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Tome trentième.
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rapport à nous comme un créancier à qui ,nous devons, comme partie offensée qu'ilfaut appaiser, comme juge qui doit nouspunir. La satisfaction rigoureuse exigedonc pareillement tiois choies, i°. le paie-ment de la dette , 2°. 3 e moyen d’appai-ser la justice divine , f. l’expiation ducrime ; d’où il est aisé de conclure qu’étantpar nous-mêmes incapables de remplir cesconditions nous avions besoin auprès deDieu d’un garant ou d’une caution qui sechargeât de notre dette , & qui f acquic-tât pour nous : 2°. d’un médiateur quinous renonciliât avec Dieu : 3 S . d’un prê-tre & d’une victime qui se substituât ànotre place , & qui expiât nos péchés parles peines auxquelles elle s’est soumise. Orc’est ce qu’a pleinement accompli Jesus-Christ , comme le démontrent les théo-logiens catholiques, aux ouvrages deí’quelsnous renvoyons le lecteur.

Car fans entrer ici dans un détail quinous meneroit trop loin , & qui d’ailleursn’eíl pas du ressort de cet ouvrage ; qu’ilnous suffise de remarquer pour faire sentirl’insuffisance des interprétations focinien-nes que nous avons rapportées plus haut :i Q . que fi Jésus-Christ n’étoit mort quepour confirmer fa doctrine , il n’auroit rienfait de plus que bien d’autres martyrs &saints personnages , dont on n’a jamais ditqu’ils soient morts ou qu’ils aient été cru-cifiés pour nous, ni qu’ils aient satisfaitpour nos péchés : z°. que s’il n’est mort jque pour notre utilité ', on ne doit pas plusattribuer notre rédemption à fa mort, qu’àfes miracles & à ses actions , qui avoientpour but futilité des chrétiens. Or onn’a jamais dit que les miracles & lav ' 5 . ?e Jésus - Christ , fussent la causeefficiente & prochaine de notre rédemp-tion : 3 . que dans les écritures l’expia-tion de nos péchés & notre réconciliationavec Dieu , font constamment attribuésà la mort de Jefus-Christ , comme causeefficiente, & jamais comme cause exem-plaire de la mort que nous-mêmes devionssouffrir en punition de ces péchés. II estclairement marqué dans les livres saintsque la mort est la peine & le salaire dupéché, flipmdium peccati mors ; mais iln’y est nulle part énoncé qu’elle en doive

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opérer la rémiffion , ni notre réconciliationavec Dieu.

II y a fur cette matière une difficultéassez considérable. C’est de savoir si lasatisfaction de Jésus-Christ considéréepar rapport à lui-même , a été faite à untiers , ou comme parlent les Théologiens,si elle a été ad alterum ; c’est-à-dire siJel'us-Chriít s’est satisfait à lui-même.Quelques auteurs prétendent qu’il n’a fa-i tissait qu’au Pere éternel & au Saint-Es-prit, & que quant à ce qui le concernoit,il a remis gratuitement aux hommes cequ’ils lui dévoient. Mais comme l’Ecri-ture dit \ que Jésus-Christ a satisfait àDieu , & par conséquent à toute la très-lainte Trinité, & que d’ailleurs elle nedit rien de ce pardon accordé par Jefus-Chrili seul, la plupart des Théologienssoutiennent que Jefus-Christ s’est satisfaità lui-même de maniéré que fa satisfac-tion a vraiment été ad alterum. II suffit ,disent - ils, pour cela de concevoir enJefus-Christ différons rapports de la per-sonne ; selon les uns de ces rapports il asatisfait à lui-même considéré fous d’au-tres rapports , à-peu-près comme si lepremier magistrat d’une république tiroitdu trésor public une somme d’argent , &la distribuoit à tous les particuliers enprenant lui-même une portion , à condi-tion de la rendre dans un certain temps 3lorsqu’il la rendroit en effet, il satisíe-roit comme praticulier à lui-même, con-sidéré comme chef de la république. Oril y a en Jefus-Christ deux volontés ,deux fortes d’opérations ; ainsi l’on peutdire que selon les unes, il s’est satisfaità lui-même considéré fous d’autres rap-ports , non que ce soit en lui Dieu qui asatisfait à l’homme , mais l’homme-Dicuqui a satisfait à Dieu. Voyc\ Wuistasse,trait, de /’ incarnat, part. II. qucejl. x.article 1. Jèct. 1. & article 1 1. secs. m.

Satisfaction , ( Theolog. ) consi-dérée comme partie du sacrement de pé-nitence , est une réparation qu’on doit àDieu ou au prochain pour fin j ure qu’ouleur a faite.

Les Théologiens la définissent un châti -ment ou une punition volontaire qu 011exerce contre lòi-méme pour compenser