DU SYSTÈME DU MONDE. 207et de l’ellipticité est toujours la même et égale à cinq demi du rap-port de la force centrifuge à la pesanteur à l’équateur, ce qui pourla terre, revient à rT ^.
En supposant donc la figure des couches du sphéroïde terrestre,elliptique; l’accroissement de ses rayons et de la pesanteur, et ladiminution des degrés des méridiens , des pôles à l’équateur, sontproportionnels au quarré du cosinus de la latitude; et ils sont liésà l’ellipticité de la terre, de manière que l’accroissement total desrayons est égal à cette ellipticité ; la diminution totale des degrés estégale à l’ellipticité multipliée par trois fois le degré de l’équateur;et l’accroissement total de la pesanteur est égal à la pesanteur àl’équateur, multipliée par l’excès de sur cette ellipticité. Ainsi,l’on peut déterminer l’ellipticité de la terre, soit par les mesuresdes degrés, soit par les observations du pendule. Ces observationsdonnent 0,00567 pour l’accroissement de la pesanteur de l’équateuraux pôles; en retranchant cette quantité, de',7^, on a ^ pourl’applatissement de la terre. Si l’hypothèse d’une figure elliptiqueest dans la nature, cet applatissement doit satisfaire aux mesuresdes degrés ; mais il y suppose, au contraire, des erreurs invraisem-blables; et cela joint à la difficulté d’assujétir toutes ces mesures, àune même figure elliptique, nous prouve que la figure de la terreest beaucoup plus composée qu’on ne l’avoit cru d’abord ; ce qui neparaîtra point étonnant, si l’on considère l’irrégularité de la pro-fondeur des mers, l’élévation des continens et des îles au-dessusde leur niveau, la hauteur des montagnes, et l’inégale densité deseaux et des diverges substances qui sont à la surface de cetteplanète.
Pour embrasser avec la plus grande généralité, la théorie de lafigure de la terre et des planètes ; il falloit déterminer l’attractiondes sphéroïdes peu différens de la sphère, et formés de couchesvariables défiguré et de densité, suivant les loix quelconques; ilfalloit encore déterminer la figure qui convient à l’équilibre d’unfluide répandu à leur surface; car on doit imaginer les planètes,recouvertes comme la terre, d’un fluide en équilibre; autrement,leur figure Serait entièrement arbitraire. Dalembert a donné pourcet objet, une méthode ingénieuse qui s’étend à un grand nombre