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Tome vingt-neuvième.
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S A L

íeçoit une riviere conìidérable, qui étant unpeu plus haute , fait un petit íùut ou cascadeà son embouchure dans la partie méri-dionale du lac qui est plus bas. La partiela plus balle se trouve être salée ; mais jen’ai pas encore pu apprendre à quel degré;cependant la partie plus élevée a ses eauxdouces.

Le lac de Titicaca a près de quatre-vingtlieues de circonférence , & reçoit plusieursrivières fort grandes 8c douces. Cependant,au rapport de Herrera & d’Acosta , les eauxfont li saumaches , qu’on ne fauroit enboire , quoiqu’elies ne soient pas tout-à-fait si salées que celles de l’Océan. Onallure la même chose du lac de Paria , danslequel celui de Titicaca lui-même se dé-charge en partie.

Or, je conçois que comme tous les lacsdont j’ai parlé , reçoivent des rivières', &n’ont aucune issue, il faut que leurs eauxs’élevent jusqu’à ce que leurs surfaces soientassez étendues pour perdre en vapeurs au-tant d’eau qu’ils en reçoivent par les ri-vières ; & par conséquent ces lacs doiventêtre plus ou moins grands, selon la quan-tité d’eau douce qui s’y décharge. Mais lesvapeurs ainsi exhalées font parfaitementdouces ; de forte que les particules salinesapportées par les rivières restent $ tandis queles douces s’évaporent ; d’où il est cvidentque le sel des lacs augmente continuelle-ment , ou que les eaux en deviennent deplus en plus salées. Mais dans les lacs quiont une issue, comme celui de Génésareth,autrement appelle le lac de Tibériade , dansle lac supérieur de Mexique & dans la plu-part des autres, 1 eau étant perpétuelle-ment courante , est remplacée par de nou-velle eau douce de riviere, dans laquelleil y a si peu de particules salines , qu’on nes’en apperçoit point.

Or, fi c'est là la véritable raison de lasalure de ces lacs , il est assez probable quel’Qcéan n'est devenu salé lui-même que parla même cause.

2 * On demande d’où procede la diffé-rence de salure de la mer , qui est d’autantmoins salée qu’on approche des pôles , &qui l’est le plus fous 1 equateur ou dans lazone torride. Plulieurs raisons concourenta cette différence de salure.

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i°. Le soleil étant plus chaud fous lazone torride , attire plus de vapeurs quedans les climats septentrionaux , & ces va-peurs font toutes d’eaux douces ; car lesparticules de sel ne s’évaporent pas si faci-lement à cause de leur pesanteur ; par con-séquent l’eau qui reste dans l’Océan doitêtre plus salée sous l’équateur que vers lespôles , où il ne s’exhale pas tant d’eaudouce, parce que la chaleur du soleil y estplus foible.

z°. La seconde cause est la chaleur & kfraîcheur de l’eau, car la même eau , lebœuf mariné, les mets salés, le font plusquand ils font chauds que quand ils fontfroids, comme chacun peut savoir expéri-menté , parce que la chaleur ou les particu-les de feu agitent & aiguisent les particulesde sel contenues dans ces viandes , & lesséparent les unes des autres , de maniéréqu’elles affectent & piquent plus fortementla langue. Donc comme l’eau de la mer estplus chaude vers l’équateur & plus froidevers les pôles , il s’enfuit que quand onfupposeroit toutes les parties de l’Océanégalement salées , elle doivent néanmoins leparoître davantage vers l’équateur , 8c plusdouces vers les pôles.

* 3 °. La troisième cause est la qualité plusou moins grande de sel qui se trouve dansie bassin de la mer ; car comme on netrouve pas par - tout des mines de sel dansla terre, ni même une égale quantité desel dans les endroits où on en rencontre ,on doit supposer la même chose dansl’Océan où il y a des cotes dont le lit n’estpas si plein de sel que d’autres. C’est pour-quoi où il se rencontre une plus grandequantité de sel au fond de l’Océan, l’eaudoit y être plus salée , parce qu’elle est plusimprégnée de ce minéral, comme il est aiséde le concevoir. Par cette raison l’eau demer est extrêmement salée auprès de l’iíled’Ormus, parce que cette iíle est toute desel. Mais y a-t-il une plus grande quantitéde mines de sel sous l’eau, fous la zonetorride, que fous les pôles ? C’est ce qu’onne peut pas dite certainement, faute d’ob-feivations. Bien des g~ns pensent que celaest probable , à cauíe de k plus grande, chaleur du soleil qui attire les particules