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client leurs plaisirs dans la pompe des cours& dans les cabales trompeuses ; qu'ils ram-pent bassement en distribuant leurs sourisperfides , & en suivant le pénible labyrinthedes inrrigues d’état. Le sage libre de toutesces passions orageuses , écoute , & n'entendqjie de loin & en sûreté, rugir la tempête dumonde , & n'en sent que mieux la paix dontil est environné, La.chûte des rois, la fureurdes nations, le renversement des états , n'a-gitent point celui qui dans des retraites tran-quilles & des solitudes fleuries , étudie lanature & fuit íà voix. Il l'admire, la con-temple dans toutes ses formes, accepte cequ'elle donne libéralement , ôc ne désirérien de plus.
Quand le printemps réveille les germes ,Sc reçoit dans son sein le soufle de la fécon-dité , ce sage jouit abondamment de ses heu-res délicieuses ; dans l'étc, fous sombre ani-mée , & telle qu'on la goûte dans le fraisTempé, ou fur le tranquille Némus, il h t ceque les Muses immortelles en ont chanté ,ou écrit ce qu'elles lui dictent ; son oeil dé-couvre , & son espoir prévient la fertilité dei'année. Quand le lustre de sautomne doreles campagnes, & invite la famille du la-boureur , saisi de la joie universelle, ioncœur s'enfle d’un doux battement ; environ-né des rayons de la maturité, il médite pro-fondément , & íes chants trouvent plus quejamais à 1 exercer. L'hiver sauvage mêmeest un temps de bonheur pour lui : la tem-pête formidable & le froid qui la fuit, luiinspirent des pensées majestueuses : dans lanuit les cieux clairs Sc animés par la geléequi purifie tout, versent un nouvel.éclatíur son œil serein. Un ami, un livre , fontcouler tranquillement ses heures utiles ; lavérité travaille d’une main divine fur ionesprit,, éleve son être, & développe sesfacultés ; les vertus héroïques brûlent dansíbn cœur.
Il lent auffi l'amour & l’amitié ; son œilmodeste exprime sa joie ; les embrassemensde ses jeunes en fans qui lui sautent au cou& qui désirent de lui plaire, remuent soname tendre & paternelle ; il ne méprisepas la gaiété, les amusemens, les chants &les danses ; car le bonheur & la vraie philo- jsojphic sont toujours sociables, & d'une ami- jdessoudante. C’cst-là ce que les vicieux n'ont |
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jamais connu ; ce fut ia vie de l'homme dansles premiers âges fans corruption, quand lesanges, & Dieu même, ne uédaignoient pasd'habiter avec lui.
Ajouterai-je pour terminer le tableau dasage , la peinture qu'en a faite un de nospoëtesd'aprèsces versd'Horace, impavidumsérient ruince.
Le sage , grand comme les dieux ,
EJî maître de f s des tuées ,
Et de la fortune & des cieuxTient les puissances enchaînées ;
Il régné absolument sur la terre &• fur Fonde;
II commande aux tyrans ; il commande au.trépas ;
Et s’il voyoìt périr le monde ,
Le monde en périssant ne Vétonnerait pas.
( Xe chevalier de Jaucourt.)
Sages , ( Littérature. ) nom fous lequel lesGrecs désignoient en général les Philoso-phes , les Orateurs, les Historiens, & lesautres Savans de toute espece. Pythagoresentit le premier que le titre de sage étoittrop .fastueux ; il prit celui de philosophe ,qui signifie ami de la sagesse. La doctrinedes sages , si on en excepte Thaïes, quicultivent déja la Physique & l’Astronomie ,íè bornoit à des sentences ou maximes pourla conduite de la vie ; du reste , ni íystê-,me, ni école formée, ni contradicteurs.{D. J.)
Sages-grands , ( Gouv . de Venise.) il ya six sages-grands , ainsi nommés à V enife ,parce qu’ils manient les grandes affaires dela république, & que pour cela, on supposequ'ils ont plus de sagesse & d’expérience quele commun des nobles. Ils examinent entreeux les affaires qui doivent être portées au sé-nat, & les lui proposent préparées & digérées;leur pouvoir ne dure que six mois. On ap-pelle sage de la semaine , celui qui à chaquesemaine reçoit les mémoires & les requêtesqu’on présente au college des sages-grands ,pour les proposer au sénat. Il y a encore cinqsages de terre ferme: leur.fonction est d'assi-ter aux recrues des gens de guerre, & de lespayer. On les traite d ‘excellence comme lesautres ; il y a de plus le conseil des dix sages,j C'est un tribunal où l'on estime , & où l'on| taxe le bien des particuliers, lorsqu'il se fait