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Tome trentième.
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Jasochbagh avoit conféré le gouvernementde la contrée natale dAvicenne à sonneveu. Celui-ci sétoit attaché notre phi-losophe en qualité de médecin , lorsquele sultan allarmé sur la conduite de ionneveu , résolut de sen défaire par le poi-son , & par la main dAvicenne. Avicennene voulut ni manquer au maître qui savoirélevé, ni à celui quil servoit. 11 garda lesilence & ne commit point le came ; maisle neveu de Jasochbagh instruit avec letemps du projet atroce de son oncle ,punit son médecin du secret quil lui enavoit fait. Sa prison dura deux ans. Sa coni-.cience ne lui reprochoit rien , mais lepeuple qui juge , comme on fait, le regar-dent comme un monstre dingratitude. IIse voyoit pas quun mot indiscret auroitarmé les deux princes , &. fait répandre;des fleuves de sang. Avicenne fut un hom-me voluptueux; il écouta le penchant quilavoit au plaisir , Sc ses excès furent suivisdune dyssenterie qui lemporta , lan q.r.8de lhégire. Loiíquil étoit entre la mortLc la vie, les inhumains qui lenvironnoientlui dílbient : eh bien , grand médecin,que ne te guéris-tu ? Avicenne indigné sestt apporter un verre deau, y jetta unpeu dune poudre qui la glaça sur le champ,dicta son testament, prit son verre de gla-ce , £c mourut. II 1 ailla à son fils unique ,Hali, homme qui sest fait un nom danslhistoke de la médecine , une successionimmense. Freind a dk d'Avicenne , quilavoit été louche en médecine St aveugleen philosophie; ce jugement est sévere.Idautres prétendent que son Canon médi-anes , prouve avec tous les défauts , quece fut un homme divin ; cest aux gensà lapprécier.

Sortis de lAsie ; nous allons entrer enArrique & dans lEurope , St passer chezles Maures, Essereph-Éssachalli, le pre-mier qui se pressente , naquit en Sicile,ce fut un homme instruit & éloquent. IIeut les connaissances communes aux sa-vans de son temps, mais il les surpassa dansLa cosmographie. Il fut connu fit protégédu comte Roger , qui préféroit la lecturedu Jpatiatorium locorum dEssachalli àcelle de lalmageste de Ptolomée , parceque Ptolomée navoit traité que duneTome XXX,

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partie de lunivcrs , & quEîTachalli avoitembrassé lunivers entier. Ce philosophese défit des biens quil tenoit de son sou-verain , renonça aux espérances quil pou-voit encore fonder fur fa libéralité , quittala cour Si la Sicile , Si se retira dans îaMauritanie.

Thograi naquit à Ifpahan. II fut poète ,historien , orateur , philosophe , médecinSt chimiste. Cet homme malheureuse-ment pour son bonheur , accable de bien-faits de son maître , élevé à la seconde di-! gmté de lempire , toujours plus riche ,plus considéré , Si plus mécontent , n ou-vroit la bouche , ne prenoit la plumeque pour se plaindre de la perversité duiort & de linjustice des hommes ; cétoitle sujet dnn poème quil composoit lors-que le sultan son maître entra dans fatente. Celui-ci, après en. avoir lu quel-ques vers , lui dit : « Thograi , je vois» que tu es mal avec toi-même ; écoute ,

,» & ressouviens-toi de ma prédiction. Je» commande à la moitié de lAsie ; tu» es le premier dun grand empire après" moi ; le ciel a versé sur nous fa faveur ,

» il ne dépend que de nous den jouir.

» Craignons quil ne punisse un jour no-» tre ambjtion par quelques revers ; nous» sommes des hommes, ne veuillons pas» être des dieux ». Peu de temps après,le sultan plus sage dans ia spéculation quedans la pratique , fut jette dans un cachotavec son ministre. Thograi fut mis à laquestion & dépouillé de ses trésors, peude temps après , & fut condamné de périrattaché à un arbre & percé de fléchés.Ce supplice ne Tabattit point. II montraplus de courage quon nen devoir atten-dre dune ame que lavarice avoit avilie.II chanta des vers quil avoit composés ;brava la mort ; il insulta à ses ennemis ,& soffrit fans pâlir à leurs coups. On exerçala férocité jusque sur son cadavre qui futabandonné aux flammes. II a écrit descommentaires historiques fur les chosesd Ahe & de Perse , & il nous a laide m»ouvrage dalchimie intitulé Dejloratio na-tures. II paraît sétre soustrait au joug de1 aristotélisme , pour sattacher à la doc-trine de Platon. Il avoit médité sa rtpu-

poémes

btique. Dun grand nombre de

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