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Tome vingt-neuvième.
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S A I

du íang n etant jamais subitement & totale-ment arrêté par aucune ligature dans toutesles artères d'un membre , il arrive toujoursun engorgement sanguin au-delsous de laligature, qui pour être bien faite , doit êtreserrée de maniéré à interrompre la circula-tion dans les veines, & à ne la ralentir quefaiblement dans les artères : dans cet état lesveines s’enflent. Si alors on fait une ouver-ture plus large que le diamètre du vaisseau,comme il est ordinaire, tout le sang quiauroit dû retourner au cœur par la veineouverte, s’écoulc par la plaie ; il s’y jointune partie de celui qui cherche inutilementun passage par les autres veines, & qui sedébouche par fendrait où il rencontre lemoins d'obstacles.

La quantité de sang qui sort dans un tempsdonné d'une veine du pli du coude, ouverteavec une ligature au-dessus, est donc supé-rieure à celle qui coulerait pendant le mêmetemps dans le vaisseau ouvert. On peut dé-valuer au double , fi f ouverture de la veineest égale à son diamètre ; mais elle est debeaucoup inférieure à celle du même sang,qui s'écouleroit par la fomme^de toutes lesveines du bras. Il arrive donc alors qu’ilcircule moins de sang dans les artères bra-chiales , dont le diamètre est diminué parla compression de la ligature , dont le sangrencontre plus d'obstacles dans ion cours ,Lc moins d'écoulemens ; ce qui est contraireà ce que nous avons observé dans f effet dessaignées fans ligature. Le sang ne viendrapas non plss par un mouvement rétrograde,se présenter à déroulement ; mais la veineouverte recevant toujours du sang, n’enrenvoyant jamais au cœur , lailsera désem-plis tous les vaisseaux veineux qui font pla-cés entre la plaie & le cœur. La défaillanceque produira leur affaissement, s'il est pouffetrop loin , exigera de la nature & de fartles mêmes efforts, que nous avons vu né-ceffaires dans les saignées fans ligature. Cettedéfaillance survient communément aprèsla perte de dix ou quinze onces de sang.Quelquefois cependant la frayeur la pro-duit plutôt. Si elle survient aux premieresonces, fans que les causes morales y aientaucune part, on peut assurer qu’elie a étéfaite mai-à-propos.

Par les réglés que nous avons établies,

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J que îe seul bon sens nous paraîtrait démon-trer , quand même le calcul & ^expériencene s’y joindraient pas, il est aisé de conclureque la saignée & la ligature produisent deuxeffets opposés ; que l’une accéléré le coursdu sang, que f autre le retarde ; que la pre-mière détruit en partie f engorgement auquella derniere a donné lieu,; & que comme lessaignées se font presque toutes avec une liga-ture , comme f accélération du sang pro-duite par la saignée est inférieure au retardque celle-ci y met, il en résulte un effetopposé à celui que soutenaient Bellini &Sylva, que les artères apportent moins desang pendant la saignée à favant-bras , &»conséquemment à toutes les parties voisinesavec lesquelles il est lié par la circulation ,qu'elles n'en apportoient avant, qu'ellesn J en apporteront, lorsque la ligature ôtée ,le cours du sang étant devenu libre & égal,chaque vaisseau verra paffèr une quantité desang proportionnée à son diamètre , & auxforces qui le font circuler dans son centre.

Les effets de la saignée du pié font à- peu-plés les mêmes par rapport à cette partie,que ceux de la saignée du bras, par rapportà la main & à favant-bras. Les artères ontl'avantage d'être plus à l'abri de la compresiíìon ; mais le lave-pié en fait la plus grandedifférence. Ce lave-pié qui mérite une placedistinguée parmi les remedes les plus effica-ces , qui est nécessaire dans quelques caspour augmenter l'afflux du sang dans les ex-trémités inférieures , en remplir les veines,Sc porter un relâchement humide dans toutle corps, souvent plus avantageux que laperte d'une livre de sang, a fait attribuer àla révulsion futilité de la saignée du pié dansles maladies de la tête , & a été le principede toutes les erreurs, de toutes les contra-dictions qui ont été publiées à ce sujet. Nousavons vu ce lave-pié guérir dans un quart-d’heure ; comme par enchantement, unhomme robuste , au milieu de son âge,sanguin, accablé par une violente douleurde tête, fans sievre, à qui on avoir tiré,lans le moindre soulagement, une livre desang du bras ; il lui survint immédiatementaprès ce lave pié, une multitude de furon-cles aux jambes, f épiderme de tout le corpsse leva par écailles, Sc le malade fut guérisens autre remede, sens rechute. Si la

sephéne