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Tome vingt-neuvième.
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SAM

Ce qui VÎent d etre rapporté , d'aprcs lesécrivains Grecs & Latins, est ce qui a dé-terminé à croire qu'il y a peu de différenceentre les Samanéens &c les brachmanes, ouplutôt qu’ils font deux sectes de la mêmereligion. En effet, on trouve encore dans lesIndes une foule de brachmanes qui paroif-sent avoir la même doctrine, & qui viventde la même façon ; mais ceux qui ont uneparfaite ressemblance avec ces anciens Sa-manéens , íont les talapoins de Siam : com-me eux , retirés dans de riches cloîtres , ilsne possedent rien en propre , & jouissentd'un grand crédit à la cour ; mais quel-ques-uns plus austères , ne vivent que dansles bois ôc dans les forêts : il y a auíïï desfemmes qui les imitent.

La doctrine des Samanéens se trouve ré-pandue dans les royaumes de Siam , dePégu, & dans les autres lieux voisins , oùles prêtres portent le nom de talapoins.Mais le plus commun , & celui fous le-quel ils font connus à la Chine & au Ja-pon , est celui des bornas ; dans le Tibet ilsíont appellés lamas.

L'Inde est le berceau de cette religion ,de l’aveu des habitans de tous les pays oùelle s’est établie : il y a apparence qu’elle amême pénétré jusque chez les barbares dela Sibérie , où nous trouvons encore desschammans, qui font les prêtres des Tun-goufes ; mais elle n'a pas été uniforme danstous ces différens pays. Plus les Samanéensfe font éloignés du lieu de leur origine ,plus ils semblent s’être écartés de la véri-table doctrine de leur fondateur. Les mœursdes peuples auxquels ils ont enseigné leurreligion , y ont apporté quelques change-mens, parce que les Samanéens fe font atta-chés plus particulièrement à certains dog-mes & à certaines pratiques religieusesqu'ils ont jugé convenir davantage avecle caractère de ceux chez lesquels ils vi-voient ; mais par-tout on reconnoît la reli-gion Indienne.

M. de laCroze, qui a beaucoup parlé desSamanéens , dit qu'il n'en reste plus de tra-ces fur les côtes de Malabar & de Coro-mandel ; que le culte des bradâmes a suc-cédé à celui des Samanéens ; que ceux-ci,selon le témoignage des bradâmes, ont étédétruits par le dieu Viscknou , qui, dans faTome XXJX.

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fixîeme manifestation, prit lé nom de Ve~gouddova avatarum ; qui les traita ainsi ,parce qu’ils blafphemoient ouvertement con-tre fa religion , regardoient tous les hom-mes comme cgaux, n’admettoíent aucunedifférence entre les diverses tribus ou caf-tes , détestoient les livres théologiques desbradâmes, & vouloient que tout le mondefùt soumis à leur loi. M. de la Croze croieque cet événement est arrivé il y a plus desix cens ans. Mais toutes ces traditions desMalabares sont détruites par le témoignagedes écrivains Grecs, qui font mention des* brachmes établis de tout temps dans lesIndes, Lc qui leur donnent une doctrine àpeu près semblable à celle des Samanéens :c’est uhe remarque que M. de la Croze n'apu s’empêcher de faire.

Si le nom de Samanéen ne paroît plussubsister dans cette partie de l’Inde, nou»y retrouvons encore les joghis , les vana-prastas, les fanjastìs & les avadoutas, con-nus sous le nom général de brachmes , 8cqui, comme iles Samanéens , réadmettentaucune différence entre les castes ou tribus,& suivent encore les préceptes de Budda ,le fondateur des Samanéens. Plusieurs his-toriens Arabes qui ont eu connoiffance dece personnage , le nomment Boudajp ouBondasf. Beidawi, célèbre historien Persan,l’appelle Schekmouniberkan , ou simplementSchekmouni ; les Chinois Tche-Jcia ou Chekia-meouni, qui est le même nom que Scheke-mouni de Beidawi ; ils lui donnent encorele nom de Foteou ou Foto , qui est une al-tération de phutta ou butta. Mais le nomsous lequel il est plus connu dans tous lesouvrages des Chinois, est celui de Fo , di-minutif de Foto. Les Siamois le nommentPrahpoudi - tchaou , c’est - à - dire , le saintd’une haute origine , sammana - khutama ,l’homme fans passion, & phutta. M. Hydedérive ce nom du mot Persan butt , idole,& M. Leibnitz a cru que ce législateur étoitle même que le Wodìn des peuples du nord.Dans la langue des Indiens, Butta ou Buddasignifie Mercure.

Il n’est pas aisé de dissiper les ténèbresqui obscurcissent l’histoire de ce fondateurde la religion Indienne. Les peuples del’Inde, toujours portés au merveilleux, nedébitent que des sables qui nous obligentTtttt