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Tome vingt-neuvième.
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88r SAM

d’avoir recours à des historiens étrangers ;& ceux-ci ne nous fournissent point assezde détails pour que nous puissions parvenirà une exacte connoissance du temps & dulieu de la naissance de ce philosophe.

Quoi qu’il en soit, Fo ou Boudha , aprèss’être marié à l'âge de r 7 ans, & avoir eude ce mariage un fils, se retira dans les dé-serts fous la conduite de cinq philosophes.Il y resta jusqu’à 1 âge de 30 ans, qu’ilcommança à publier sa doctrine, prêchantle culte des idoles, tk la transmigration desâmes. Il mourut âgé de 79 ans. Pour ex-primer fa mort, on rapporte qu’il est passédans ìcnipon ou nireupan , c’est-à-dire, qu’ilc fl anéanti , & devenu comme un dieu. Enmourant il dit à ceux de ses disciples quilui étoient le plus attachés, que jusques-làil ne s’éroit servi que de paraboles , qu’illeur avoit caché la vérité fous des expres-sions figurées & métaphoriques ; mais queson sentiment véritable étoit qu’il n’y avoitpoint d’autre principe que le vuide & leínéant, que tout étoit sorti du néant, &que tout y retournoit.

■ Les dernieres paroles de Fo produisi-rent deux sectes différentes. Le plus grandnombre embrassa ce que l’on appelle la doc-trine extérieure, qui consiste dans le culte desidoles ; les autres choisirent la doclrine in-térieure ,_c’est-à dire, qu’ils s’attacherent àce vuide & à ce néant, dont Fo les avoitentretenus en mourant.

Les sectateurs de la doctrine extérieurefont ceux que nous connoissons plus com-munément fous le nom de brachmes , debondes , de lamas & de talapoins, qui tou-jours prosternés aux pieds de leurs dieux,font consister leur bonheur à tenir la queued’une vache , adorent Rrahma , Viíchnou ,Efwara Ae trois cens trente millions de di-vinités inférieures ; font construire des tem-ples en leur honneur , ont une singulièrevénération pour l’eau du Gange , & croient•qu’après la mort leur ame va recevoir enenfer la punition de ses crimes, ou dans leparadis la récompense de ses vertus, d’où ellefort ensuite pour animer des corps d’hom-mes, d’animaux, des plantes mêmes, ce quidevient encore une punition ou une récom-pense jusqu’à ce qu’elle soit parvenue auplus haut degré de pureté & de perfection,

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auquel toutes ces différentes transmigrationsla conduisent insensiblement ; ce n’est qu’a-près avoir parcouru ainsi les corps de plu-sieurs êtres, qu’elle reparoît enfin dans celuid’un Samanéen. Ceux-ci regardent le restedes hommes comme autant de malheureuxqui ne peuvent parvenir à l’état de Samanéenqu’après avoir passé par tous les degréís dela métempsycose.

Ainsi le vrai Samanéen , ou le sectateurde la doctrine intérieure, étant censé naîtredans l’état le plus parfait , n’a plus besoind’expier des fautes qui ont été lavées par lestransmigrations antérieures ; il n’est plusobligé d’aller se prosterner dans un temple ,ni d’adrester ses prières aux dieux que lepeuple adore , dieux qui ne font que lesministres du grand Dieu de l’univers. Dé-gagé de toutes ses passions, exempt de toutcrime, le Samanéen ne meurt que pour allerrejoindre cette unique divinité dont soname étoit une partie détachée ; car ils pen-sent que toutes les âmes forment ensemblel’Etre suprême , qu’eîles existent en lui detoute éternité, qu’elles émanent de lui ;mais’qu’elles ne peuvent lui être réuniesqu’après s’être rendues aussi pures qu’ellesl’étoient lorsqu’tl’es en ont été séparées.

Suivant leurs principes, cet être suprêmeest de toute éternité ; il n’a aucune forme,il est invisible , incompréhensible ; tout tireson origine de lui ; il est la puissance , lasagesse , la science, la sainteté , la véritémême ; il est infiniment bon , juste & mi-séricordieux ; il a créé tous les êtres, & illes conserve tous : il ne peut être repréíentepar des idoles ; mais on peut dépeindre iesattributs, auxquels il ne désapprouve pointque l’on rende un culte ; car pour lui il estau dessus de toute adoration : c’est pour celaque le Samanéen , toujours occupé à le con-templer dans fes méditations, ne donne a ti-ennes marques extérieures de culte ; maïsil n’est pas en même temps athée , commele prétendent les missionnaires , puisqu’.dne cherche qu’à étouffer en lui toutes lespassions pour être en état d’aller rejoindreion Dieu. Ainsi le vuide & le néant, prin-cipe des Samanéens , ne signifient point ladestruction del’ame , mais ils désignent qu rnous devons anéantir tous nos sens, noifsanéantir nous-mêmes pour aller nous perdit