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Les actions imitatives de l’étre nécessai-re , ou propres à l’ame ou à l’essence del’homme , lui acquièrent vraiment cebonheur.
D’où il s’enfuit qu’il ne faut vaquer auxpremieres , qu’autant que le besoin ou laconservation de l’esprit animal l’exige. IIfaut se nourrir, il faut se vêtir ; mais il ya des limites à ces foins.
Préférez entre ces alimens ceux qui vousdistrairont le moins des actions imitativesde l’étre nécessaire. Mangez la pulpe desfruits , • & jettez-en les pépins dans un■endroit où ils puissent germer. Ne repre-nez des alimens qu’au moment où ladéfaillance des autres actions vous enavertira.
Vous n’imiterez bien les actions descorps célestes, qu’après les avoir étudiés& connus.
Les corps célestes font lumineux, trans-parens , purs , mus autour d’un centre ; ilsont de la chaleur ; ils obéissent à l’êtrenécessaire ; ils s’en occupent.
En vous conformant à leur bonté , vousne blesserez ni les plantes , ni les ani-maux ; vous ne détruirez rien fans nécessite ;vous entretiendrez tout dans son état d in-tégrité ; vous vous attacherez à écarter devous toute souillure extérieure. Vous tour-nerez fur vous-mème , d’un mouvementcirculaire & rapide ; vous poursuivrez cemouvement jusqu’à ce que le saint vertigevous saisisse : vous vous éleverez par lacontemplation au-dessus des choses de laterre. Vous vous séparerez de vos sens;vous fermerez vos yeux & vos oreilles auxobjets extérieurs ; vous enchaînerez votreimagination ; vous tenterez tout pour vousa ìener & vous unir à l’être nécessaire. Lemouvement lur vous même, en vous étour-uiliant > ^ous facilitera beaucoup cettepratique. Tournez donc fur vous-même .étourdissez-vous , procurez-vous le sainsvertige.
Le saint vertige suspendra toutes tesfonctions du corps & de l’esprit animal,vous réduira à votre essence , vous fera
toucher à l’être éternel, vous assimilera àlui.
Dans 1 assimilation à l’étre divin , il
Tome XXX.
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faut considérer ses attributs. II y en a depositifs ; il y en a de négatifs.
Les positifs constituent son essence ; le*privatifs fa perfection.
Vos actions seront imitatives de cellesde l’être nécessaire, si vous travaillez àacquérir les premiers, & à éloigner de voustoutes les qualités dont les seconds suppo-sent la privation.
Occupez-vous à séparer de vous toutesles qualités fur-ajoutées à la corporéité.Enfoncez-vous dans une caverne, demeutrez-y en repos, la têtepanchée , les yeuxfixés en terre ; perde;, s’il se peut, toutmouvement , tout sentiment ; ne pensezpoint, ne rc'fléchiíbz point, n’imaginezpoint ; jeûnez , corduifez par degrés toutevotre existence , jusqu’à î’état simple devotre essence ou Je votre ame ; alors un ,constant, pur, permanent, vous entendrezla voix de l’être nécessaire ; il s’intimera àvous ; vous le àisirez ; il vous parlera ,& vous jouirezd’un bonheur que celui quine l’a point éprouvé n’a jamais conçu , &.ne concevra jamais.
L'est alor? que vous connoîtrez quevotre essen.e diffère peu de l’essenc©divine ; que vous subsistez on qu’il y aquelque ck>se en vous qui subsiste pansoi-même, puisque tout est détruit , &que ce qielque chose reste & agit ; qu’iln’y a qu’me eíîènce , & que cette essenceest cornue la lumière de notre monde 9une & rommune à tous les êtres éclairés.
Celu qui a la connoissance de cetteesseme , a aussi cette essence. C’est enlui à particule de contact avec l’essencouni’erselle.
La multitude , le nombre , la divisibi-liíé, la collection , sont des attributs dsli corporéité.
Il n’y a rien de cela dans l’essencesimple.
La sphère suprême , au-delà de laquelleil n’y a point de corps , a une essencepropre. Cette essence est incorporelle. Cen’est point la même que celle de Dieu.Ce n’est point non plus quelque chose quien différé ; l’une est à l’autre comme lesoleil est à son image représentée dans uneglace.
Chaque sphère céleste a son essence