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Sur-tout dans ces routes secrettes , 1
Sous ce tilleul que j’apperçois ,
II venoit rêver quelquefoisAvec un livre & des tablettes. . . .
En effet Antoine Hamilton , Irlandois, avécu long-temps , & est mort à Saint-Gcr-main-en-Laye en 1710, âgé de 72 ans. Ilavoit suivi le roi Jacques en 1688, étoit amidu duc de Nevers , de Boileau, de Malc-zieux & de Chapelle. Il a très-bien écrit enfrançois, en prose & en vers, avec beau-coup de facilité. On a imprimé tous sesouvrages en six volumes in- 12.
Il se tint en cette ville, en 15 62, une assem-blée générale des députés de tous les parle-mens du royaume, convoquée par le chance-lier de FHôpital : à st la feule fois qu’on aitainsi réuni tous les magistrats de la Francepour en appaiser les troubles. Le fruit futFédit de janvier qui fixoit le fort des Protes-tans , 8c leur permettoit de s'aísembler horsdes villes. Cet édit excita un murmure gé-néral parmi les Catholiques , 8c acheva deperdre le chancelier dans Fefprit du pape.
Le clergé a tenu plusieurs assemblées encette ville; la premiere en 1675 ; la deu-xième en 1680 ; la troisième en 1685 ; laquatrième en 1690 ; la cinquième en 1695,8c la sixième en 1700.
O11 ne voit plus à Saint-Germain les sta-tues qu’y avoit placées Henri IV , parmilesquelles étoit le buste duprésidentFauchet,savant dans les recherches 8c dans les anti-quités de la nation , mais pauvre. Sur lapromeííe que le roi avoit faite au duc deBouillon, de fe ressouvenir de ce président,Faucher avoit fait faire son buste en mar-bre , & n’ayant pu le payer au statuaire, leroi, qui passa devant fa boutique , f acheta& le fit placer, avec d'autres figures , dansle jardin de Saint-Germain. Il répondit auduc, qui le fupplioit de fe souvenir de Fau-cher : “ Ventre-íaint-gris je m’en fuis sou-»- venu ; je Pai fait mettre dans mon jar-» din ; >. fur quoi le président fit ces versqui coururent la France :
T ai reçu dedans Saint-GermainDe mes, longs travaux le salaire ,
S A I
Ze roi de pierre ma sait faire ,
Tant il ejl courtois & humain.
S’il peut garantir de la faimMon corps ains que mon image ,
Tattefie le courteau Romain ,
Je serai plus heureux que sage.
Viens , Tacite , Sallufie , & toiQui es tant loué dans Padoue ,
Vene^ ici faire la moueAu coin du jardin comme moi.
C'est à Saint-Germain que la cour , le 5janvier 1649, fe rendit en triste équipagepour éviter les fureurs de la Fronde. Lespremieres têtes de Fétat réchappèrent de lacapitale comme des fugitifs : la cour arrivafans officiers , fans meuble , fans linge 8cfans argent. Le roi qui, dans la fuite, étalatant de magnificence , ne jouilfoit pas descommodités d’un riche particulier. On vitdes dames de 1^ premiere qualité , des prin-cesses , être oblrgées de coucher fur la pailledans la saison la plus rigoureuse. Condéseul , par sa gaieté 8c fa confiance , rassu-ra les esprits ; 8c bientôt par le combat deCharenton , il fit rentrer le roi 8c la reineà Paris.
Il y a à Saint-Germain un hôpital royal.M. Ballet, curé d’sf, a donné en 1761,in- 12, la Vie de la sœur Françoile Bony ,fille de la charité, 8c supérieure de cettemaison , morte en 1759.
M. Garíàut , dans XArt du cordonnier ,publié en r 768 , remarque que le cuir debœuf, préparé à la chaux ou à Forge , ser-vant à faire les femelles de souliers d'hom-me , se tire de Saint-Germain-en-Laye , deSedan , de Namur , de Liege , 8c que lemeilleur vient d’Irlande.
Madame de Cornez, si connue par sesJournées amusantes , ses Cent Nouvelles nou-velles , 8cc. a vécu à Saint-Germain détachéedu monde, & y a fait Fagrément de tous ceuxqui la connoissoient. Elle avoit 85 ans quandje Fai vue en 1768. Elle est fille de PaulPoision , ancien comédien du roi, & sœurde François Poisson qui jouoit les rôles deCrispin avec tant de succès. Elle avoit épouseD, Gabriel de Cornez, gentilhomme Eípa-