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Tome vingt-neuvième.
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parcourent le corps, sanguins, séreux, bi-lieux, &c. mais d’autant plus faiblement,dans un espace de temps d’autant plus long,qti’sts íont plus éloignés, plus petits, &plus hors du courant de la circulation dulàng contenu dans les vaistêaux qu’on éva-cue , ou dans ceux qui y correspondent im-médiatement.

Cet afflux de sang augmenté pendant lasaignée dans le vaisseau ouvert, a été appellepar les Médecins dérivation ; cette diminu-tion de la quantité de íang contenu dans lesvaistêaux les plus éloignés, qui vient se ren-dre au lieu ouvert, ou qui coule en moindrequantité dans cette partie éloignée, parcequ’il faut que le cœur fournifle davantageau vaisseau le plus vuide , parce que le íangíe jette toujours du côté de la moindre résis-tance , Rappelle révulsion, Jusques-là tousles Médecins font d’accord entr’eux de ceteffet pendant la saignée fans ligature ; maiss’ils apprécient la quantité de la dérivation& celle de la révulsion, on les voir íe parta-ger. Les uns, avec Bellíni Sc Sylva , pré-tendent que le vaisseau ouvert est plus pleinpendant la saignée qu û ne l’étoic avant ; quela révulsion est d’autant plus grande que levaisseau est plus éloigné. Les autres, avecMM. Senac Sc Quesnay, appel la nt à leurappui toutes les lois de l’hydraulique, toutesles lumières de la raison 8c i’expérience mé-dicinale , conviennent que dans un tempsdonné, il circule une plus grande quantitéde sang dans le vaisseau ouvert, pendant lasaignée , qu’avant ou après ; mais que levaistèau resserré contient réellement unemoindre quantité de sang, qui circule plusvîte. Ils insistent & prouvent que la révulsionest d’autant moindre , qu’elle se fait dansune partie plus éloignée. Us se rient de ceuxcjui voulant ralentir & diminuer l’eau quis’écoule par un canal qui répond à un bassincommun, vont chercher le point le pluséloigné pour y faire une ouverture, Sc crai-gnent qu’en doublant le diamètre de cecanal, dont feutrée ne varie point, ils n’yattirent un débordement.

Voilà ( si nous ne nous trompons) le fondde ces disputes vives & intéressantes, agitéeseutre de grands hommes armés de calculsles uns & les autres !ur la dérivation & larévulsion, dans lesquelles on est étonné que

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la préoccupation ait étouffé la raison la plussimple & la plus naturelle , au point de voirdes hommes respectables recourir à des ex-plications forcées, admettre íans cestè defausses suppositions pour accommoder &expliquer, par leurs systèmes, des expérien-ces qu’ils ne pouvoient révoquer en doute,& qui les accabloient : tel que l’avantagede la saignée à la jugulaire dans les pléthoresparticulières de la tête , qui causent des cé-phalalgies. Nous aurons lieu d’examiner cetobjet plus en détail ; passons aux autres effetsde la saignée

Si le sang coule goutte - à - goutte , il seformera peu-à-peu sur les bords de la plaieun caillot, par l’application & la coalitionsuccessive de la partie rouge du íang épais-sie , desséchée par le défaut de mouvement& le contact de l’air. Ce caillot, observé siconstamment par M. de Haller, arrêteral'hémorragie, collera les bords de la plaie,Sc enfin laistera voir la cicatrice par fachute. Cette cicatrice resserrera le vaisseau,en diminuera le diamètre dans l’endroit oùelle íe trouvera placée , à moins qu’il nesurvienne à l’artere un anévrisme auquel laforce & l’inégalité du jet donneront lieu ,en dilatant les membranes assoiblies par laplaie, en empêchant k réunion de la plusintérieure : ce qu’on peut prévenir par lesmoyens détaillés, lorfqu’il a été question desaccidens qui peuvent suivre la saignée. Voy.Anévrisme.

Si on enleve le caillot avant la réunionde la plaie , & que le vaisseau soit considé-rable, les symptômes précédens íe renou-velleront , le saigné tombera en défaillance,la circulation sera interrompue dans tout !ecorps, & ^hémorragie arrêtée par ce nouvelaccident. Ce dernier effet fera d’autant plusprompt, que le sang coulera en plus grandequantité dans un temps donné. II fera dû àl’état des vaisseaux sanguins & du cœur,qui n’étant pas remplis au point nécessairepour la propagation du mouvement, sus-pendront leur action , jusqu’à ce que la na-ture effrayée ranimant ses forces, faste res-serrer le calibre de tous les vaisseaux , &soutienne cette compression du sang néces-saire à la vie. Si alors le sang s’échappe denouveau , le caillot à la formation duqueila défaillance donne lieu, ne s'étant point