Band 
Tome vingt-neuvième.
Seite
678
JPEG-Download
 

678 $ A G

ae fécule destechée qu’on tire dans les indesorientales , de la moelle d’une efpece depalmier nommé \agu. Voye{ Zagu. Cespalmiers lont aussi communs dans les Indesque les grameus en Europe. __

Les habitans , après avoir coupé l'arbre -le fendent par le milieu en cylindre , ôc entirent toute la moelle dont il est plein. Ilshachent cette moelle jusqu'à ce qu’elle soitréduite en poudre dans un sas qu’ils poíèntfur une cuvette ; à mesure qu'il est plein , ilsl'arrosent d'eau , & l'eau, en dégageant lamoelle farineuíe d'avec l'écorce du bois,tombe dans la cuvette par une rigole où ellese dégorge en laissiant son marc au fond. Cemarc étant sec , imite la farine, Ôc c'en esteffectivement. Les habitans en font une pâteavec de l'eau, & cuisent cette pâte dans desvases de terre pour leur nourriture. (D. J.)

Additions à 1 ‘article que don vient de lire .

C'est du tronc de certains palmiers que setire le sagou ; c’est la moelle de ces arbres ,qui font creux & remplis de cette grossie fa-rine , avec laquelle on fait le pain de Jagou ,ôc divers autres alimens.

Quand ces arbres parodient avoir pristout leur accroissement, qui est ie temps oùleur moelle est la plus farineuíe ; on en faitl’épreuve en perçant le corps de l'arbre ,d'où l'on tire un peu de la moelle, que l'ondétrempe avec de l'eau dans la main ; si l'onvoir qu'elle fe distolve en mucilage fans dé-poser de fécule blanche , on juge que lamoelle est plus gommeuse que farineuíe, &qu'elle n'est pas encore dans fa maturité.

Si au contraire elle est pleine de filandresqui ne se dissolvent pas, c'cst qu’elle fe passe,c'est que l'arbre est trop vieux ; alors lamoëi'e contient peu de farine.

Enfin, on connoît que la moelle est prisea propos, qu'elle contient bien de la farine,íì la diííòlucion qu'on en fait est blanche,& s'il s'en dépoíe beaucoup de fécule dansla main : en un mot, il faut prendre cettemoelle la plus farineuse , & par conséquentla moins gommeuse, & su r-tout la moinsfiiandreule qu'il est possible.

Lorsqu'elle est dans cet état, 011 abatl’arbre en le coupant par le pié : puis on lefend en morceaux, ôc l'on en détache aussi-tôt !a moelle. Ensuite on en prépare le sagouc r. Le battant dans l'eau ; on y verse peu-à-

S A G

I peu de l’eau, tant qu'el'e en reforte blanche.Enfin on coule cette diíïblution en pressant.

Il íe dépose au fond du vaisseau dans le-quel on l'a reçu , une fécule qui est la farinedu sagou , qu’on nomme sagou menta.

Ce qui reste est une efpece de son , dontqn nourrit les bestiaux ; on nomme éla ceion de sagou.

On verse à clair l'eau qui surnage la fé-cule , & on la ramaílè. Pour que ce sagounouveau ne se gâte point en s’échauffant,on l'arroíe quelquefois d'un peu d'eau froide,ou bien on le fait lécher pour le conserver,

_ Au contraire, on ne le fait point sécher,ni on ne l'arroíe , lorsqu'on n'en veut pointfaire du pain : on le laisse un peu fermenteravant de le faire cuire en pain.

C'est dans de petits vaisseaux de terrequ'on a coutume de les faire cuire , soit aufour , soit dans le feu. Ces vaisseaux fontquartés & de grandeurs différentes, selonles divers pays. Ils font partagés en cassis,ou ce font des moules isolés & détachés lesuns des autres.

On fait aussi cuire le pain de sigou fur desplatines ou fardes pierres, comme l’on taitíe pain de caflàve. Le pain de sagou se nom-me sagou meruca ; c'est la nourriture com-mune dans les Indes, comme le pain de blél'est en Europe.

On varie de bien des façons d’fférenres,dans les différens pays, la fabrication du pain

I de sagou. Dans quelques endroits, on faitlécher au soleil le sagou menta avant d'enI composer du pain ; Ôc après l'avovr fait sé-cher ainsi, on !e met en farine, qu'on tainiícjusqu a trois fois.

Si l'on fait griller la moelle de palmiertelle qu'elle est, ou après l’ávoir mouilléeseulement avec de l’eau , elle est bonne àmanger. Il y en a qui la réduisent en pondre,après l’avoir ainsi grillée, & ils la mêlent encet état avec le Jagou menta , pour faire lepain ; ce qui donne au sagou meruca , ou painde Jagou, une couleur brune, & un petitgoût de rôti qui n’est pas déíìigréable. Oubien après avoir trempé dans de l'eau lamoelle du palmier , on la met sécher dansla cheminée. On la conserve après l’avoirainsi fumée ; ôc dans le beíoin on la mangegrillée , ou bien on la fait entrer dans íacomposition du pain de Jagou.