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immatérielle , qui n’est point ni la mêmeque l’essence divine , ni la même que l’eí-sence d'une autre sphere, & qui n’en estcependant pas différente.
II y a différens ordres d’effences.
Il y a des essences pures ; il y en a delibres ; il y en a d’enchaînées â des corps ;il y en a de fouillées ; il y en a d’heureu-fes ; il y en a de malheureuses.
Les essences divines & les âmes héroï-ques font libres. Si elles font unies ou liéesâ quelque chose , c’est à l’essence éter-nelle & divine , leur principe , leur caulè ,leur perfection , leui incorruptibilité, leuréternité, toute leurnerfeótion.
Elles n’ont point ce corps & n’en ontpas besoin.
Le monde sensible est comme l’ombredu .monde divin ; quoiqie celui-ci n’aitnulle dependance , nul beoin du premier,il íeroit absurde de fupposir l’un existant,
& l’autre non existant.
II y a corruption , viûísitude , géné-ration , changement dans le monde sen-sible ; msis rien n'e s’y résint en privationabsolue.
Plus on s’exercera à la vilon intuitivede l’essence premiere , plus oi l’acquerrafacilement. II en est du voyag, du mondesensible dans le monde divin,;omme detout autre.
Cette vision ne fera parfaite qu’aprèsla mort. L’ame ou l’essence de”hornmefera libre alors de tous les obst^les ducorps.
Toute cette science mystique eh con-tenue dans le livre du saint prophète ; jene fuis que l’interprete. Je n’invente au-cune vérité nouvelle. La raison étoit avantmoi ; la tradition étoit avant moi ; l'-l-coran étoit avant moi. Je rapproche ccstrois sources de lumière.
Pourquoi le saint prophète ne l’a-t-il |pas fait lui-même ? c’est un châtimentqu’il a tiré de l’opiniâtreté, de la désobéis-sance & de l’imbécillité de ceux qui l’écou-toient. II a laissé à leurs descendans le foinde s’élever par eux-mêmes à la connois-íànce de l’unité vraie.
L’imitateur du saint prophète , qui tra-vaillera comme lui à éclairer ses sembla-ilsrs, trouvera les mêmes hommes , les
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mêmes obstacles, les mêmes passons, lesmêmes jalousies , les mêmes inimitiés, &il exercera la même vengeance. 11 se taira ;il íê contentera de leur prescrire les prin-cipes de cette vie , afin qu’ils s’abstiennentde l’offenser.
Peu sont destinés à la félicité de la vie ;les seuls vrais croyans l’obtiendront.
Quand on voit un derviche tourner furlui-même jusqu’à tomber à terre , sansconnoiíìànce , fans sentiment ; ivre , abruti,étourdi , presque dans un état de mort ,qui croiroit qu’il a été conduit à cette pra-tique extravagante par un enchaînementincroyable de conséquences déliées , & devérités très-sublimes ?
Qui croiroit que celui qui est assis im-mobile au fond d’une caverne ; les cou-des appuyés fur ses genoux , la tête pan-chée fur ses mains , les yeux fixémentattachés au bout de son nez , où il attenddes journées entieres l’apparition béatifi-que de la flamme bleue , est un aussi grandphilolòphe que celui qui le regarde commeun fou, & qui se promene tout fier d’avoirdécouvert qu’on voit tout en Dieu ?
Mais après avoir exposé les principauxaxiomes de la philosophie naturelle desArabes & àes&arrajìns , nous allons passerà leur philosophie morale.
Après avoir remarqué que c’est vrai-semblablement par une suite de ces idéesque les musulmans révèrent les idiots :ils les regardent lans doute comme deshommes étourdis de naissance , qui fontnaturellement dans l’état de vertige , &dont la stupidité innée suspendant toutesles fonctions animales & vitales ; l’essencede leur être est fans habitude, fans exer-cice ; mais par une faveur particulière duciel , intimement unie à l’essence éter-nelle.
Mahomet ramena les idolâtres à la con-noissance de l’unité de Dieu , il assura les(ondemens de la science morale , la dis-tinction du juste & de l’injuste, l'immor-tal.té de l’ame , les récompenses & leschàtimens à venir ; il preíîèntit que lapasson des femmes étoit trop naturelle,trop générale & trop violente , pour ten-ter avec quelque succès i h réfréner s ilaima mieux y conformer fa légistayop y
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