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Tome trentième.
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Qualors on sen servit pour pallier leridicule de lisiamisme.

Que lapplication de la philosophie à larévélation engendra parmi les Mulfumansune espece de théofophisme le plus dé-testable de tous les systèmes.

Que les esprits aux yeux defquels lathéologie & la philosophie setoient dégra-dées par une aílòciation ridicule , inclinè-rent à lathéisine : tels furent les Zende-kéens & les Dararianéens.

Q'jon en vit éclore une foule de fana-tiques , de sectaires & dimposteurs.

Que bientôt on ne fut ni ce qui étoitvrai , ni ce qui étoit faux , & quon fejetta dans le Scepticisme.

Les Motasalites difoient: Dieu est juste& sage ; il nest point Fauteur du mal :lhomme fe rend lui-même bon ou mé-chant.

Les Al-lobariens difoient : lhommenest pas libre , Dieu produit en lui toutce quil fait : il est le seul être qui agisse.Nous ne sommes pas moins nécessitésque la pierre qui tombe & que leau quicoule.

Les AI-Naiarianens difoient que Dieuà la vérité faifoit le bien & le mal, Fhon-néte & le déshonnête ; mais que lhommelibre sapproprioit ce qui lui convenoit.

Les Ai-Afsharites rapportoient toutà lidée de lharmonie universelle..

Que lattachement fervil à la philoso-phie dAristote, étouffa tout ce quil yeut de bons esprits parmi les Sarrasins.

Quavec cela ils ne possédèrent en au-cun temps quelque traduction fidele de cephilosophe.

Et que la philosophie qui passa des écolesarabes dans celles des chrétiens, ne pouvoitque retarder le progrès de la connoissanceparmi ces derniers.

De la théologie naturelle des Sarra-sins. Ces peuples suivirent la philosophiedAristote ; ils perdirent des siécles à dis-puter des catégories du syllogisme , delanalytique, des topiques, de Fart so-phistique. Or nous navons que trop parlédes sentimens de ces anciens. Voyei les

SAR

articles Aristotélisme & Péripaté-ticien. Nous allons donc exposer lesprincipaux axiomes de la théologie natu-relle des Sarrasins.

Dieu a tout fait & réparé ; il est assiz ,fur un trône de force & de gloire ; rienne résiste à fa volonté.

Dieu , quant à son essence, est un ,il na point de collègue ; singulier , il napoint de pareil ; uniforme , il na point decontraire; séparé, il na point dintime ;ancien, il na rien dantérieur ; éternel ,il na point eu de commencement ; per-durable , il naura point de sin ; constant,il ne cesse point dètre , il sera dans tousles siécles des siécles orné de ses glorieuxattributs.

Dieu nest soumis à aucun décret quilui donne des limites, ou qui lui prescriveune fin ; il est le premier & le dernierterme ; il est au-dehors & en-dedans.

Dieu , élevé au-dessus de tout, nestpoint un corps ; il na pas de forme, &nest pas une substance circonscrite , unemesure déterminée ; les corps peuventse mesurer & se diviser. Dieu ne ressem-ble point aux corps. II semble , daprèsce principe, que les Musulmans ne sontni antropomorphites , 'ni matérialistes :mais il y a des sectes qui Rattachant pluslittéralement à lalcoran , donnent à Dieudes yeux, des piés, des mains, des mem-bres , une tête, un corps. Reste à savoirsil nen est pas delles , comme des juifs& de nous: celui qui voudroit juger denos sentimens fur Dieu par les expres-sions de nos livres , & par les nôtres, setromperoit grossièrement. II ny a aucunde nos théologiens qui sen tiennent assezouvertement â la lettre , pour rendreDieu corporel ; & sil reste encore parmiles fideles quelques personnes, qui , ac-coutumées à s'en faire une image , voientFéternel sous la forme dun vieillard vé-nérable avec une longue barbe , ellesont été mal instruites, elles nont pointentendu leur catéchisme ; elles imaginentDieu comme il est représenté dans lesmorceaux de peinture qui décorent nostemples, & qui peut-être sont le pre-mier germe de cette espece de cor-ruption.