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bous nous croirions fondés fur le calcul,que nous établirions peut- être , comme tantd’autres, notre édifice fur de fausses suppo-sitions, que nous oublierions que tous lesproblèmes de cette science n’ont pas été ré- •folus, & que la plupart des causes particu-lières qui meuvent les fluides dans ranimaivivant, nous est inconnue.
Le long détail historique que nous avonsdonné, nous dispense de l’ennui des cita-tions ; après avcftr vu les Médecins perpé-tuellement en contradiction entr’eux, ouavec eux - mêmes, leur autorité toujoursbalancée ne fauroit être pour nous d’aucunpoids, lorfqu’ils Rapporteront pas des expé-riences claires, précises, concluantes. Nousfaisant gloire de secouer à cet égard toutpréjugé, c'est à cette même expérience & auraisonnement le plus simple à nous conduire,&c à amener les conséquences pratiques quenous verrons dans la derniere partie.
Si j’ouvre un vaisseau sanguin , veineuxou artériel, peu importe, dans lequel lacirculation ne soit gênée par aucune ligature,le sang qui ( conformément au mécanismede tous les animaux ) est resserré dans sesvaisseaux, qui est toujours prêt à s'échapper,profite de cç nouveau pastage, & s’écouledans une quantité proportionnée à la pres-sion , au mouvement qu’il essuie, à fa flui-dité , & à l’ouverture, au calibre du vaisseau.Le jet fera sosíentravec la même force, oudiminuera^insehsiblement, si le vaisseau estveineux : il ira par bonds , s'il est artériel.On conçoit aisément, d'après les lois de lacirculation , que l'un & l'autre jets suiventle mouvement imprimé par le cœur, immé-diatement dans les artères , & modifié parl’action des muscles 8c des vaisseaux capil-laires dans les veines ; on sent aussi que laplus grande partie du sang qui sort par l’ou-verture , est fournie dans les artères par lecourant qui est entre cette ouverture 8c lecœur, dans les veines entre elle &c les extré-mités.
Lorsque le vaisseau ouvert est mince, juf-qu’à un certain point, le sang ne peut sortirque goutte-à-goutte ; la même chose arriveraà un gros vaisseau, si l’ouverture est très-pctite ; mais si elle est aussi grande que lecalibre de ce gros vaisseau, la colonne deíàng qui se présenté à la circulation, se par-
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ragera en deux portions inégales; Lune sui-vra le cours naturel, l’autre s’échappera parla plaie. Cette seconde sera plus considérableque la premiere , parce que le sang n’aurapoint à vaincre la résistance que présente lacolonne de sang contenue dans les veinesentre le cœur & la plaie , dans les artères,entre cette derniere &c les extrémités. Si aucontraire cette ouverture est plus grandeque le calibre du vaisseau, le sang resserré ,comme nous l’avons vu , cherchant à Ré-chapper , se jettant avec précipitation dansl’endroit où il trouve le moins d’obstacles ,accourra des deux côtés de la veine ou del’artere, les deux colonnes de sang se heur-teront par des mouvemens directs & rétro-grades , pour sortir par la plaie. Quoique lemouvement direct soit toujours le plus fort,il n’empêchera pas que la colonne rétro-grade ne fournisse à î’évacuation, plus ou-moins, suivant la grandeur de l’ouverture..C’est cette expérience faite par de Heydecontre Bellini, que M. de Hailer a répétéeune multitude de fois, de différentes ma-niérés , qui serf de base à la théorie que cedernier donne de la saignée.
Pendant que le sang s’écoule, il arriveque la colonne de sang qui vient immédia-tement du cœur dans les artères, qui estobligée de traverser les vaisseaux capillairespour remplir les veines, rencontrant moinsd’obstacles, à raison de 1 augmentation desorifices par lesquels elle doit s’échapper »accéléré son mouvement. Les vaisseaux col-latéraux , en comprimant le sang qu’ils con-tiennent, en cherchant à rétabîir.l’équilibre,envoient une partie de ce sang dans le vais-seau où il éprouve le moins de résistance.Mais ( ce qu’il est très-important de remar-quer ) le vaisseau ouvert contient moins desang, ses parois sont plus rapprochés qu’ilsn’étoient avant la saignée ; & quoique dansun temps donné, il s’éocule à - travers levaisseau , une plus grande quantité de sang ,l’augmentation, loin d’être supérieure à la.perte, lui est toujours inférieure, par lefrottement qui y met un obstacle, la forced’inertie, & le temps nécessaire pour qu’ilparcoure l’efpace compris entre le lieu d’oìfil part, & l’ouverture du vaisseau. Bientôtce mouvement se communique des vaisseauxcollatéraux x successivement à tons ceux qui