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dans lesquels il avoir célébré les hommesillustres de son temps, il ne nous en restequ’un dont l’argument est moral.
L’histoire de la philosophie & de lamédecine des Sarrasins d’Espagne nousoffre d’abord les noms d’Avenzoar & d’A-venpas.
Aven{oar naquit à Séville ; il professala philos phie, & exerça la médecine avecun désintéressement digne d’éloge. II sou-lageoit les malades indigens du salaire qu’ilrecevoir des riches. II eut pour disciplesAvenpas, Averroës & Rafis. 11 bannit leshypothèses de la médecine , & la ramenaà T expérience & à la raison. II mourutTan de l’hégire 1064.
Le médecin Avenpas fut une espece dethéosophe. Sa philosophie le rendit sus-pect ; il fut emprisonné à Cordoue commeimpie ou comme hérétique. 11 y avoiralors un assez grand nombre d’hommesqui s imaginant perfectionner la religionpar la philosophie , corrompoient l’une &l’autre. Cette manie qui se décéloit dansrillamifme , devoir un jour se manifesteravec une force bien autre dans le Chris-tianisme. Elle prend son origine dans uneforte de pusillanimité religieuse très-naturelle. Avenpas mourut fan 1025 del’hégire.
Alga^el s’illustra par son apologie dumahometisme contre le judaïsme & lechristianisme. II professa la philosophie,la théologique & le droit illamitique àBagdad. Jamais école ne fut plus nom-breuse que la sienne. Riches , pauvres ,magistrats , nobles, artisans, tous accou-rurent pour Pentendre. Mais un jour qu’ons’y attendoit le moins , notre professeurdisparut. II prit Phabit de pèlerin ; il allaà la Meque ; il parcourut l’Arabie , laSyrie &TEgypte:il s’arrêta quelque tempsau Caire pour y entendre Etartose, célé-bré théologien islamite. Du Caire, il re-vint à Bagdad où il mourut, âge de Ç5ans , Pan 1005 de Phégire. II étoit de lasecte de Al-Afshari. U écrivit de Punitéde Dieu contre les Chrétiens. Sa foi nefut pas fi aveugle qu’il n’eût le courage &la témérité de reprendre quelque chosedans Palcoran , ni si pure , qu’elle n’aitexcité la calomnie des zélés de son temps,-
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On loue Pélégance & la facilité de ses*poèmes ; ils font tous moraux. Après avoirexposé les systèmes des philosophes dansun premier ouvrage, intitulé , de opinio-nibus philojòphorum , il travailla à lesréfuter dans un second qu’il intitula , dedefirucHane philofophorurn.
ThophaiL , né à Séville , chercha âsortir des ruines de fa famille par sestalens. II étudia la médecine & la Philo-sophie ; il s’attacha à l’aristotélifme : ileut un tour poétique dans Pefprit. Aver-roës fait grand cas de P ouvrage où il in-troduit un homme abandonné dans un fort& nourri par une biche , s’élevant parles seules forces de la raison à la con-noissance des choses naturelles & surnatu-relles , à l’existence de Dieu , à l’immor-talité de l’ame, & à la béatitude intuitivede Dieu après la mort. Cette fable s’estconservée jusqu’à nos jours ; elle n’a pointété comprise dans la perte des livres qui asuivi l’expulsion des Maures hors de P Es-pagne- Leibnitz l’a connue & admirée.Thophail mourut dans fa patrie Pan 1071de Phégire.
Averroës fut disciple de Thophail. Cor-doue fut sa patrie. Il eut des parens con-nus par leurs talens, & respectés par leurspostes. On dit que son ayeul entendit parti-culièrement le droit mahométan , félonl’opinion de^Malichi.
Pour se faire une idée de ce que c'estque le droit mahométan , il faut savoiri°. que les disputes de religion chez lesMulfumans, ont pour objet ; ou les mots,ou les choses, & que les choses se divisenten articles de foi fondamentaux , & en ar-ticles de foi non fondamentaux ; 2 0 . queleurs lieux théologiques , sont la divineécriture ou Palcoran ; Passonnah ou latradition ; le consentement & la raison.S’éleve-t-il un doute fur le licite ou solli-cite , on ouvre d’abord Palcoran ; s’il nes’y trouve aucun passage formel fur laquestion , on a recours à la tradition ; latradition est-elle muette, on assembledessavans , & l’on compte les voix; lesfentimens font-ils partagés , on consultela raison. Le témoignage de la raison estle dernier auquel on s’en rapporte. II ya plus ; les uns rejettent absolument Pau--