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Tome trentième.
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§6 S "A II

veut pas, n’est: pas ; le clin de l’œll, l’esiòr |de ia pensée sont par sa volonté.

C’est lui par qui les choses ont com-mencé , qui les a ordonnées , qui les réor-donnera ; c’est lui qui fait ce qu’il luiplaît, dont la sentence est irrévocable ,dont rien ne retarde ou n’avance le décret,à la puissance duquel rien ne se soustrait,qui ne souffre point de rebelles, qui n’entrouve point , qui les empêche par famiséricorde, ou qui les permet par sa puis-sance ; c’est de son amour & de sa volontéque l’homme tient la faculté de lui obéir,de le servir. Que les hommesles démons& les anges fe rassemblent, qu’ils combi-nent toiítes leurs forces ; s’ils ont mis unatome en mouvement, ou arrêté vin atômexpû , c’est qu’ii l’aura voulu.

Entre les attributs qui constituent l’es-sçnce de Dieu , il faut sur-tout considérerla volonté ; il a vòuly de toute éternitéque ce qui est fut, il en a vu le momentík les existences n’ont ni précédé ce mo-ment , ni suivi ; elles fe font conformées àfa science > à son décret , sans dél?>, fausprécipitation , fans désordre.

11 voie, il entend : rien n’est loin de sonoreille , quelque foible qu’il soit ; rien y’estloin d$ ta vue, quelque petit qu’il soif.11 n’y a point de distance pour son ouïe ,ni de ténèbres pour ses yeux. .11 est fansorganes, cependant il a toutes tentations ;comme il copnok fans cœur, il exécutafans membres , il crée fans instrument ;'il n’y a rien d’analogue à lui dans lacréature.

XI parle , il ordonne , il défend , il pro-met , il menace d’une voix éternelle ,antique, partie de son essence. Mais sopidiome n’a rien de cpmmun avec les lan-gues humaines. Sa voix ne reífomblë pointà la nôtre : il n’y a ni ondulation d’air , nicollision de corps, ni mouvement de lè-vres , ni lettres, ni caractères ; c’est laloi, c’est l’alcoran , c’est l’Evangilç, c’estle pfo.autier , c’est son esprit qui est deí-çendu fur ses apôtres. qui ont été les in-terprètes entre lui & nous. '

Tout ce qui existe hors de Dieu est sonçnivre , émané de sa justice de la maniéréJU plus parfaite & la meilleure. .

' il est %e dans ses œuvres, juste dans

SAR

ses décrets , comment pourrcit-îl êtreaccusé d’injustice ? Ce ne pourroit êtreque par un autre être qui auroit quelquedroit de juger de l’administration des cho-ses , & cet être n’est pas.

D’où l'on voit que les Musulmans Réta-blissent aucune liaison entre le créateur &la créature ; que tout se rapporte à luiseul ; qu’il est juste , parce qu’il est touc-puissant ; que l’idéë de son équité n’a peut-être rien de commun avec la nôtre, &que nous ne savons précisément par quelsprincipes nous ferons jugés à Ion tribunalbons ou médians. Qti’est-c.e qu’un êtrepassager d’un moment, d’un point, devantun être éternel, immense , infini, tout-puisiànt > moins que la fourmi devantnous. Qu’on imagine ce que les hommesferoienc pour un de leurs semblables , sil’existence éternelle é.toit feulement assu-rée à cec être ? Croit-on qu’il eût-quelqueforupule d’nnmoler à fa félicité tout cequi pourroit s’y opposer ? Croit-on qu’ilbaianeàt de dire à celui qui deviendroitsa yictime : qu’etes-vous par rapport àmoi ] Dans un moment i! ne s’agiraplusde vous , vous ne souffrirez plus , vousne fore./, plus : moi , je fuis , & je foraitoujours. Quel rapport de votre bien-êtreau mien ! Je ne vous dois .qu’à proportionde votre durée .comparée à la mienne. 11s’agit d’une éternité pour moi, d’un ins-tant pour vous. Je me dois en raison dece que votis êtes, & de ce que je fuis :voilà Ja base de toute justice, bouff ezdonc , mourez , périssez , fans vous plain-dre,. Or quelle distance encore plus granded’un Dieu qui auroit accordé l’éternité àfa créature, à cette créature éternelle ,que de celte créature éternelle à nous ?Combien ne lui resteroit-il pas d’infirmi-tés qui rapprocheraient fa condition de lanôtre , tandis qu’il n’auroit qu’un seul at-tribut qui rendroit sa condition compa-rable à celle de Dieu. Un seul attributdivin , supposé dans un homme , suffitdonc pour anéantir entre cet homme &ses pareils toute notion de justice. Rienpar rapport à cet homme hypothétique,queíbmmes-nous donc par rapport à Dieu ? I]n’y a que le brachmane qui a craint d’é-çraí’er la fourmi qui puisse lui dire ; ô Dieu,

pardonne-