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Tome vingt-neuvième.
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tumeur, U rougeur, la douleur gravative,quelquefois pulsative & fixe d’une partie. Laconsistance inflammatoire doit être soupçon-née toutes les fois qu'avec une douleur fixe,le malade éprouve une ficvre aiguë , ce quinous paroît être un symptôme commun àtoutes les inflammations extérieures. Onn en doutera plus , íì les symptômes fontgraves & le sujet pléthorique. Dans ces deuxcas, la partie rouge surabonde , la nature,lorsqu'il y a pléthore , se débarrasse de laportion du sang la plus ténue, du sérum quipeut plus aisément enfiler les couloirs excré-teurs ; pendant que la plus épaisie est con-tinuellement fournie, accrue par lesalimenstrop nourriflans, trop abondans, ou quesauce d'exercice , elle n’est pas décomposée& évacuée.

Lorsque la pléthore est légere , l’absti-nence , la nourriture végétale & l'exerciceen sont un remede bien préférable à lasaignés ; mais parvenue à un certain point,elle exige qu’on diminue subitement la tropgrande proportion de la partie rouge avecla sérosité, dans la crainte de voir subvenirdes hémorrhagies, des stases, des épanche-mens mortels ou du-moins dangereux, desanévrismes, des apoplexies & des inflam-mations se former dans les parties du corpsdont les vaisseaux sanguins font le moinsperméables. Cette pléthore exige qu’on tiredu sang par une large ouverture ; du bras siëlle est générale , de la partie malade fi elleest devenue particulière. Cependant si onne se précautionne pas contre les retours,en en évitant les causes , on la verra reve-nir d’autant plus vîte , d’autant plus fré-quemment qu'on aura davantage accoutu-mé le malade à la saignée. La nature se prêteà tour, elle suit en général le mouvementqu'on lui imprime. Tirer souvent du sang,c’est lui en demander une réparation plusprompte ; mais qu'on ne s’y trompe pas,il y a toujours à perdre ; }a quantité de sangcroîtra par la dilatation des orifices, des vei-nes lactées, par une moindre élaboration ,par des excrétions diminuées ; ce sang nesera donc jamais auiïì pur qu’il eût été, si.on en eût prévenu ou corrigé ['abondancepar toute autre voie que par la saignée. Nousappelions à ['expérience de ceux qui ont eutrop de facilité à se soumettre à de fréquen-

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tes signées ; qu'ils disent si le besoin n'apas crû avec le remede , & si une foiblesseprécipitée rien a pas été !a fuite , sur-toutsi on leur a fait perdre sans pitié un sangtrop précieux , dans l'âge où le corps se dé-veloppoit, où les fibres attenuoient ['addi-tion de nouvelles fibres portées par le sang,pour s'écarter & donner de ['accroissement.Ménageons donc une liqueur précieuse àtout âge , mais spécialement dans le plustendre & dans le plus avancé ; n'ayons re-cours à la saignée que dans les cas où le malest inguérissable par tout autre remede, &dans ceux qui préíënteroient trop de dangerà tenter d autres moyens.

Lorsque la fievre íe déclare avec la pléthore,ces dangers augmentent ; & on doit alors ,dans la crainte des inflammations, des hé-morrhagies symptomatiques, cri. qui ne tar-deroient pas d'arriver, tirer du íang pour lesprévenir. Mais fans pléthore générale ou par-ticuiícre, ou fans inflammation , on ne doitfaire aucune saignée. C’est une maxime quinous paroît démontrée par ['observation laplus grossière des maladies abandonnées àla nature , comparée avec celle des fievresqu'on c roi t ne pouvoir appailer qu’en ver-sant le sang , comme si c'étoit une liqueurqui ne peur jamais pécher que par la quan-tité ; comme si la soustraction de sa plusgrande partie , & Rabattement des forcesqu’elíe procure , étoient des moyens plussûrs de le dépurer que la coction que la na-ture fait de ía portion viciée. Nous auronslieu d'examiner la pléthore particulière , enparlant du choix des veines : paflons aux in-flammations.

Il est tellement faux que toute inflamma-tion exige des saignées répétées dans fes dif-férens temps , que fans parler de celles quifont légeres, superficielles , nous avançonshardiment qu'elles nuisent dans plusieursqui font graves & internes, & qu'il en estmême dans lesquelles elle est interdite. Sivous refusez de nous en croire si vouscroyez , qu’abandonncs à une hypothèse ,nous en suivons les conséquences fans pren-dre garde à ['expérience des grands méde-cins ; consultez les ouvrages de ceux quin'ont pas été livrés, comme Botal, avecfureur à la saignée ; ouvrez Bâillon , prati-cien auflì sage qu’heureux & éclairé , qui