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Tome vingt-neuvième.
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vent au transport du sel ; les barques , parexemple qui le transportent s’en servent pourpousser , quand elles veulent monter oudescendre d’un chenal ; on dit monter unchenal, pour dire y entrer , & descendre unchenal pour en sortir , il y a une petitegaffe de 6 à 7 pieds de long qui sert aubateau de la barque ; la fourche sert aumême usage.

Le salé ou trident est un instrument très-propre à prendre des anguilles au jas ék aux'conches.

Le fard blanc est une herbe dont on nour-rit les chevaux, c’est celle que l'on met furles huitres qu’on porte à Paris.

Sart ou félin est un sart qui est rond ,plein d’eau & de noeuds.

Autre espece qu'on appelle sart brandier ;le saunier en fait des balais pour nettoyerles aires où il bat son grain.

Autre espece nommée sart lisop , il estbon pour les douleurs & pour prendre lesbains.

Le tamarin est une plante dont le boisbrûle tout verd, il sert aux sauniers pour sechauffer ; ils en font aussi des cercles pourles petits barils dans lesquels ils portent leurboillon à [ouvrage.

Du charroi du sel. Les piles de sel fontde diverses formes ; les unes font rondes ,les autres longues, arrondies fur les bouts,& couvertes avec de la paille dont ona retiré le grain, ou avec une herbe quivient dans le marais jas ou perdus que l’onnomme ronche ; on a foin de la tremperauparavant dans seau salée, pour empêcherles Corbeaux ou groles de les découvrirl’hiver ; on ne découvre que le côté de lapile qu’on veut entamer , ce que l’on faitau nord de la pile autant qu’on le peut ,par ce moyen on perd moins de sel, si onest surpris par le mauvais temps ; c’est uneprécaution que doit avoir le juré : le juréest le maître du charroi , c’est lui qui faitagir & qui paye ; il tient un livre coté &paraphé qui se nomme livre de retallement ;îl y écrit le jour qu’a commencé & fini lecharroi, la quantité de muids, de boises ouras, & les fies qui font de surplus du muid ;ce livre fait foi en justice , parce que lejuré a prêté serment.

Le charroi se sait en présence du com-

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1 mis des fermes qui en prend compte, pontêtre d’accordavec celui du bord du navire;il met un homme à bêcher le sel, un au-tre à remplir les sacs, &c un troisième pourles charger & les arranger fur les chevauxdont le nombre est limité par le juré ; sui-vant le chemin qu’il y a à faire ; les chevauxfont conduits par de jeunes gens de douzeà treize ans , on les nomme âniers , l’en-droit où on prend le sel se nomme Xate-lier ; l’ânier à pied conduit les chevaux aubord de la barque , là un homme exprèspour cela ouvre un peu le sac & le laissetomber dans une poche que lui présente unautre homme , pour pouvoir prendre le sacde dessus le cheval fans qu’il soit lié; cela fait,un troisième vient par derrière & renversele sac sur celui qu’on nomme le déchargeur ,celui qui renverse se nomme le pouffe cul ,& celui qui reçoit le sel dans son pochon ,le porteur de gagne. Le poussè-cul suit ledéchargeur sur la planche , & lorsqu’il estau bout, il saisit les extrémités du sac qu’ilsoutient ; alors le déchargeur largue ou lâ-che son bout, & tout le sel tombe , aussi-tôt le pousse-cul rapporte le sac à l’ânier,qui monte sur le cheval ôc retourne en cou-rant à l'atelier.

On se sert d’une planche pour aller de labarque à terre & pour le charroi du sel ; onla nomme planche de charge , elle a d’ordi-naire zL à 40 pieds de long, fur 18 à 10pouces de large, & ; à ; pouces 1 d’épais-seur. Une barque à charge est une bar-que vuide ou qui vient de vuider , qui amonté à la charge que le marchand lui aindiqué.

Il y a plusieurs barques dans un seul che-nal ; on est quelquefois obligé de les haler,soit parce que le vent est contraire , soitparce qu’il n’en fait pas du tout ; pour ysuppléer, ces barques ont un petit bateauque le mousse mene pour passer celui quihale, lorsque la mer est haute & qu’il serencontre un ruisseau qu’il ne íauroit passersans ce secours.

Un ruisseau est un petit chenal ou canalà l’usage des marais, le chenal en fournitbeaucoup de ses deux côtés.

Quand les barques font chargées, ellesmettent dehors du chenal ; si le vent estbon, elles appareillent, c'est-à-dire qu’elles

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