DU SYSTÈME DU MONDE. 219Il étoit sur-tout intéressant Je vérifier la théorie de la pesanteur,relativement aux équations séculaires du mouvement des nœuds etdu périgée delai une, dont nousluidevonslaconnoissance. Les astro-nomes n’ayant point eu égard à ces équations, dans la comparaison desobservations modernes aux anciennes, ont dû trouver ces mou-vemens trop l'apides, de même qu’ils assignoient un moyen mou-vement trop petit, à la lune, loi'squ’ils ne tenoient point compte deson équation séculaire : c’est ce que Bouvard a confirmé par la com-paraison d’un grand nombre d’observations modernes. Plus de cinqcents observations de la Hire, Flamsteed, Bradley et Maskeline,disposées de la manière la plus favorable, et discutées avec soin ,lui ont appris qu’il faut diminuer d’environ quinze minutes troisquarts, le mouvement séculaire du périgée des tables lunairesinsérées dans la troisième édition de l’Astronomie de Lalande. Cemouvement ainsi corrigé cesse de représenter les anciennes éclipsesqui, par-là, démontrent l’existence de l’équation séculaire dupérigée de la lune. Pour reconnoître si la grandeur de cette équationest la même que suivant la loi de la pesanteur universelle, Bouvarda d’abord comparé aux tables citées , vingt et une éclipses observéespar les Grecs et les Caldéens, et cette comparaison lui a donné à fortpeu près, l’équation séculaire du périgée, égale à trente-troisdixièmes, de celle du moyen mouvement : trente-deux éclipsesobservées par les Arabes , l’ont conduit au même résultat qu’il aencore retrouvé par soixante éclipses observées depuis le renouvel-lement de l’astronomie en Europe, jusqu’au commencement dudernier siècle. Cet accord remarquable entre des résultats tirésd’observations faites à des époques aussi différentes, ne laisse aucundoute sur l’existence et la grandeur de l’équation séculaire du péri-gée lunaire, et confirme d’une manière incontestable, le rapportde trente-trois à dix , que la théorie de la pesanteur établit entrecette équation et celle du moyen mouvement de la lune. Bouvard aconfirmé encore, par la comparaison des mêmes éclipses, l’équationséculaire des nœuds; et il a trouvé que leur mouvement dans unsiècle, donné par les tables citées , doit être diminué de S'ùq".
Les moyens mouvemens et les époques des tables de l’Almagesteet des Arabes, indiquent évidemment ces trois équations séculaires
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