2ao
EXPOSITION
Considérons d’abord la seule action du soleil sur Ta mer, etsupposons que cet astre se meut uniformément dans le plan del’équateur. Il est visible que si le soleil animoit de forces égales etparallèles, le centre de gravité de la terre et toutes les molécules dela mer 5 le système entier du sphéroïde terrestre et des eaux qui lerecouvrent, obéiroit à ees forces, d’un mouvement commun, etl’équilibre des eaux ne seroit point troublé ; cet équilibre n’est doncaltéré que par la différence de ees forces, et par l’inégalité de leursdirections. Une molécule de la mer, placée au-dessous du soleil,en est plus attirée que le centre de la terre ; elle tend ainsi à seséparer de sa surface ; mais elle y est retenue par sa pesanteur quecette tendance diminue. Un demi-jour après, cette molécule setrou >e en opposition avec le soleil qui l’attire alors plus faiblementque le centre de la terre; la surface du globe terrestre tend donc às’en séparer ; mais la pesanteur de la molécule l’y retient attachée;cette force est donc encore diminuée par l’attraction solaire, et ilest facile de s’assurer que la distance du soleil à la terre, étant fortgrande relativement au rayon du globe terrestre, la diminution dela pesanteur dans ces deux cas, est à très-peu près la même. Unesimple décomposition de l’action du soleil sur les molécules de lamer, suffit pour voir que dans toute autre position de cet astrepar rapport à ces molécules, son action pour troubler leur équi-libre , redevient la même après un demi-jour.
Maintenant, on peut établir comme un principe général de méca-nique, que l’état d’un système de corps, dans lequel les conditionsprimitives du mouvement ont disparu par les résistances qu’iléprouve, est périodique comme les forces qui l’animent; l’étatde l’océan doit donc redevenir le même, à chaque intervalle d’undemi-jour, en sorte qu’il y a un flux et un reflux dans cet inter-valle.
La loi suivant laquelle la mer s’élève et s’abaisse, peut se déter-miner ainsi. Concevons un cercle vertical dont la circonférencerepi'ésenle un demi-jour, et dont le diamètre soit égal à la maréetotale, c’est-à-dire, à la différence des hauteurs de la pleine et de labasse mer; supposons que les arcs de cette circonlérence, à partirdu point le plus bas, expriment les temps écoulés depuis la basse