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Tome vingt-neuvième.
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SAP

d'un peigne , dont les cônes sont pendans,ce qui caractériserait une efpece véritable.A l'égard du sapin ressemblant au pin quise trouve transcrit par-tout, je l’ai cherchéen vain par toute la terre. Après bien desconjectures & des comparaisons, j'ai ima-giné que ce devoir être le pin d'Amériqueà cinq feuilles , pin du lord Weymouth ,dont les cônes font longs & à écailles lâches. & coriacées comme celles des sapins.

Les sapins croistent fur les montagnesexposées au nord , on en trouve cependantplus par delà la Norwege. Les n°. z Sc zparviennent à une hauteur prodigieuse surdes troncs parfaitement droits, qui portentune tête conique terminée par une fléché :ces arbres croissent très-près les uns desautres, 8 c bravent par leur réunion les coups.de la tempête. J’ai vu un bois de sapins ,en Suisse , dont les branches naturellemententrelacées íormoient un toit que couvroitune épaisseur considérable de neige : il n'enétoit point tombé au dessous : on y res-piroit une douce chaleur, c'étoit au moisde janvier : on y voyoit la terre garnie,bien verte, & parée de quelques fleurs.C'est dans ces bois sombres, au loin soli-taires , où l’on respire l’encens des résines,qu’un saint frémissement avertit de la pré-sence de la divinité , & que la penséeaffranchie des liens des sens s’éleve jufqu’àelle.

Le sapin n°. t est le plus commun dansles montagnes de la Voge, Sc le plus rareen Suisse & au Nord : il est plus beau quele n°. z , Sc son bois est préférable ; ilaime les terres fortes & ne croît guerc quefur les pentes rapides.

Le n°. z croît dans des terres assez lé-geres, aime l'humidité & se trouve quel-quefois dans les marais ; tous deux veulentun sol profond : on fait combien ces arbresfont utiles pour l’architecture navale ; lacharpenterie Sc la menuiserie. C'est du n° zqu’on tire la térébenthine de Strasbourg;le n°. z fournit la poix grasse. Voye{ dansle traité des arbres Ù arbufles de M. Du-hamel , les procédés par lesquels on tire &l'on prépare ces substances résineuses.

Les sapins d'Amérique, donnant du fruitde très - bonne heure , ne paraissent pas-devoir atteindre à la hauteur des nôtres.

Tome XXIX.

SAP icoi

Les n°. 3 Sc 4. forment de très-joiis arbres,dont le vert bleuâtre diversifie agréable-ment les spectacles de l'hiver. Leurs jeunescônes d'un poupre violet qui paraissent aumois d’avril & qui entourent les branches,font un assez bel effet ; c'est des bourgeonsde ces sapins que les sauvages de l'Améri-que composent une sorte biere.

Le n°. 4 se distingue de tous les autresau premier coup-d'œil, par ses rameauxsouples & inclinés ; il paraît être de petitestature ; il craint les terres fumées, ainsique le n°. 5 ; il faut l'élever Sc íe planterdans des terres franches & pures.

Le n°. 5 forme un arbre charmant ; sesfeuilles sont marquées par dessous de striesd’un vert d’œi}let plus brillantes que' dansles autres eípeces ; elles sont formées commecelles de l’if, mais elles ne sont pas obtusescomme celles du n°. 1, Sc leur bout estincliné ; elles sont très-rapprochées & dis-posées par quatre ou cinq rangs, de chaqmecôté des rameaux ; les boutons sont gros,obtus, jaunâtres & couverts d’un vernis derésine dont l’odeur ressemble à celle dubaume de giléad que donne un arbre quihabite la Judée. Les boutons qui terminentfa fléché forment une étoile. Ce sapin craintaussi les terres fumées Sc les terreaux ; ilesttrès-lent dans la croissance les premieresannées , mais ensuite il pousse très-vîte ,iur-tout dans les terres qui ont beaucoupde fonds.

Tout ce que nous avons dit de la mul-tiplication , des semis & du régime desmeleses, soit en petit, soit en grand, con-vient aux sapins. (Voyez Melese.) J’ai faitreprendre des sapins de marcottes ; on estparvenu en Angleterre à les élever de bou-tures , mais je ne l’ai pas essayé.

Jetons encore un moment les yeux furle sapin n°. z ; on en peut faire diversusages pour la décoration des jardins Scbosquets d’hiver ; ainsi que l’if, il prendrasous le ciseau toutes les formes imagina-bles , mais le bon goût bannit toutes cellesqui font trop contournées, ou qui présen-tent des figures d'hommes ou d animaux.L’obélisque Sc la pyramide n>e paraissenttoutefois produire-a» bon effet, si on lesplace avec entente ; mais rien n’est plus1 somptueux qu’une haute palissade d’épicea ;

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