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Tome trentième.
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„ l’ont acquise : je rends à la vertu ce„ qu’íls ont obtenu d’elle. La préférence-, dont mes amis se plaignent ne m’ôtera» pas ceux qui m’aiment vraiment ; elle» peut me ramener ceux qui me haissent ».La faveur de la cour ne le corrompitpoint : il se conserva libre tk honnêteau milieu des grandeurs. II fut d’un com-merce facile & doux. II souffrit moinsclans fa disgrâce de la perte de sa fortune,que des calomnies de l’injustice. II Rat-tacha à la philosophie d’Aristote , maisil ne négligea pas Platon. II défendit lacause de la raison contre Al-Gazel. IIétoit pieux ; & on n’entend pas trop com-ment il concilioit avec la religion fa doc-trine de l’éternité du monde. II a écritde la logique, de la physique , de la Mé-taphysique , de la morale , de la politique,de l’astronomie , de la théologie , de larhétorique & de la musique. II croyoit àla possibilité de l’union de Pâme avec laDivinité dans ce monde. Personne ne futauíli violemment attaqué de l’aristotélo-manie , fanatisme qu’on ne conçoit pasdans un homme qui. ne savoir pas un motde grec , & qui ne jugeoit de cet auteurque fur de mauvaises traductions. II pro-fessa la Médecine- A l’exemple de tousles philosophes de fa nation , il s’étoit faitun système particulier de religion. Il di-foit que le Christianisme ne convenoitqu’à des fous , le judaïsme qu’à des en-fans, & le mahométifme qu’à des.pour-ceaux. Il admettoit., avec Aristote , uneame universelle , dont la notre étoit uneparticule. A cette particule éternelle ,immortelle , divine ,.. il affocioit un espritsensitif, périssable & passagée. II accor-doit aux animaux une. puissance estima-trice qui les guidoit aveuglément à futile,que l’homme connoît par la. raison. 11 eutquelqu’idée du Jensormrn commun. 11 apu dire , fans s’entendre , mais lans secontredire ? que l’ame de l’homme étoitmortelle & qu’elleétoit immortelle. Aver-r-oës mourut Pan de l’hégíre 1103.

Le philosophe Noimoddin obtint desRomains quelques marques de distinction ,après la conquête de la Grece ; mais ilsentit bientôt i’embarras & le dégoût desaffaires publiques : il. se renferma seul dans

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une petite maison , où il attendit en phî-^losophe que son ame délogeât de son corpspour pastèr dans un autre , car il paroîtavoir eu quelque foi à la métempsycose.

IBrin Al-Chatil Raifi , Porateur de sonsiecle , fut théologien , philosophe , juris-consulte & médecin. Ceux qui prosostòientà Bagdad l’accuserent d’hérésie , & le con-duisirent dans une prison qui dura. II y 3long-temps qu’un hérétique est un hommequ’on veut perdre. Le prince , mieux ins-truit , lui rendit justice ; mais Rai si quiconnoistòir apparemment l’opiniâtreté de-là haine théologique , se réfugia au Caire,d’où la réputation d’Averroës l’appellaenEspagne. U partit précisément au momentoù l’on exerçoit contre Averroës la mêmepersécution qn’il avoit soufferte. La frayeurle saisit, & il s’en revint à Bagdad. II sui-vit Abiï - Habdilla dans ses dsgraces. IIprononça à Fez un poë'me si touchant furles malheurs d’Habdilla , que le souverain.& le peuple se déterminèrent à le secou-rir. On pastà en Espagne. On ramena les>villes à l’autorité de leur maître, Hasizennemi d’Habdilla fut enfermé dans laCastille, & celui-ci régna fur le reste dela. contrée. Habdilla , tranquille sor le:trône de Grenade, ne l’oublia pas ; maisRaisi préféra l’obfcurité du séjour de Fezà celui de la cour d’Espagne. l.e plus léger'mécontentement efface auprès des grands'la mémoire des plus grands-services. Hab-dilla , qui lui devoir fa- couronne , devint:son ennemi. La conduite de ce prince'envers- notre philosophe est un tissu de'faussetés > & de cruautés, auxqnelles onne conçoit pas qu’un roi , qu’un hommepuisse s’abaisser. II employa P artifice & se§>promesses pour l’attirar ; il médita de se-faire périr dans mre prison. Raisi lui échap-pa : il se fit redemander, mort ou vif aïssouverain de Fez ; celui-ci ls livra , à'condition qu’on ne difpoferoit point'de favie. On manqua à cette promesse. Oivaccusa Raisi de vol & d’hérésie : il socmis à la question ; la violence d'ès tour-mens en arracheront l’aveu de crimes qu’il-rPavoit.point commis. Après savoir brisé ,disloqué, on Pétouffa. On le poursuivit'au-delà du tombeau : il sot exhumé , &l’on exerça contre son cadavre toute«