peut conclure de tous les faits quiviennent d’être rapportés, que la vraie na-ture du cobalt n'est point encore parfaite-ment connue ; que l'on ne connoìt pointtoutes ses mines, & qu'il pourroit y avoirplusieurs maniérés de faire du sa fre. Quoiqu'il en soit, nous allons décrire celle quife pratique à Schneeberg , en Misnie , quiest l'endroit de toute l'Europe où l’on fait laplus grande quantité de safre , ce qui pro-duit un revenu très-considérable pour l'éiec-taur de Saxe & pour ceux qui font intéressésdans ces manufactures.
Tome XXIX.
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Comme les mines de cobalt qui se trou-vent en Misnie lont accompagnées dunetrès-grande quantité de bismuth, on estobligé d'en séparer ce demi-métal, qui don-noit une mauvaise couleur au safre. Pourcet esset, on forme une aire, on y placedeux longs morceaux de bois , le long des-quels on arrange des petits morceaux de boisminces fort proche les uns des autres. Onjette la mine pardessus, on allume le boislorsqu’il fait du vent, & le bismuth qui estaisé à fondre se sépare de la mine.
Nous ne répéterons point ici ce qui a étédit de la maniéré de calciner le cobalt, pouren dégager l'arsenic dont il est abondammentchargé dans la mine ; cette calcination fefait dans un fourneau destiné à cet usage »on étend le cobalt pulvérisé grossièrementsur l'aire de ce fourneau, qui a environ septpiés de long & autant de large. On ne lechausse qu’avec de bon bois bien sec ; laflamme roule sur le cobalt, que l’on remuede temps en temps avec un table de fer ; parce moyen l'arsenic s'en dégage , & il estreçu dans un long tuyau ou dans une che-minée horiíontale. Voy. Varticle Cobalt,& Mines ( travaux des ) : on continue cettecalcination pendant quatre, cinq , six SCmême pendant neuf heures consécutives,suivant que la mine est plus ou moins char-gée d'arfenic. Le cobalt grillé se passe parun tamis de fil de laiton , & l’on écrase denouveau les parties qui n'ont point pu passerau-travers du tamis.
Cependant il faut observer qu'il y a desmines de cobalt qui n'ont pas besoin d'êtrecalcinées, & qui ne laissent pas de donnerde très-bon fifre ; le cobalt noir , dont nousavons parlé, est dans ce cas , vu qu'il ne s’endégage que très-peu, ou même point dutout d’arfenic; alors le travail est plus facile& moins coûteux , puisque l’on épargne lesfrais & le travail de la calcination.
Le cobalt ayant été calciné & pulvérise ,se mêle avec de la potasse bien purifiée Sccalcinée dans un fourneau , pour en déga-ger toutes les ordures 8c les matières étran-gères qui peuvent y être jointes. Voye^f ar-ticle Potasse. On y joint encore des cail-loux ou du quartz calcinés & pulvérisés, &passés au tamis. Pour pouvoir plus facile-ment réduire ces cailloux en poudre, on lesP P P P