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Tome trentième.
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I

ros S A T

i’ínjure qu’on a faite à Dieu , ou réparerle tort qu’on a causé au prochain , & ra-cheter la peine temporelle qui reste àexpier, soit en cette vie , soit en l'autre,bien que la coulpe & la peine éternelleaient été réunies par l’absolution.

Le pénitent réimpose à lui-même lasatisfaction , ou elle lui est imposée parle confesseur, & elle précede ou elle luitl’absolution. Mais il n est pas essentielpour la validité du sacrement, qu’elle laprécede ; il suffit que le pénitent ait unevolonté sincere d’accomplir la satisfactionqui lui est jointe par le confesseur ; telleest au moins la discipline présente del’Eglise, & elle est fondée sur la pratiquede l’antiquité, qui n’attendoit pas tou-jours que les pénitens eussent entièrementsubi toutes les peines canoniques qu’elleleur imposoit, avant que de leur donnerl’absolution sacramentelle. Elle en usoitainsi lorsque les pénitens étoient en dan-ger de mort, ou lorfqu’on craignoit quele délai d’absolution ne les jettât dans leschisme ou dans l’hérésie ; loríque lapersécution approthoit , ou qu’on espé-rois que l’indulgence de i’Eglife ramenc-roit dans son sein ceux qui s’en étoientécartés ; lorsque les martyrs donnoientaux pénitens des lettres de recomman-dation pour demander qu’on les admîtà la réconciliation L à la communion ; ouenfin lorsque les pénitens témoignoientune douleur extrêmement vive de leurspéchés. Tous ces cas montrent que la con-duite présente de l’Eglise est fondée , Scqu’on ne peut excuser ni de témérité ,ni d’erreur , ceux qui pensent que sanssatisfaction accomplie , l’absolution estnulle. Cette d :strine a été condamnéepar Sixte IV. dans Pierre d’Osma , par lafaculté de Paris dans fa censure contreun ouvrage de Théophile Brachet de laMilletiere en 1644 , & récemmentdans le P. Quesnel par le pape Clé-ment XI.

II èít pourtant vrai de dire que quandla pénitence publique étoit en usage ,excepté quelques cas particuliers, on nedonnoit ordinairement l’absolution auxpénitens, qu’après qu’ils avoient accompliìeur pénitence.

S A T

Les Luthériens & les Calvinistes pré<-tendent que les satisfactions imposée?aux pécheurs ne íont utiles que pour lebon exemple, la correction & l’amende-ment des autres fidèles ; mais qu’elles neservent de rien pour fléchir Dieu , nipour obtenir la relaxation de la peinetemporelle , prétendant que leur attri-buer cette vertu, c’eíl déroger à l’efficace& à insatisfaction de Jesus-Christ. II estvisible qu’i ce dernier égard , ils ont im-puté aux catholiques une'erreurdont ceux-ci font bien éloignés ; car ils reconnoissentque toutes nos satisfactions tirent leurmérite & leur vertu de Jesus-Christ ,en qui léul nous pouvons mériter àt facis-faire.

Les œuvres satisfactoires, font la prière,le jeûne , l’aumóne , la mortification dessens , St les autres actions pieuses quenous accomplissons par les mérites drJesus-Christ, St en vue de fléchir la jus-tice divine.

SATISFAIRE , v. act. ( Gramm. )contenter quelqu’un , en lui accordantce qui lui est légitimement dû. On dit sa-tisfaire ses créanciers ; satisfaire à la loi ;satisfaire un homme offensé ; satisfaire àune espérance , à une attente, à une ob-jection , à son devoir. Satisfaire ses pas-sions ; satisfaire ses sens. Cette conduite ,ce moyen , cette chose me satisfera. Sa-tisfaire aux ordres que vous avez reçus,à la parole que vous avez donnée ; satis-faire son désir ; il a satisfait fa colere.II faut que je me satisfisse une fois là-dessus.

SATMALES, les , ( Ge'og. anc. )Satmali , peuples des pays septentrio-naux : Pomponius Mêla, liv. III. c. vij.rapporte qu’ils avoient les oreilles si gran-des , qu’ils pouvoient s’en entourer lecorps. Je m’étonne , dit plaisammentIsaac Voíîìus, qu’on ne se soit pas aviséde leur en faire des ailes pour voler.Comme le merveilleux se répand aisé-ment , on a traníplanté cette race auxgrandes oreilles, de l’Inde dans le sep-tentrion ; car ceux qui en ont parlé lespremiers , les plaçoient dans l’Inde , Scpeut-être cette fable a-t-elle quelqueespece de fondement ; du moins lej Mar