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Tome vingt-neuvième.
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S A L

de MoitTïers en Tarentaìse, pays de Sa-voie , appartenante a fa majejîé le roi de Sar-daigne-, où il y a des galeries , ou bâtimensde graduation.

La graduation est une opération par la-quelle on fait évaporer par le moyen de f air& fans le íecours du feu, plusieurs partiesdouces de l'eau salée, en l’élevant plusieursfois au haut d’un bâtiment construit à ceteffet, par le moyen de plusieurs corps depompes qu’une eau courante mét en mou-vement , & la faisant retomber autant desois de 10 à 15 pieds de haut fur plusieursétages de fascines ; d’où il résulte une grandediminution dans la consommation du bois,& dans les autres dépenses relatives à la fa-brication du sel.

Plus la construction des bâtimens desti-nés à la graduation est parfaite , plus lesdifférentes économies font sensibles & uti-les. Pour déterminer avec certitude déten-due des bâtimens nécessaires à graduer l'eaud’une source salée , il en faut connoître avecprécision le degré de salure. Un long usagea fait remarquer à MM. de Berne que lesbâtimens de graduation à une feule colonnede fascines étoient sujets à perdre des por-tions de sel, en ce que quand il y a beau-coup d'agitation dans Pair , les particulesd’eau salée dérivent de la perpendiculaire ,8 c sont emportées lors de leurs divisions.Pour remédier à cet inconvénient, ils ontfait construire un bâtiment auquel ils ontdonné 25 pieds de largeur au lieu de iBqu'avoient seulement les anciens, & ils ontmis double colonne de fascines , qui n’ontque l’ancienne largeur par le haut, mais quis'accroissant par le bas, prennent la formed'une pyramide tronquée.

Le méchanisme de la graduation paroîttrès-simple , & quand on l’a vu pendant 24heures, on croit le savoir & le posséder àfond ; cependant il y a une infinité de par-ticularités intéreílantes qui ne se présententque successivement ; 8 c sans toutes ces con-noiffances réunies, on court risque de tom-ber dans des erreurs qui coûtent cher.

La saline de Bexvieux & celle d 'Aiglefont situées vis-à-vis S. Maurice, à l'entréede la gorge du Valais, à deux lieues l'unede l'autre.

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Il n’y a qu’une íburce à la saline de Bex-vieux ; elle fort d'une montagne appellée lefondement. On la découvrit en 1664 , 8 cl’on pénétra fort avant dans le roc pour enraffembler les filets ; mais on est parvenuà la maintenir dans un haut degré de sa-lure qu’en y creusant de temps en temps ;par la raison que les terres qu’elle parcourtne contenant, selon toute apparence, quedes portions Sc des rameaux de sel , ces ra-meaux s’épuisent par le mouvement conti-nuel des eaux , qui ne reprennent une hautesalure qu’en leur frayant une route nouvelle;en sorte que cette source est actuellementplus baffe de 250 pieds que le niveau duterrein où 011 l’a trouvée originairement ;ce qui a obligé de faire des galeries à diffé-rentes hauteurs pour en procurer l’écoule-ment.

Mais comme en approfondissant la sour-ce , le travail des galeries se multiplioit, 8 c& que la dépense croisloit à proportion ,MM. de Berne prévoyant que cette entre-prise deviendroit à la fin insoutenable , s'ilsne rencontroient quelque moyen plus sim-ple , frisoient consulter par tout les ingé-nieurs les plus habiles, mais inutilement,jusqu'à ce que M. le baron de Boëux ,gentilhomme Saxon , leur inspira un vastedessein , pour lequel il eut sept mille louisde récompense, 8 c quinze cens pour ionvoyage fur les lieux.

Ce dessein consiste à introduire un grosruisseau dans l’intérieur de s la montagne ,par la cime du rocher, pour faire mouvoirplusieurs corps de pompes, au moyen d’unegrande roue de 3 6 pieds de diamètre, poséeà plus de 800 pieds de hauteur perpendicu-laire de l'entrée du ruisseau dans le rocher ;& ce rocher est en partie de marbre, enI partie d albâtre, & de pierre dure ; un mi-neur n’en emportoit guere plus d’un piedcube en huit jours ; cependant cette mon-tagne est traversée à jour dans plusieurs en-droits, & il y a cinq autres galeries, de ;pieds de large , & de 6 pieds de haut, quifont en tout plus de 3000 toises de longueur& de 7 millions 28000 pieds cubes. La na-ture de ce travail, le temps, la dépense ,8 c la grandeur de l’entreprise , sont autantde sujet d’étonnement pour le voyageur ,& autant de preuve du cas que l’étas de