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Ost volt avec peine YViUis , cet hommede génie fait pour prescrire des lois en Mé-decine , fait pour découvrir , le soumettreaveuglément aux leçons de Botal, conseil-ler la saignée contre presque routes les ma-ladies : fere totam Pathologiam , de phleb.pag. iji. Il fut repris vivement peu detemps après íà mort , par Luc - AntoinePortius, qui combattit à Rome , en 1682.,ce sentiment des galénistes , trop répandusdans cette ville , par quatre dialogues où ilfaiíoit entrer en lice Erasistrate & Vanhel-mon , contre Galien & VVillis. Quoique cegenre d’ouvrage soit peu fait pour les fa van s,par le tas de mots dont on est forcé de noyerles choses, ils méritent d’êrre lus par ceuxen qui la fureur de .verser du sang n’a puêtre éteinte par l’observation & les malheurs.On y trouve beaucoup de jugement de lapart de fauteur , qui appuie son sentimentpar une apologie de Galien , dans laquelleil excuse ingénieusement ce grand homme ,en combattant ses sectateurs avec des ar-mes d’autant plus foi tes , qu’il démontreque ceux-ci ont outré la doctrine de leurmaître , & cfautant plus raisonnables,
■ qu’il prend pour son principe cette véritéappliquable à tous les moyens de guérison,qu’il vaut beaucoup mieux pécher par dé-faut que par excès, & que ceux qui ^in-terdirent absolument la saignée , font unefaute bien au-deísous d: celle que commet-tent ceux qui la pratiquent contre tous lesmaux.
On vit au milieu de ces disputes , s’éle-ver un homme savant , plein de génie,Bellini , qui voulant à l’excmple de Scali-ger, appliquer les mathématiques à la Mé-decine , tomba par des erreurs de calcul,ou des fausses suppositions , dans les para-doxes les plus étranges. Il mit au jour , en16^; , son Traité de la saignée , qui con-tient onze propositions , avec la réponle& les preuves. Nous ferions tort à ^his-toire de la saignée , si nous passions soussilence ces maximes qui ont entraîné leíuffrage d’u n grand nombre de savans mé-decins , Sc donné lieu aux disputes les plusvives.
Le sang, soson Bellini , coule avec plusde rapidité pendant la saignée dans l’arterequi correspond à la veine ouverte, & en s’yTome XXIX.
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portant . Ce qu’il appelle dérivation , il quitteles vaisseaux éloignés, ce qu’il nomme ré-vulsion. Après la saignée , la dérivation & larévulsion sont moindres que pendant 1 e-coulement du sang , & enfin s’évanouissent.On doit saigner dans les inflammations, lesrameaux qui ont la communication la pluséloignée avec la partie malade , pour nepoint attirer le sang sor celle-ci. La saignéerafraîchît & humecte par s évacuation qu’cl-le produit ; elle échauffe & dessèche au con-traire, lorsqu’elle rend au sang trop gênéun mouvement rapide. Elle doit être miseen usage dans toutes les maladies où le sangest trop abondant, où il faut en augmenterla vélocité, rafraîchir, humecter, résoudreles obstructions, ou changer la nature dusang ; la saignée en augmente la vélocité. Ilseroit plus avantageux d ouvrir les altérés,que les veines dans le cas où la saignée estindiquée ; la crainte des accidens doit yfaire suppléer par tous les autres moyensque la Médecine a en son pouvoir , telsque les scarifications, les sang-sues , les li-gatures , &c. les évacuans quelconques peu-vent tenir lieu de la saignée. Le temps leplus sûr pour tirer du sang est le déclin de lamaladie. On voir dans tout cet ouvrage ungrand homme , prévenu de certains senti-mens, qu’il soutient avec la vraisemblanceque le génie sait donner aux maximes lesplus faustès. Quelque erronnées que parois-lent la plupart de ces propositions, elles onteu , comme nous savons dit, d’illustres dé-fenseurs , parmi leíquels on doit compterPircarn, ce célébré médecin , dont il seroità souhaiter que les élémens de médecinefussent physico-pratiques , au lieu d'êtrephysico-mathématiques : il étoit trop liéavec Bellini de cœur & de goût, pour ne pasfêtre de sentiment.
De Heyde fut un adversaire redoutablede Bellini, il opposa f expérience aux cal-culs , il s’attacha ainsi à combattre fa doc-trine par les armes les plus fortes. Le recueilde ses expériences parut trois ans après letraité de ce dernier, c’est-à-dire en 1686 ,& fut fans réplique. M. de Haller a publié70 ans après des expériences qui confirmentcelles de de Heyde.
L’histoire du xviij siecle présente des faitsd’autant plus intérestàns, qu’ils font le ter-S slT