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Tome trentième.
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SAR

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pour les habitans , s,^ìmi , •Z.zfS'avta , i grammairien , ayant été noce u i—Sardane. J f uC ex ilé e n Sardaigne, & y mourut

- -- íu pst touiours auín mal-sair

SAR 19

grammairien , ayant été noté d’iníamiî-M.' .Çnrdaio-ne . & v MOUtUt.

Sardane. 1

Presque tous les auteurs disent que la |Sardaigne a été ainsi nommée de Sardusfils d’Hercule , qui y conduisit une colo-nie greque ; mais Bochart lui donne uneétymologie phénicienne. Sans nous arrê-ter à ces fortes de recherches , nous sa-vons que les Carthaginois s'emparèrentde cette île , dont ils furent les maîtresjusqu’à la premiere guerre punique qui lesen chassa. Les Romains s’y établirent 1 ande Rome 521 , fous la conduite de M-Pomponius ; & comme ils conquirent laCorse l’année suivante , ces deux iles fu- jrent soumises à un même préteur.

Les Sarrasins ayant étendu leurs con-quêtes en Afrique & en Espagne , domi-nèrent en Sardaigne dans le vij necle.Les Pisans &; les Génois les en chasseront.Ensuite dans les guerres qui régnèrententre ces deux nations , Jacques II-roi d’Aragon , s’empara de la Sardaignetn 1330. Cette île est restée annexée _ài’Espagne jusqu’à 1708 , que les Anglois

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Cette île est toujours auín mal-fnne quefertile : on pourroit cependant remédieraa mauvais air qu’on y respire , en faisantécouler les eaux qui croupissent , & enabattant des bois qui empêchent i’air decirculer, car ìe climat n’est pas mauvaiscn luì-méme. L’île est couverte en touttemps de fleurs & de verdure ; le bétaily paît au milieu de l’hiver 3 les campagnesíont abondamment arrosées par des riviè-res , des ruisseaux & des fontaines lesbêtes à cornes y multiplient merveilleu-sement , & donnent des laines, des peaux, & des fromages ; les chevaux de cetteîle font estimés; les montagnes, les collines& les plaines , fournissent une auílì grandechasse de bêtes fauves 6e gibier qu’en aucunpays du monde ; tous les fruits y fontexcellons; les bois font chargés d’oliviers,de citronniers & d’orangers ; les monta-gnes y renferment des mines de plomb,de fer, d’alun & de soufre ; les côtes pro-duisent du thon , du corail , & fur-toutíT '--r.

riilpagne julqu’à 17°» . le ? stn S l0 .'M 'tits poissons si vantés , connus fous

s en rendirent les maîtres en faveur de P Aq sardines , à cause de la grand1 ‘archiduc. Enfin ,_par le traité de Lon- ^Ztít í'n

d r es , le duc de Savoie , roi de Sicile .céda ce royaume à l’empereur pour celuide Sardaigne ; & cette couronne a passéà son fils qui régné aujourd’hui.

La Sardaigne a été vantée pour fa fer-tilité par les anciens, Polybe , Cicéron ,Pausanias, Pomponius Mêla & Silius Ita-liens ; mais ils s’accordent tous à déclarerqu’autant que la terre y est féconde , autantl’air y est empesté. Martial , liv. IV.epigr. 60. "dit , quand l’heure de la mortest venue , on trouve la Sardaigne aumilieu de Tivoli.

cum mors

Venerit , in medìo Tibure Sardinia ejt.

Cicéron dans une de ses lettres à son frétéQuintus, le prie de se ménager , & desonger que malgré la saison de l’hiver , lelieu où il se tcouvoit alors étoit la Sar-daigne. Et ailleurs parlant de Tigellius ,il se félicite de n’avoir pas à souffrir unsarde plus empesté que fa patrie. Suétoneremarque que Sceyius Nicanor , fameux

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l quantité qui s’en pêche autour de cetteî!e. Enfin on y peut recueillir des grainsen abondance , comme on en recueillentdu temps des Romains, où cette île étoitmise au nombre des magasins de Rome.Pompée , dit Cicéron , lans attendre quela saison fut bonne pour naviguer, passaen Sicile , visita l’Afrique , aborda enSardaigne , & s’assara de ces trois maga-sins de la république.

Ajoutons que la Sardaigne a des ports-capables de recevoir toutes sortes de bâ-timens ; cependant il ne paroît pas quedepuis les Romains aucune puissanceait profité des avantages qu’on peut tirerde la bonté de cette île. Elle renfermoit fouseux qnarante-deux villes, & elle n’en aplus que sept ou huit aujourd’hui , Ca-

gliari , Saíìari , Oristagni , toutes troisérigées en archevêchés ; & quatre épisco-pales , savoir Ampurias, Algheri , Alex,& Bofa.

La Sardaigne , dit Aristote , est une-'colonie grecque qui étoit autrefois très—•

, riche, mais qui a bien déchu depuis. EH»-'

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