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Le travail d’une cuite est divisé en quatreopérations, connues fous les noms d ‘éber-gémuìre , les premieres heures , les secondesheures , &C le mettre-prou. On entend parle terme d’ébergémuire , l’opération de fairecouler dans la poêle les eaux de son réser-voir ; elle dure quatre heures, pendant iel-quelles on fait du feu fous la chaudière , enl’augmentant à proportion qu’elle se rem-plit. Lorsqu’elle est pleine, le íervice despremieres heures commence ; il dure qua-tre heures. Alors on fait un feu violentpour faire bouillir l’eau ; de façon cepen-dant qu’elle ne s'échappe point par dessusles bords ; le service des secondes heuresdure aufli quatre heures. Il consiste à en-tretenir un feu modéré, & à le diminuerpeu à peu , afin que le sel, qui commencealors à se déclarer, puisse se configurer plusfavorablement. Le mettre-prou, derniereopération de la cuite , dure cinq heures,pendant lesquelles l’ouvrier jette peu debois , seulement pour entretenir le feu, jus-qu’à ce que le sel soit entièrement formé,& qu’il ne reste que très-peu d’eau dansla poêle.
Alors l'on ne jette plus de bois ; quatrefemmes, nommées tirari de sel, le tirentavec des râbles de fer aux bords de lachaudière , & d’aurres ouvriers, appellésaides , l’enlevent dans des gruaux ( t ) debois, & le portent partie dans les magasinsdu sel en grains, & partie dans l’ouvroir ,dont nous parlerons plus bas, pour y êtreformé en pains. Lorsque tout le sel est en-levé , on remplit la poêle pour une secondecuite, & ainsi des autres.
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Quatre ouvriers &c deux femmes fontattachés au service de chaque berne ; lesouvriers que l'on nomme ouvriers de ber-ne {u ), travaillent ensemble à préparer lachaudière ; ce que l’on appelle faire la re-mandure. Ensuire ils se relevent pour le tra-vail de la cuite ; en forte que chacun d’euxfaisant une de ces quatre opérations, sctrouve avoir fait quatre cuites à la fin dela remandure.
Les deux femmes s’appellent auífi fem-mes de berne ; l’une, dite tirari de feu , estoccupée à tirer quatre fois par cuite les brai-ses qui tombent de la grille dans le fon-drier. Elle emploie à cet usage une cspecede pelle à feu, longue de z o pouces, largede 14, & dont les bords dans le fond ontun pied d’élévation. Cette pelle est atta-chée à une grande perche de bois ; onl’appelle épit. L’autre femme, dit eeteignari,éteint la braise avec de l’eau, à mesure quela premiere l’a tirée. Toutes les deux fontencore chargées de tirer le sel aux bordsdu poêlon, lorsqu’il y est formé ; les tiraride sel dont on a parlé, ne sont que pourla chaudière.
Les seize cuites consécutives qui com-posent une remandure, produisent com-munément 1 zoo quintaux de sel, & con-somment environ 90 cordes de bois. Unecorde a 8 pieds de couche fur 4 pieds dehauteur , &c la bûche a ; pieds & demi delongueur. On fait, année commune, dansles salines de Salins, i;z remandures , quiproduisent autour de 158000 quintauxde sel blanc comme la neige, & agréableau goût, pour la formation desquels 011
font très-friands, Sl ceux qui ont des colombiers recherchent avec empressement cette eípece de pétri-fication.
Les foins que l’on apporte aujourd’hui aux poêles de Salins , empêchant presque entièrement lesêculées , Sr par conséquent la formation des Jalaigres > les faienciers qui en faiíoient grand usage pourleur fabrication, prennent, pour y suppléer, des équilles des poêles. Ils les achetent à un prix plusbas > quoiqu’elles renferment beaucoup plus de sel. On vendoit les salaigres 1$ livres le quintal > cequi étoit plus cher que le sel, 8t les équilles leur font données pour 10 livres.
( t ) Le portage des sels enlevés de la chaudière fe fait dans des gruaux de la contenance d’envirosttrente livres. Les aides qui en font chargés ont chacun 15 fous 4 den. par remandure de la grande saline th 1 liv. a fous a den. a tiers pour la petite saline.
Le montier de service compte les gruaux de sel sortis de la chaudière, fur le pied de dix pour onze,qui font effectivement portés dans ies magasins. Le onzième est retenu pour prévenir les déchets.
II y a huit monriers , fix à la grande saline , &. deux â la petite. Leurs fonctions font de veiller furtoutes les parties du service de la formation des sels ; suivre les opérations des cuites , la fabricationdes pains , avoir lœil fur i entretien des rouages ; enfin , fur tout ce qui a rapport au bien daservice.
Ils fe relevent à la grande saline par garde de trois à trois alternativement, pendant 24 heures, tantde jour que de nuit.
( « ) II y a trente-fix ouvriers 8t dix-huit femmes de berne.
consomme