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Tome vingt-neuvième.
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8 jo S A L

douces : quoi qu’il en foie, cette raison meparoît bien foible.

4°. Une quatrième cause estîa fréquenceou la rareté de la pluie & de la neige :su ne Sc l'autie tombent fort souvent dans.les pays septentrionaux ; mais fous la zonetorride il n’y a point de pluie du tout danscertaines faisons de l’année , Sc elles fontcontinuelles dans les autres temps. Doncl’Océan dans ces derniers endroits n’est pasfi salé auprès des côtes dans les mois plu-vieux que dans les saisons feches. Il y amême différons endroits aux Indes fur lacôte de Malabar , où seau de la mer estallez douce dans la saison pluvieuse , àcause de la grande quantité d’eau qui tom-be du mont Gâte , & qui fe jette dans lamer. C’est la raison qui fait qu’en diftèrenstemps de l’année les mêmes parties del’Océan ont différens degrés de salure ; maiscomme il y a presque toute l’année despluies Sc des neiges dans les pays septen-trionaux , la mer y est moins salée que fousla zone torride.

y°. La cinquième cause est la différencede qualité que l’eau a de dissoudre le selSc l’incorporer avec elle, car l’eau chaudedissout le sel bien plus vite que la froide ;Sc conséquemment quand il y auroit lamême quantité de sel fous l’eau dans lebaíîin de la mer auprès des pôles que vers1 equateur , l’eau qui y est plus froide nepeut pas sitôt le dissoudre en particulestrès - menues , Sc l’incorporer avec elles,que fous la zone torride, ou l’eau est pluschaude.

6°. La íîxieme cause est la quantité derivières considérables qui fe déchargentdans la mer ; mais elles ne font de chan-gement que fur les côtes , car le milieu del’Océan n’en est que médiocrement affecté,Les marins rapportent que fur la côte duBrésil, où Rio de la Plata fe jette dans lamer, l’Océan perd son goût salé jusqu àprès de quinze lieues de distance de la côte.On peut en dire autant de l’Océan Africainfur la côte de Congo , Sc dans plusieursautres lieux , comme vers Malabar dansl’Inde, ainsi qu’on l’a observé ci-devant, &c.On peut ajouter à toutes ces causes les sour-ces d’eau douce qui sortent en quelquesendroits du fond de la mer.

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Ces causes prises séparément ou toutes en-semble , mettent une grande différence desilure dans les différentes partie de l’Océan ,Sc c’est par elles qu’on est en état d’expliquercette variété.

On peut en tirer la raison , pourquoil’eau de l’Océan Germanique Sc de celui dunord ne donne pas tant de sel quand on lafait bouillir, que celle de l’Océan occiden-tal vers l’Efpagne, les isses Canaries, Sc lecap Yerd en Afrique , d’où les Hollandoistirent une grande quantiié de sel , qu’ilstransportent dans plusieurs pays septentrio-naux ? farce que ces cotes font plus voi-sines de la zone torride que les autres, quoi-que peut-être le bassin de la mer y contienneune égale quantité de sel.

L’eau de la mer dans l’Océan éthiopi-que , vis-à-vis la Guinée, donne , en la fai-sant bouillir une feule fois, un sel blanc aussifin que le sucre, Sc tel que ni l’Océan Es-pagnols , ni aucun autre en Europe , n’enpeut produire d’une feule opération.

On demande si l’eau de la mer est plusdouce au fond , Sc pourquoi on tire dansquelques endroits de l’eau douce du fondde la mer ?

On répond à ces questions que l’eau dela mer n’est pas plus douce au fond qu’àla surface, si ce n’est en quelques endroitsparticuliers où il fe trouve apparemmentdes sources d’eau douce ; car il est contrela nature que l’eau salée flotte au dessus del’eau douce , qui est moins pesante.

M. Hook a inventé un instrument pourdécouvrir quelle est la silure de la mer àquelque profondeur que ce soit. On letrouve décrit dans les Trans. phil. n°. 9 ,Sc n°. 2.4 , ou dans l’abrégé de Lowthorp,vol, x, p. 260.

On demande si l’on peut défiler l’eaude la mer ; je réponds que la chose estpossible.

M. Hanton a trouvé le premier le secretde rendre douce l’eau de la mer. Ce secretconsiste d’abord dans une précipitation faiteavec l’huile de tartre qu’il fait tirer à> peude fiais ; ensuite il distille l’eau de mer :son fourneau tient fort peu de place , Sc estconstruit de maniéré qu’avec un peu de boisou de charbon, il peut distiller vingt-qua-tre pots d’eau , mesure de France, en un