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Tome vingt-neuvième.
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cliure en forme de golfe , est nommée Sa- Igaricus jinus par Pline, l. IV, c.xij, Sagaris |s’appelle aujourd'hui le Fagre. (D. J.)

SAGARIUS , f. m. ( Hijì. anc. ) mar-chand de foie on de couverture.

SÁGAT-0 , f. f. ( Hìfi. rom. ) c’est ceque nous appelions berner, faire danser surla couverture : l’empereur Othon s’amusoitdans fa jeunesse à berner les ivrognes qu’ilrrouvoit la nuit dans les rues ; ce fut aussiPamufement de Néron.

SAGDU , f, m. ( Gramm, ) pain qui sefait avec la moelle d'un arbre : on mange lesagdu aux Moluques & en d’autres contréesde l’Orient.

SAGE le, ( Philosophie .) le sage, quelquepart qu’il se trouve, est, comme dit Leibnitz,citoyen de toutes les républiques , mais iln’est pas le prêtre de tous les dieux ; il observetous les devoirs de la société que la raisonlui prescrit ; mais fa maniéré de penser au-deílùs du vulgaire , ne dépend ni de Pairqu’il respire, ni des usages établis dans cha-que pays. Il met à profit Pinstant qu’il tient,fans trop regretter celui qui est passé, ni tropcompter fur celui qui s’approche. Il cultivefur-tout son esprit ; il Rattache au progrèsdes Arts ; il les tourne au bien public, & lapalme de Phonneur est dans fa main. Il faittirer un bon usage des biens & des maux dela vie , semblable à la terre qui s’abreuveutilement des pluies , ôc qui se pénétre deschaleurs vivifiantes dans les jours brillans ôcsereins. Il tend à de si grandes chosos , ditla Bruyere , qu’il ne porte point ses désirsà ce qu’on appelle des trésors, des pos-tes, la fortune, ôc la faveur. Il nevoit riendans de si foibles avantages, qui soit assezsolide pour remplir son cœur , ôc pour mé-riter íes soins. Le seul bien capable de letenter , est cette sorte de gloire qui dcvroitnaître de la vertu toute pure & toute simple ;mais les hommes ne Raccordent guere, & ils’en passe.

Si vous avez quelque goût pour le sage ,Sc que vous aimiez à entrer dans les détailsde fa vie, ôc dans fa façon de penser, l’ai-mable peintre des saisons va vous en fairele tableau.

Le sage , dít-il, est celui qui dans les vil-les , ou loin du tumulte des villes, retirédans quelque vallon fertile, goûte les pîai-

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sirs purs que donne la vertu. Il ne voudraitpas habiter ces palais somptueux , dont 1aporte orgueilleuse vomit tous les matins lafoule rampante des vils flatteurs qui sont àleur tour abusés. Il ne se soucie nullementde cette robe brillante, où la lumière faitréfléchir mille couleurs , qui flotte négli-gemment , ou qui fe soutient par les bandesd’or, pour éviter la peine de la porter. Iln’est pas plus curieux de la délicatesse desmets : un repas frugal , débarrassé d’unvain luxe, suffit à ses besoins , ôc entre-, tient fa santé ; sa tasse ne pétille pas d’unjus rare áfcouteux ; il ne passe pas les nuitsplongé dans un lit de duvet , 5c le? joursdans un état d’oisiveté : mais est-ce une pri-vation pour celui qui ne connoît pas cesjoies fantastiques & trompeuses , qui pro-mettent toujours le plaisir , & ne donnentque des peines ou des momens de trouble ôcd’ennui ì

Loin des traverses ôc des folles espéran-ces , le sage est riche en consentement, au-tant qu’il i’est en herbes & en fruits : il s’af-sied tantôt auprès d’une haie odoriférante ,ôc tantôt dans des bosquets & des grottessombres ; ce sont les asiles de l’innocence,de la beauté fans art, de la jeuneííe vigou-reuse, sobre, & patiente au travail. C’est-làqu’habite la santé toujours fleurie, le travailfans ambition , la contemplation calme, ôcle repos philosophique.

Que d’autres traversant les mers courentaprès le gain ; qu’ils fendent la vague bouil-lonnante d’écume pendant de tristes mois ;que ceux-ci trouvant de la gloire à veríer lesang , à ruiner les pays ôc les campagnes,fans pitié du malheur des veuves, de la dé-solation des vierges, & des cris tremblansdes enfans ; que ceux-là loin de leurs terresnatales , endurcis par l’avarice , trouventd’autres terres sous d’autres cieux; que quel-ques-uns aiment avec passion les grandesvilles, où tout sentiment sociable est éteint,le vol autorisé par la ruse, & l’injustice lé-gale établie ; qu’un autre excite en tumulteune foule séditieuse, ou la réduise en escla-vage ; que ceux-ci enveloppent les malheu-reux dans des dédales de procès, fomententla discorde, ôc embarrassent les droits de 1ajustice. Race de fer ! Que ceux-là avec un} front plus sérein, mais également dur, cher-