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Tome vingt-neuvième.
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effets de ia saignée , faite avec ou fans liga-ture , à Partere ou à la veine d’un hommesain , par des ouvertures plus grandes quele diamètre des vaisseaux , égales ou infé-rieures. Nous nous flattons de if avoir suivique Inexpérience & le raisonnement le plusnaturel ; d nous reste à examiner íes effetsdans les différentes maladies. Pour ne pointtomber dans des répétitions ennuyeuses,nous ne nous en occuperons, qu’en parlantde Pufage. II nous paroît aisé de tirer despr'ncipes précédens, les conséquences quidoivent conduire dans la pratique de la mé-decine. Nous tâcherons de le faire avec aussipeu de préjuges, &de comparer notre théo-rie avec Pobíervation-pratique , qui peutfeule être notre code, & la pierre de touchepropre à décider du vrai ou du faux de no-tre théorie ; mais pour nous conduire & en-traîner notre jugement , Inobservation nedoit être , ni vague , ni rare ; elle doit êtreconstante , fixe Sc décidée ; tâchons de latrouver telle.

Usage de la saignée. U est peu de remedesdont on faste un usage auíïì grand, que dela saignée ; il en est peu fur lequel les Mé-decins aient autant varié , comme nousPavons fait voir , en traçant le sentimentde ceux même qui se sont le plus illustréspar leur science. Leurs oppositions & leurserreurs nous font craindre un fort sembla-ble , & de donner dans les écueils qui íeprésentent de toutes parts fur une mer fa-meuse en naufrages. Nous essaierons de sup-pléer par notre bonne foi, aux lumières dela plupart de ceux qui ont traité ce íujetimportant.

Pour développer à fond l’usage de lasaignée , il faudroit descendre dans le détailde toutes les maladies , & même dans leursdifférens états. Ce champ íeroit trop vaste :obligés de nous resserrer , nous verrons lesmaladies fous un autre jour , nous recher-cherons , i °. les indications de la saignée ;ì°. les contre-indications ; 3 0 . le temps dela faire ; 4 0 . le choix du vaisseau ; p°. laquantité de sang ; 6°. le nombre des saignéesquson doit faire. Mais avant que de suivreces points de vue, élevons-ncus contre deuxabus plus nuisibles s/Phumanité, que lasaignée faite à propos ma jamais pu lui êtreuçle ; abus d autant plus répréhensibles,

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que quoique très-communs, ils ne font fon-dés que fur une aveugle routine , hors d’étntde rendre raison de fies démarches. Ces abussont les saignées prophylactiques ou de pré-caution, Sc celles quson fie c toi t indiípenfa-blement obligé de faire précéder les médi-camens évacuans.

La plupart des bonnes femmes 8c quel-ques médecins, ignorant les efforts, les res-sources de la nature, pour conserver l'écono-mie animale, & en rétablir les dérangemens,íe flattent de trouver dans la Médecine dessecours d'autant plus efficaces , qu ils íontappliqués plus promptement. Parmi ces se-cours ils donnent le premier rang à la saignée.Croyant voir par-tout un sang vicié ou tropabondant, qustl faut évacuer au moindresignal, dans la crainte de je ne fais quellesinflammations , putréfactions , &c. ils leversent avec une profusion qui prouve qu’ilssont incapables de soupçonner qu'en enle-vant le sang, ils détruisent les forces néces-saires pour conserver la santé , ils donnentlieu à des stases , des obstructions, au dé-faut de coction , aux maladies chroniques,& à une vieillesse prématurée. Saigner est ,selon eux, une affaire de peu de conséquen-ce , dont tout homme raisonnable peut êtrejuge par sa propre sensation , dont il estdifficile qu J il mésarrive. On diroit que ré-formateurs de la nature, ils lui reprochentfans cesse d’avoir trop rempli leurs vaisseauxde sang. Tant que le saigné par précautionjouit de toutes les forces dffin âge moyen ,il s’apperçoit peu de ces fautes ; mais bien-tôt un âge plus avancé Pen fait repentir , Silui interdit un remede qssil n’auroit peut-être jamais dû mettre en usage fur lui-mê-me. Ces maux sont encore plus évidensdans le bas-âge, ou lorsque Pensant est con-tenu dans le ventre de sa mere. On ne peutfe dissimuler qnT.n grand nombre d'enfansdont la santé est faible , doivent leur mau-vais état, aux hémorragies, au x saignées ouautres remedes de précaution que leurs me-res ont souffert dans leur grossesse ; & ce-pendant une femme du monde croirait fai-re tort à sà postérité , si elle ne faisoit pen-dant ce temps , à la plus légere indisposi-tion ou sans cela , une suite de remedes.Souvent on ne s'apperçoit pas des maux quesemblables foins ont produits z nous croyons