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Tome vingt-neuvième.
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Berne sait de son trésor, & du désir qu'ila de se passer de l’étranger.

Le degré de la source est variable : quandelle est à sa plus grande richesse, elle portejusqu'à 2.0 ou 22 parties, épreuve du feu ,ce qui feroit près de 28 à l'éprcuve du tube ;son plus bas a été à 8 degrés ou à 10, elleproduit ordinairement 500 livres pesantd'eau par quart-d’heure ; ces eaux font con-duites de la source, par sa pente naturelle ,à la saline de Bexvieux, par des tuyaux debois de sapin , dans une distance de \ delieue , où elle est reçue dans des réservoirs& de là reprise prtr un mouvement de pom-pes que l'eau fait agir , pour la porter dansde grandes galeries appellées bâtimens degraduation , qui peuvent la fortifier jus-qu'à 27 degrés ; de là elle passe par íàpente naturelle dans les bernes ou bâtimensde cuite.

La même montagne fournit encore uneautre source , soible , qu’011 sépare de laprécédente , & qui s'étend par des canauxde sapin , jusqu'à l’Aigie, lieu distant de làde deux lieues.

Cette source est fort chargée de soufreêc de bitume ; l'cdeur en est sorte, & l'onen voit sortir l'exhalaiíon en tourbillon defumée , même pendant l'été , à l'iísue desgaleries qui donnent entrée dans les mon-tagnes. Les lampes des mineurs enfìammoientquelquefois cette matière, sur-tout dans lesgaleries en cul-de-sac, où il n'y a pointd'air passant, alors elle chastoit avec impé-tuosité tout ce qui lui restoit, brûloir, pé-nétrois les corps ; il y avoit des ouvriersblesses &c étouffés de la forte ; pour évitercet inconvénient , on établit de distance endistance de gros soufflets de forge, que l'onagitoit fans cesse pour chasser cette vapeur.C est ainsi qu'onen usoit lorsque M. Dupinvisita ces travaux ; cependant le sel de cettesource est beau , bon , sain , cristallin , &blanc comme la neige ; le soufre contri-bue à lui donner cette blancheur, sans luilaisser ion odeur.

On associe à cette derniere source, cellede la montagne de faner, & leurs eauxvont mêlées , dans les réservoirs ou bâti-mens de graduations, prendre, de foiblesqu'elles font , jusqu'à 2 y à 27 degrés desalure ; on pourroit les pousser plus loin,

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mais l’eau trop chargée de sel devientgluante , pâteuse , & ne coule plus aisé-ment par les petits robinets destinés à larépandre en forme de pluie , fur différonsétages de fascines qu'elle doit traverser pourarriver à son bassin ; elle s'y attache, se fige,empêche l'effet de l'air, & par conséquentde l'évaporation , quand le temps est con-venable, c’est-à-dire, gai & sec ; on poussela graduation depuis un degré & demi jus-qu'à dix , en 24 heures. Avant cette dé-couverte il falloir 6 cordes & demie de bois,pour fournir ay quintaux ; maintenant ;cordes ôc demie en donnent 80. U est inu-tile d'iníìster fur l'importance d’économiserle bois.

Comme ce n’est point ici un systèmenouveau dont l’événement soit équivoque ,ni de ces imaginations philosophiques, tantde fois proposées , souvent essayées , maisdont l’elsiti en grand a toujours trompé lapromesse ; que c'est au contraire une expé-rience confirmée par un grand nombred’années, à la saline de Slutz en Alsace ,dans les deux salines de Suisse , & danscelle de Savoie , c'est refuser un avantagecertain que de ne pas user d’unc telle dé-couverte.

Il y a des bâtimens de graduation à lasaline de Moutiers en Tarentaise ; ce sontmême les seuls dont nous serons mention,les autres ne différant de ceux de nos salines,non plus que le reste de la manœuvre, quepar la différence des lieux. Le roi de Sar-daigne ayant appris les services que M. lebaron de Roëux avoit rendu au canton deBerne , l’appella à la saline de Moutiers,où il fit construire des bâtimens de gradua-tion au nombre de cinq , dont deux ont440 pas communs de longueur, & les troisautres 3 20 pas chacun. Ils ont tous 18 piedsde large fur 2 y de haut, à prendre du rez-de-chaussée jusque sous la sablière. La massed’épines par où les eaux se filtrent, a sixpieds de large, oCcupe toute la longueurdu bâtiment, & la hauteur depuis le bassinou cuve basse, jusqu'à la sablière ; ces cuvesbasses font fournies par le grand réservoir,dont les eaux sont relevées dans les auges defiltration autant de fois qu’il est nécessaire,par plusieurs corps de pompes qui jouentcontinuellement, auxquelles l'Izere donne