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truites pour les ouvriers qui travailloient àla formation du sel.
Les eaux précieuses de cette saline enavoient fait un domaine d’un grand revenu,Sc ce fut un de ceux que S. Sigismond ,roi de Bourgogne , donna au commence-ment du sixième siecle, pour doter le mo-nastère d’Agaune. Ce monastère poísédadès - lors Salins en toute propriété jusquesen 94;, que Meinier, abbé d’Agaune > ledonna en fief à Albéric , comte de Bour-gogne & de Maçon. Nous ne trouvons rienqui nous apprenne si Rétablissement de cettesaline est de beaucoup antérieur au sixièmesiecle. Strabon assure qu’on faisoit grandcas à Rome des chairs salées dans le paysdes Séquanois ; mais .ce passage ne peut pass’appliquer à la saline de Salins plutôt qu’àcelle de Lons-le-Saunier, qui est sûrementplus ancienne, & à laquelle par cette raisonïl semble mieux convenir.
La grande saline occupe un terrein irré-
Î pilier qui a 143 toises dans fa plus grandeonguent du septentrion au midi , & y otoises dans fa plus grande largeur du levantau couchant. La petite saline placée au sep-tentrion de la grande , & dans la mêmeposition , a 40 toises de longueur & 15 delargeur.
Cette derniere renferme un puits appellépuits a muire. Il est à 66 pieds de profon-deur , depuis la voûte supérieure jusqu’aufond du récipient qui reçoit les eaux salées,& il a y o pieds de largeur , de toutes fa-ces , présentant la forme d’un carré. L’ony descend par un escalier, & l’on trouve aufond deux belles sources salées ( b ) qui dans24 heures produisent 160 muids, mesurede Paris. L’eau claire , transparente , Sc à17 degrés, est conduite par un tuyau debois, dans le récipient des eaux salées. Ilest à y pieds de distance construit en pierre,& contient 47 muids. A côté de ce réci-pient , il en est un autre de la contenancede 61 muids , dans lequel se rassemblent
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les eaux de 4 sources ( c ) une fois plusabondantes que les deux premieres , maisqui étant seulement à ; degrés , font pourcela nommées petites eaux. On en éleve unepartie pour des usages qui feront expliquésdans la fuite.
En termes de saline , l’on entend pardegrés la quantité de livres de sel renfer-mées daus cent livres d’eau ; c’est-à-dire,que cent livres pesant d’eau des deux pre-mieres sources qui sont à 17 degrés , ren-dront après l’évaporation, 17 hv. de sel ;Sc par la même raison , 100 liv. des quatredernieres sources, ou petites eaux à 5 degrés ,n’en rendront que 5 liv. La pinte de Parisdes eaux à 17 degrés , contenant 48 poucescubes, pese ; y onces ? ; & celle des eaux ày degrés , pese z 2 onces |.
On connoît le degré des eaux , en rédui-sant à siccîté, par le moyen du feu, unequantité d’eau d’un poids connu, Sc celuidu sel formé donne le degré. Sur cetteopération , on a établi une éprouvette quidémontre d’abord la quantité de íèl con-tenu dans 100 liv. pesant d’eau. Cette éprou-vette est un cylindre d’étain , d’argent, &c.que l’on introduit perpendiculairementdans un tube de même matière remplide l’eau qu’on veut éprouver. Au haut ducylindre font gravées des lignes circulairesdistantes l’une de l’autre , dans des propor-tions déterminées par l’épreuve du feu. Cecylindre se soutenant plus ou moins dansl’eau, suivant qu’elle est plus ou moins sa-lée, & par conséquent plus ou moins forte*en désigne les degrés , par le nombre deslignes qui s’apperçoivent au dessus du ni-veau de l’eau. Il ne faut pas que l ‘éprouvettesoit en bois, parce que le sel s’y imbibant,donneroit ensuite à l’eau un degré de salurequ’elle n’auroit pas. D’ailleurs , le bois segonflant ou se resserrant, suivant la séche-resse ou l’humidité de l’air, meuroit tou-jours un obstacle à la justesse de l’opération.L’écain paroît préférable à l’argent, parce
( b ) II y en a même trois : i°. la bonne source à dix-sept degrés ; a 4 , le surcroît a dix-huít degré»deux tiers ; j°. le vieux puisoir ; mais cette derniere source n’a que deux tiers de degrés. Auffi ne la réunit-on avec les deux premieres , que lorsque l’on fait l’épreuve juridique des eaux. C’est un ancien usagequi n’en est pas plus raisonnable pour cela. Dès que l’épreuve est folie , on renvoie le vieux puisoir dansle puits des petites eaux.
( c ) La premiere est le vieux puisoir dont on a parlé dans la note précédente : la féconde s’appellç ?íámllon ; les antres font fans auft foibles en salure,
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