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suchs & Cardan. Un tïès- petit nombreembrassa le sentiment de Nicolas le Flo-rentin j qui vivoit au quatorzième siecle ;il crut qu’il étoit indifièrent d’ouvrir Puneou l'autre veine ; i'évacuation feule lui pa-roissoit mériter l'attention des Médecins.
Céraste des Grecs devenant toujoursplus familière , les Arabes tombant dans lediscrédit, le plus grand nombre des méde-cins se rangea du parti des premiers. Briísotremporta une victoire presque completteaprès fa mort. Rondelet, Craton , Valois,Argentier, kernel, Houllier, Duret, toutel’école de Paris qui l’avoit persécuté , luirendit les armes. U y eut même des parti-sans outrés. Martin Akakia soutint dans lachaleur de Penthousiasme, quePopiniondesArabes avoit tué plusieurs milliers cPhommes;celui-ci trouva cependant encore d’iilustresdéfenseurs.
Scaliger voulant parer les coups, acca-blans pour-lors, de Pautorité , chercha lepremier à prouver par les lois de Phydrauli-que, qu on devoir saigner du côté opposé àcelui qui étoit affecté. Toutes ces sectesmontroient, comme il n’est que trop ordi-naire aux disciples des grands hommes,plus d opiniâtreté dans le sentiment de leursmaîtres, que de raison & de bonne foi. Ja-mais Hippocrate & Avicenne n’auroientdisputé avec tant de chaleur , sur un pointqui nous paraît à présent peu important. Ilétoit bien plus essentiel de déterminer les cas' où on devoir tirer du sang , & jusqu’à quelpoint.
L'ouvrage de Botal donna Pallarme à cesujet. Il poussa dans ion traité, de curationeper sanguinis mijsionem , imprimé pour lapremiere fois en 1581 , Pabus de la saignéeà un excès qu’on ne peut se persuader. Envoulant trop prouver , il ne prouva qu’unechose, c’est que Pesprit & Péloquence peu-vent en imposer à ceux , qui destitués de^expérience , ne font pas un usage aflèzgrand de leur raison. Il avança que dans lacacochymie, Phydropisie, les fievres quar-tes invétérées , les indigestions, les diar-rhées , les suppurations intérieures , S-c. lasaignée étoit le grand remede. Il oia s’étayerdes passages d’Hippocrate tronqués, choisisdans ses œuvres supposées. 11 comparait lesveines à un puits, dont Peau étoit d’autant
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meilleure , quelle étoit plus souvent tenon-vellée. Bonaventure Grangier , médecin dela faculté de Paris , Pèle va avec un grandsuccès contre Botal. Cette faculté le con-damna authentiquement, lorsque son traitéparut ; & cependant il l'entraîna après famort dans la plus grande partie de ses idées.Elle oublia les lois qu'Hippocrate, que C elfe,Galien même, &c, avoient établies, auxquelsles kernel, les Houllier , les Duret s’étoientsoumis. (Ce dernier disoit familièrementqu’ii étoit petit seigneur. ) On la pratiquaavec une fureur qui n’est pas encore éteinte,contre laquelle on a vu successivement s’éle-ver de bons ouvrages , & faire des effortsimpuistans. La saignée qu’on n’osoit faire,au rapport de Pasquier, une seule fois qu’a-vec de grandes circonspections , fut prodi-.guée. La faine partie a lu conserver ce milieuqui est le siégé de la vérité ; mais plusieursont été entraînés par le préjugé & le mau-vais exemple.
La découverte de la circulation du sang,publiée en 162.8 par Harvée , sembloit de-voir apporter un nouveau jour sur une ma-tière qui y avoit autant de rapport ; maismais elle ne servit qu’à aigrir, qu’à aug-menter les disputes. Il y eut de grands dé-bats à ce sujet, au milieu du siecle dernier,qui produisirent une foule d’ouvrages, laplupart trop médiocres pour if être pas tom-bés dans Poubli : on donna des deux côtésdans des excès opposés. Il en fut qui sou-tinrent qu on pouvoit perdre le sang com-me une liqueur inutile : tel fut ValeriusMartinius ; pendant que tPautres, tels queVanhelmont, Bontekoë, Gehema&Vul-pin , prétendoient qu’il n’étoit aucun casoù on dût saigner : thèse renouvellée de nosjours.
Ces excès n’étoient point faits pour en-traîner les vrais observateurs ; Sennert,Bison , Riviere , Bonnet, Sydenham , sui-virent Pancicnne méthode , & furent mo-dérés ; quoiqu’on puisse reprocher au der-nier quelques choses à cet égard , &c no-tamment loríqu’il conseille la saignée dansPasthme , les fleurs blanches, ía passionhystérique , la diarrhée en général, & spé-cialement celle qui survient après la rou-geole , où il paraît la pratiquer plutôt parroutine, que par raison ou par expérience.