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Tome trentième.
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ner caution ; cet usage changea dans lafuite , & cependant on ne laiífa pas de seservir toujours du méme terme de satis-àatio pour désigner la simple garantie duvendeur. (D. J.)

SATISFACTION, Contente-ment , ( Gramrn .) l’un de ces deux motsn’a point de pluriel , c’est celui de satis-faction; & l’autre appliqué au monde dési-gne les plaisirs qui passent comme uneombre. L’auteur de la justesse de la lan-gue , & M. l’abbé Girard , trouvent quel-que différence entre ces deux mots; seloneux la satisfaction est plus dans les passions,& le contentement dans le cœur: un hommeinquiet, disent-ils , n’est jamais content ;un homme ambitieux n’est jamais satisfait.(D. J.)

Satisfaction , ( Theol .) satisfactiofaction de satisfaire , c’est - à - dire , deréparer une injure ou de payer unedette.

Le terme de satisfaction dans fa signi-fication naturelle , emporte avec foi l’uneou l’autre de ces idées. Un homme a con-tracté une dette, il là paie ; on dit qu’il asatisfait à son créancier. Une personne enoffense une autre , ou feutrage , soit deparoles, soit d’action ; elle répare ensuitecet outrage , soit par des excuses qu’ellefait à la personne lésée , soit par d’autresvoies ; on dit également qu’elle a satisfaità celui qu’elle a outragé.

On distingue deux sortes de satisfaction;l’une rigoureuse & proprement dite, l’au-tre non rigoureuse & improprement dite.On définit la premiere une réparation pro-portionnée à l’injure qu’on a faite , ou lepaiement d’une somme égale à celle qu’ona empruntée : par satisfaction non rigou-reuse & improprement dite , on entendune réparation dispropertionnée à la gran-deur de l’injure qu’on a faite , mais dor.tnéanmoins se contente par pure bonté &par pure miséricorde , celui qui a été lésé ,ou le paiement d’une somme non égale àcelle qui a été empruntée, & dont le créan-cier se contente pour éteindre la dette deson débiteur.

La question de la satisfaction de Jesus-Christ pour le salut du genre humain , estv.ne matière des plus controversées entre

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les Catholiques & les Sociniens. Ces der-niers conviennent que Jesus-Chrisl a satis-fait à Dieu pour nous ; mais ils entendeurqu’il n’a satisfait qu’improprement & mé-taphoriquement , en remplissant toutesles conditions qu’il s’étoit lui-même im-posées pour opérer notre salut, & obte-nant de Dieu pour nous une rélaxationgratuite des dettes que nous avions con-tractées envers lui par le péché ; soit parcsqu’il s’est imposé à lui-même des peinespour nous montrer ce que nous devonssouffrir pour obtenir le pardon de nos cri-mes ; soit parce qu’il nous a indiqué parson exemple , par ses conseils, & par sesprédications , le chemin qu’il faut tenirpour arriver au ciel ; soit enfin parce qu’ilnous a fait entendre par son sacrifice tqu’il falloit accepter la mort avec une rési-gnation parfaite à la volonté de Dieu , enpunition dc nos péchés.

Les Sociniens avouent encore que Jefus-Christ est le sauveur du monde ; mais seu-lement par ses discours, ses conseils & sesexemples, & non par le mérite & f effi-cace de fa mort ; & s’ils sont forcés dédire que Jesus-Christ est mort pour nous,,ils entendent que c’est pour notre avar>tage & notre utilité , & nullement qu’ilait souffert la mort à la place des hom-mes coupables.

Pour détruire ces interprétations ou faus-ses ou insuffisantes, les Catholiques disentque Jesus-Christ a satisfait à Dieu propre-ment & rigoureusement en payant à sonpere un prix non-seulement équivalent ,mais encore surabondant pour les péchésdes hommes , le prix infini de son sang ;a°. qu’il est leur sauveur non-seulementpar ses discours , ses conseils & ses exem-ples , mais par le mérite & l’efficace de.là mort r 3^. qu’il est mort non pas sim-plement pour notre avantage , mais mlieu de nous, à notre place , & par wnevéritable substitution à la place d’hommescoupables.

Le péché étant tout à la fois une dettepar laquelle nous sommes obligés enversla justice divine , une inimitié entre DieuSc l’homme, un crime qui nous rend cou-pables & dignes de la mort éternelle , il! a’ensiût qu’à tous ces égards Dieu est par