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lile , Sc de ceux de nord-aord-est par lagrande terre qui est au large de l’île quilui est opposée , & qui baigne la mer sau-vage où les sardines ne terrissent point,parce que la lame y est toujours fort haute& trës-éíevée : la pêche commence ordi-nairement en Juin , & 6rôt avec le moisde Septembre , ou au plus tard les pre-miers jours d’Octobre , outre les chalou-pes , ceux de Sougon de ladite île , dePort-Louis, & S. L ado , Vauray & deGroa viennent au même lieu ; les cha-loupes font du port de huit , dix à douzebarriques au plus, faites en forme d’yol-les ou de biscayennes, avec mâts, voiles,quille , & gouvernail ; elles font austigarnies d’avirons. Les marchands proprié-taires les fournissent de toutes choses , &prêtes à faire la pêche ; ils leur donnentaussi dix à douze pieces de filets de dif-férens calibres , pour s’en servir durantqu’ils font fur le lieu de leur pêche, sui-vant la grosseur des lits , bouillons ounouées de jardines qui fe trouvent sou-vent durant une même marée de quatreà cinq fortes différentes ; mais les maillesles plus petites font toujours beaucoup au-dessus du meule de quatre lignes en quar-té , fixé par l’ordonnance de la marine de1684. Pour faire la pêche des Jardinesles pieces des rets à sardines non-monteesont ordinairement 2.1 brasses de long ;& lorfqu’elles font garnies de lignes & deflottes par la tête, Sc de plomb par baspour les faire caler , elles fe trouventréduites seulement à 18 brasses de lon-gueur , afin de donner au filet du jeu , &que le ret reste un peu volage , libre Scnon-tendu , pour donner lieu aux sardinesde s’y mailler plus aisément.
Les Blets des pécheurs de sardines deBelle-île flottent à fleur d’eau , commeceux des pêcheurs poitevins : le fil dontils font composés étant très—délié , on estobligé de leur donner d u poids par le pié,à la différence des rets ou seines aux ha-rengs , & des manets qui fervent à fairela pêche du maquereau , qui calent parleur propre pesanteur , à cause de la gros-seur du fil dont ils font fabriqués ; cesfilets ont depuis trois brasses Sc demiede chute , jufqu’à cinq brasses ; il faut
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encore observer que les chaloupes de Belle*Ifle , Sc même celles qui viennent avecelles faire la peche dans les coureauxd’entre Belle-Iíle & Quiberon , ont cou-tume de revenir à terre tons les soirs ;c’est une des raisons qui a obligé ['amirautéde dispenser les équipages de ces chalou-pes de prendre un congé pour la pêche ,parce qu’ils font variables , Sc qu’il feroitimpossible que les maîtres pussent fournirun rolle au bureau des classes, ceux quimontent aujourd’hui dans une chaloupe,la quittant demain pour reprendre leurmétier, quand la saison de la pêche estpassée.
Les chaloupes repartent le lendemaind’assez bonne heure pour pouvoir êtrerendues à l’aube du jour fur le lieu de lapêche , qui n’est toujours éloigné qued’une lieue ou deux de terre. La pêchefe fait entre les coureaux , c’est-à-dire ,entre Belle-Iíle & les terres de Quiberon,jusque par le travers de la Pointe d’Etelà l’embouchure de la riviere de S. Cado ;ces fonds n’ont que 8 , 10 à iz brastèsd’eau au plus.
Les pécheurs tendent leurs filets demême que les pêcheurs poitevins, en croi-sant la marée, & ils amorcent pour met-tre le poisson en mouvement, & le fairemonter à la surface de l’eau , ce qu’il faitavec beaucoup de précipitation ; les pê-cheurs continuant toujours de semer leurboîte tant que la marée dure, c’est-à-dire , que les rets restent à la mer jufqu’àce qu’on les releve pour en retirer lesJardines qui s’y font prises. Quand la pê-che est abondante , souvent l’équipaged’une chaloupe en rapporte le soir , zZà 30 milliers , à-moins qu’ils ne les aientrenversées à bord des chasses-marées , quife tiennent toujours fur le lieu de la pê-che pour s’en charger & en faire le trans-port.
On croit devoir ici observer que lespêcheurs de Belle-Iíle font d’un sentimentopposé à celui des pêcheurs poitevins &autres , qui font la même pêche le longdes autres cotes méridionales de la Bre-tagne , prétendant , avec astèz de fonde-ment , que la jardine ne fe tient pas furlçs poissons blancs Sc les chiens de mer,