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Tome vingt-neuvième.
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mime qa’ìls ont été utiles Sc nécessaires :mais il n’est que trop commun de voir ungrand nombre de maladies , devenues plusterribles par Rabattement des forces ; Scdes accouchemens prématurés, par l'enle-vement du fluide qui donne le jeu à toute lamachine. Et quand il n'y auroit d'autre in-convénient , que celui de faire quelque choied mutile & de désagréable , cette raison neíèroit-elie pas suffisante pour en détourner ?Vainement entafleroit-on contre nous unefoule d’autorités, nous les récusons toutes ;& de raisonnemens bien plus spécieux quesolides , nous en appelions à cette nature ,dont tous les Médecins sensés se sont tou-jours regardés comme les disciples & lesaides, à cette véritable mere , qu’on traitesouvent en marâtre. Nous demandonsqu'on jette les yeux fur cette multitude depeuples plus robustes que nous , quoiqu’ilshabitent pour la plupart un climat qui neréunit point les avantages du nôtre ; fur ceshommes, ces femmes du peuple ou de lacampagne , d’autant plus heureux , quesoustraits à des mains trop souvent ignoran-tes Sc quelquefois meurtrières , ils ne con-noissent pour tout préservatif des maladies ,que l'instinét, qui redoute plus les saignées ,que tous les autres remedes ; pour être con-vaincus par la comparaison , que l'hommeest sorti des mains du Créateur , en état dese conserver en santé , par les seules lumiè-res du sentiment bien entendu, parles seulsefforts de la nature , & que dans les mala-dies ils doivent être fans cesse consultés. En-fin , quand même on étendroit l'usage dela médecine plus loin que nous ne pensonsqu'on doive le faire, il n'en seroit pas moinsvrai que jamais un homme en santé, quelsque soient son tempérament & sa situation,n'a besoin de saignées pour la conserver.D'ailleurs , c'est ici une assure d'habitude :il est démontré que les saignées fréquentesfont une des plus grandes causes de la plé-thore.

Le second abus se trouve dans les saignées.qu'on fait précéder fous le nom de remedesgénéraux , avec les purgatifs par le bas, lesvomitifs, S c. aux remedes particuliers,lorsqu'il n'y a point de contre-indicationgrave. Abuser ainsi de la facilité qu'on a«Rouvrir la veine , c'est regarder la saignée

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comme indifférente, & par conséquent inu-tile ; c’est du moins être esclave d’une modelì fort opposée à tous les principes de la Mé-decine, quelle est ridicule. Une conduiteauffi erronée , fuit tous les raisonnemens ,parce qu’elle n’est appuyée fur aucun ; Sctout médecin sensé doit rougir d'avouer qu’ila fait saigner son malade , par cette seule rai-son qu’il vouloir le faire vomir, le purger, luifaire prendre des sudorifiques, des bouil-lons , &c. Sc donner du large, du jeu à cesmédicamens. De semblables maximes nefurent pas même enseignées par Botal. Maisles jeunes Médecins , trop dociles à suivrel’aveugle routine de leurs prédécesseurs, quiíe sont distingués dans la ville où ils exercent,les copient jusque dans leurs défauts, & s'e-pargnent la peine de réfléchir fur les motifsde leur conduite. Ils se 52011 forment eu ce-la au goût des femmes , qui accoutuméesà perdre un sang superflu hors de la grossesseou de l’alaitement, s'imaginent que la plu-part des maux qui les attaquent, viennentd'une diminution dans cet écoulement,quelquefois plus avantageuse que nuisible,Sc le plus souvent, effet de la maladie , aulieu d’en être la cause. U11 retour sur lesmaximes répandues dans tous les ouvragesde Médecine qui ont mérité d’étre lus , Scle seul bon sens, détournent d'une méthodemeurtrière , qui en affaiblissant les organes,précipite inévitablement, d’un temps plusou moins long , la vieillesse où la mort.Mais c’est trop discuter une pratique aussipeu conséquente ; tâchons d’établir fur sesruines, des principes adoptés par la plus sai-ne partie des Médecins.

Indications de la saignée. Si nous cherchonsdans les causes de maladies, les indicationsde la saignée , nous trouvons que la tropgrande abondance de sang , la pléthore gé-nérale ou particulière , Sc sa consistancetrop épaisse, coëneuse, inflammatoire, sontles deux seules qui exigent ce rernede. Lasaignée agit dans le premier cas , par l’éva-cuation ; dans le second , par la spoliation :les deux principaux effets qu’elle produit ; ladérivation & la révulsion devant être comp-tées pour des minimum momentanés, & parconséquent; négligés.

Quoique nous réadmettions que ces dçux

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